"Je vise le top 5", annonce Evenepoel, que son compatriote Victor Campenaerts, autre prétendant crédible, désigne comme l'homme à battre.

Champion du monde juniors l'an passé, le Belge a défié les lois (et le fossé) des catégories d'âge. Il est devenu le mois dernier champion d'Europe en élite.

"Ce sera la première fois que je dispute un chrono aussi long (54 km). Je vais devoir y aller à fond pendant une heure. Je suis curieux de voir comment mon corps va réagir", tempère l'incroyable Belge qui, pour enlever le titre européen, avait battu le Danois Kasper Asgreen de 19 secondes sur 22,4 kilomètres.

Dans le Yorkshire, Evenepoel a reconnu le parcours menant de Northallerton à Harrogate par temps sec et sous la pluie. "Je me suis préparé à toutes les circonstances", dit-il. Au vu des conditions météo qui ont altéré le circuit du "chrono" espoirs, comportant parfois de véritables mares, la précaution pourrait être utile même si les prévisionnistes annoncent cette fois un temps sec.

En l'absence du Gallois Geraint Thomas, le vainqueur du Tour 2018 hors de forme à cette période de la saison, et surtout du Néerlandais Tom Dumoulin, vainqueur en 2017 (et 2e l'an passé), les regards se portent aussi vers Dennis et Roglic.

La reprise de Dennis

Comment auront-ils récupéré ? Dennis n'a plus couru depuis son abandon, en juillet, du Tour de France, par la petite porte, à la veille du contre-la-montre de Pau.

"Ce n'était pas préparé", a-t-il déclaré récemment dans la presse australienne sans explication précise. "Je ne m'attendais pas à ce que cela prenne une telle ampleur car ce n'est qu'une course de vélo. Mais avec le recul, cela était la meilleure chose à faire. Si quelqu'un ne se sent pas bien dans sa tête au sein d'un groupe, s'il n'est pas heureux, c'est peut-être la meilleure chose à faire pour l'équipe".

Roglic, lui, en est resté à son succès de la Vuelta, le plus important de sa carrière. Au Tour d'Espagne, le Slovène avait nettement dominé le contre-la-montre couru sur 36,2 kilomètres, avant de s'imposer au classement final. Dix jours après son sacre de Madrid, il s'essaye aux Mondiaux dans lesquels son meilleur résultat est une deuxième place, en 2017, à Bergen (Norvège).