"Je suis comme un bébé qui apprend à se redresser"

05/10/18 à 14:00 - Mise à jour à 15:36

Il y a trois mois, Kristina Vogel, double championne olympique et championne du monde à onze reprises, a été victime d'une grave chute. L'Allemande, une des meilleures pistières de tous les temps, est partiellement paralysée depuis lors. Elle supporte son sort avec beaucoup de courage.

"Je suis comme un bébé qui apprend à se redresser"

Kristina Vogel: "La vie continue sur quatre roues au lieu de deux." © belgaimage

Kristina Vogel à propos...

...de l'accident : "C'était un jour comme les autres. Le soleil brillait, on voulait s'entraîner puis aller boire un cocktail car mon coéquipier Max Levy fêtait son anniversaire. Je m'entraînais au sprint avec Pauline Grabosch. On pédalait dans une position très aérodynamique. Un moment donné, j'ai pris la tête puis tout est devenu noir. Je ne me rappelle plus rien jusqu'à mon réveil, allongée sur la piste. J'étais couchée au milieu de la piste, la tête légèrement en bas. J'ai pensé qu'il fallait respirer puis j'ai vu plusieurs personnes se précipiter vers mois. J'ai réalisé qu'il s'était passé quelque chose de grave. J'ai ensuite ressenti une terrible pression, comme si tout mon corps était en train de gonfler. Mes vêtements me semblaient soudain trop petits, surtout mes chaussures. J'ai demandé qu'on me les enlève mais ça a pris beaucoup de temps car j'utilisais des lacets spéciaux. Puis j'ai vu quelqu'un s'en aller avec mes chaussures alors que je n'avais pas réalisé qu'on les avait enfin ôtées. J'ai alors compris : je suis paralysée, je ne pourrai plus jamais marcher."

...de sa paralysie : "Ma moelle épinière est coupée à hauteur de la septième vertèbre thoracique. Je sens ma peau mais il n'y a plus de liaison avec le dos. C'est très difficile à décrire."

...de ses projets : "Toute ma vie, j'ai suivi un plan quinquennal. Je me retrouve sans plan pour la première fois. Ce n'est pas plus mal. Je dois d'abord prendre la mesure de ma paralysie. Je ne sais pas ce que je ferai plus tard. Mon employeur, la police, me soutient et a plusieurs options. Je peux m'estimer heureuse d'être fonctionnaire."

...des disciplines paralympiques : "Je ne me pose pas encore la question. Parce que je ne sais pas encore ce que je peux faire. Je suis un peu comme un bébé qui doit apprendre à se redresser. Je prends mon temps. Pour la première fois de ma vie, je n'ai aucune obligation. Je veux en profiter. En fait, pour la première fois, je suis libre."

Par Antje Windmann

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