"En une seule année, cela s'est vraiment accéléré", constate Arnaud Démare qui refuse toutefois d'employer le mot de dopage. "C'est normal, tout le monde travaille, tout le monde progresse, le matériel aussi", ajoute le coureur le plus souvent victorieux du peloton français (84 succès) qui a été surpris de l'écho fait à ses interrogations.

"Je me pose des questions sur le peloton", disait-il fin octobre dans un entretien au Parisien. "Tout le monde n'a pas les mêmes restrictions sur certains produits comme les cétones. Je fais partie d'une équipe (Groupama-FDJ) qui a pris, comme d'autres, des engagements. Mais tout le peloton n'est pas comme nous".

Les cétones, un carburant supplémentaire pour les muscles qui s'ingère sous forme de gel ou de boisson, font l'objet d'une non-recommandation par l'Union cycliste internationale (UCI) mais leur prise n'est pas interdite par le règlement.

- "Trop de temps" pour Bardet -

Le directeur médical de l'UCI, qui a évoqué un possible effet placebo, a dressé à leur sujet un parallèle avec la créatine, autre substance qui fut sujet à discussion voici une vingtaine d'années. En fait, pendant que la créatine suscitait à l'époque la polémique, les tricheurs utilisaient des produits dopants avérés, indétectés comme peuvent l'être aujourd'hui encore les micro-doses d'EPO.

Le camp des sceptiques a été renforcé par l'avis de Romain Bardet, en recul lui aussi dans la hiérarchie pour ce qui concerne les grands tours (7e du Giro). Le Français a insisté sur les corticoïdes, qui seront totalement interdits en compétition en 2022, et sur les cétones. "Il faut toujours trop de temps avant de se rendre compte qu'il fallait être strict sur certains points", a estimé Bardet le mois dernier auprès du site spécialisé cyclingnews. Le milieu du cyclisme venait alors d'apprendre que trois coureurs contrôlés par des enquêteurs français pendant le Tour auraient eu recours à un médicament puissant (tizanidine), un relaxant musculaire qui n'est pas interdit par le règlement de l'Agence mondiale antidopage.

"Les lois sont trop permissives", a insisté Bardet à propos des produits sur lequel le peloton se divise. Les équipes appartenant au Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) se refusent à les utiliser, les autres non. "C'est aux autorités antidopage de décider si c'est interdit ou non et c'est le problème, car il y a cette zone grise".

- "On doit vivre avec ces questions" -

Si Bardet s'est interrogé aussi sur le nombre de contrôles hors compétition qu'il juge insuffisant, d'autres coureurs, a appris l'AFP, ont alerté l'UCI en fin de saison. Ils ont fait état de leur perplexité sur ce qui a été appelé en d'autres temps le cyclisme à deux vitesses.

Aussi lucide que pondéré, Guillaume Martin, coureur à la réputation immaculée, a préféré prendre du recul dans un entretien à Ouest-France: "Quand on est dépassé, quand on a des résultats moins bons, on cherche toujours des explications, c'est humain. L'une des explications faciles, c'est de dire que les autres trichent d'une manière ou d'une autre." Et de rappeler: "Le cyclisme de haut niveau se joue tellement à des détails qu'on peut ne pas savoir pourquoi. (...) Je ne passe pas mon temps à me comparer et à être dans le ressentiment sur ce que les autres peuvent faire."

Face à ces controverses, nourries par des performances aussi stupéfiantes que celles de l'Ukrainien Mark Padun (Bahrain) au Critérium du Dauphiné, le double vainqueur du Tour, le Slovène Tadej Pogacar, a botté en touche. "Le cyclisme a un passé sombre", a-t-il répété dernièrement. "On doit vivre avec ces questions et ces suspicions. Même si, je l'avoue, c'est étrange pour moi car je suis né en 1998. Je n'ai aucun souvenir de cette période noire du cyclisme".

Sur lui-même, sur les raisons de sa domination au Tour de France, Pogacar a choisi de plaisanter: "Je suppose que je dois remercier mes parents pour les bons gènes."

"En une seule année, cela s'est vraiment accéléré", constate Arnaud Démare qui refuse toutefois d'employer le mot de dopage. "C'est normal, tout le monde travaille, tout le monde progresse, le matériel aussi", ajoute le coureur le plus souvent victorieux du peloton français (84 succès) qui a été surpris de l'écho fait à ses interrogations. "Je me pose des questions sur le peloton", disait-il fin octobre dans un entretien au Parisien. "Tout le monde n'a pas les mêmes restrictions sur certains produits comme les cétones. Je fais partie d'une équipe (Groupama-FDJ) qui a pris, comme d'autres, des engagements. Mais tout le peloton n'est pas comme nous". Les cétones, un carburant supplémentaire pour les muscles qui s'ingère sous forme de gel ou de boisson, font l'objet d'une non-recommandation par l'Union cycliste internationale (UCI) mais leur prise n'est pas interdite par le règlement. - "Trop de temps" pour Bardet -Le directeur médical de l'UCI, qui a évoqué un possible effet placebo, a dressé à leur sujet un parallèle avec la créatine, autre substance qui fut sujet à discussion voici une vingtaine d'années. En fait, pendant que la créatine suscitait à l'époque la polémique, les tricheurs utilisaient des produits dopants avérés, indétectés comme peuvent l'être aujourd'hui encore les micro-doses d'EPO. Le camp des sceptiques a été renforcé par l'avis de Romain Bardet, en recul lui aussi dans la hiérarchie pour ce qui concerne les grands tours (7e du Giro). Le Français a insisté sur les corticoïdes, qui seront totalement interdits en compétition en 2022, et sur les cétones. "Il faut toujours trop de temps avant de se rendre compte qu'il fallait être strict sur certains points", a estimé Bardet le mois dernier auprès du site spécialisé cyclingnews. Le milieu du cyclisme venait alors d'apprendre que trois coureurs contrôlés par des enquêteurs français pendant le Tour auraient eu recours à un médicament puissant (tizanidine), un relaxant musculaire qui n'est pas interdit par le règlement de l'Agence mondiale antidopage. "Les lois sont trop permissives", a insisté Bardet à propos des produits sur lequel le peloton se divise. Les équipes appartenant au Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) se refusent à les utiliser, les autres non. "C'est aux autorités antidopage de décider si c'est interdit ou non et c'est le problème, car il y a cette zone grise". - "On doit vivre avec ces questions" -Si Bardet s'est interrogé aussi sur le nombre de contrôles hors compétition qu'il juge insuffisant, d'autres coureurs, a appris l'AFP, ont alerté l'UCI en fin de saison. Ils ont fait état de leur perplexité sur ce qui a été appelé en d'autres temps le cyclisme à deux vitesses. Aussi lucide que pondéré, Guillaume Martin, coureur à la réputation immaculée, a préféré prendre du recul dans un entretien à Ouest-France: "Quand on est dépassé, quand on a des résultats moins bons, on cherche toujours des explications, c'est humain. L'une des explications faciles, c'est de dire que les autres trichent d'une manière ou d'une autre." Et de rappeler: "Le cyclisme de haut niveau se joue tellement à des détails qu'on peut ne pas savoir pourquoi. (...) Je ne passe pas mon temps à me comparer et à être dans le ressentiment sur ce que les autres peuvent faire." Face à ces controverses, nourries par des performances aussi stupéfiantes que celles de l'Ukrainien Mark Padun (Bahrain) au Critérium du Dauphiné, le double vainqueur du Tour, le Slovène Tadej Pogacar, a botté en touche. "Le cyclisme a un passé sombre", a-t-il répété dernièrement. "On doit vivre avec ces questions et ces suspicions. Même si, je l'avoue, c'est étrange pour moi car je suis né en 1998. Je n'ai aucun souvenir de cette période noire du cyclisme". Sur lui-même, sur les raisons de sa domination au Tour de France, Pogacar a choisi de plaisanter: "Je suppose que je dois remercier mes parents pour les bons gènes."