La nouvelle campagne du Pistolero est basée sur un objectif : le Tour. L'an dernier, comme en 2014, Contador a dû abandonner suite à une chute mais il reste convaincu qu'il a les capacités physiques nécessaires pour remporter la Grande Boucle. Même avec Chris Froome et Nairo Quintana pour adversaires. Si c'est le cas, l'Espagnol deviendra, à 34 ans, 7 mois et 17 jours, le deuxième vainqueur le plus âgé du Tour, derrière Firmin Lambot en 1922 (36 ans, 4 mois et 9 jours).
...

La nouvelle campagne du Pistolero est basée sur un objectif : le Tour. L'an dernier, comme en 2014, Contador a dû abandonner suite à une chute mais il reste convaincu qu'il a les capacités physiques nécessaires pour remporter la Grande Boucle. Même avec Chris Froome et Nairo Quintana pour adversaires. Si c'est le cas, l'Espagnol deviendra, à 34 ans, 7 mois et 17 jours, le deuxième vainqueur le plus âgé du Tour, derrière Firmin Lambot en 1922 (36 ans, 4 mois et 9 jours)."On dit que, plus on vieillit, plus il est difficile de gagner le Tour mais cela me motive encore plus : j'ai envie de prouver le contraire", annonce-t-il. "Je n'accorde aucune importance aux statistiques. Ce qui compte, pour moi, ce sont les tests physiques. Et ceux-ci démontrent que je suis loin d'être usé. Je veux d'ailleurs me montrer au cours de la première partie de la saison également : à Paris-Nice ou aux Tours de Catalogne et du Pays Basque."Contador va tenter de réaliser cela dans un nouvel environnement : chez Trek-Segafredo, où il a signé jusqu'à fin 2018. Un retour aux vélos Trek avec lesquels il a conquis ses plus grands succès chez Discovery Channel et chez Astana. Et loin du joug d'Oleg Tinkov, son ancien boss, qui s'en était violemment pris à lui début octobre, le traitant de "canard boiteux et de plante triste qui ne boit jamais de champagne". Tinkov a ajouté que votre vie devait être bien triste et que vous ne gagneriez plus jamais un grand tour. Qu'avez-vous pensé lorsque vous avez lu ça ?Alberto Contador : Mes parents mon inculqué certaines valeurs, dont le respect. Tout le monde ne peut manifestement pas en dire autant. Ce genre de déclaration me ferait mal si elles émanaient de quelqu'un que j'apprécie mais dans ce cas, ça ne m'atteint pas. Je bois du champagne avec mes amis, pas avec Tinkov. Ce type a beaucoup d'argent, il a acheté une équipe mais il n'est pas parvenu à la faire fonctionner. Le plus gros problème a surgi en 2014 lorsque Bjarne Riis a été limogé quatre jours après la prolongation de mon contrat. J'ai compris que tout allait changer et ce fut le cas. Il n'y avait plus de patron. On a beau avoir beaucoup d'argent, il faut aussi posséder certaines qualités que Riis avait et Tinkov pas. Vous sentez-vous plus apprécié chez Trek ? On dit qu'on vous a engagé parce que Vincenzo Nibali ne voulait pas venir. C'est ennuyeux ?Contador : Non car je sais ce qu'il s'est passé. Ils ne savaient pas si j'allais poursuivre ma carrière et s'étaient donc repliés sur Nibali mais celui-ci avait un autre projet. Lorsque j'ai annoncé que je continuais, ils m'ont appelé dès le lendemain. Et ils n'étaient pas les seuls intéressés : quatre équipes du WorldTour me voulaient. Depuis que vous avez quitté Tinkoff, vous vous êtes plaint de la qualité des vélos Specialized. Qu'est-ce qui ne fonctionnait pas ?Contador : S'il y a bien quelque chose qui me caractérise, c'est la volonté d'atteindre mes objectifs. Pour ça, il faut que le matériel soit au point et ce n'était pas toujours le cas. Surtout pour ce qui était du poids des vélos. Vos rivaux avaient donc un meilleur vélo que vous et ça vous désavantageait ?Contador : Je ne veux plus trop en parler mais quand on voit que les autres disposent d'un meilleur vélo, c'est énervant. C'est pourquoi j'ai commencé à utiliser ce fameux vélo noir (avec lequel il a chuté l'an dernier au Tour de France, ndlr) : c'était le seul qui approchait le poids que je voulais. C'est à cause de ça que vous êtes tombé aussi souvent ?Contador : Non, certainement pas. Ce sont des choses qui arrivent en course. Oui mais, quand ça arrive aussi souvent, c'est que quelque chose cloche. Un manque de concentration, peut-être ?Contador : S'il y a une raison, ce n'est sûrement pas celle-là car je suis toujours concentré à 100 %. Je ne crois pas tellement en la malchance. Lorsque je suis tombé au Tour 2014... ... Vous rouliez à 70 km/h, sans les mains !Contador : Oui mais ce n'est pas une question de concentration. Je voulais manger, j'ai empoigné la barre et j'ai roulé dans un nid de poule. Cette année, il y a de nouveau une arrivée à la Planche des Belles Filles et vous pouvez être certain que je ne mangerai plus à cet endroit.Vous semblez très heureux au sein de votre nouvelle équipe. On pourrait presque dire libéré. Contador : Parce que je vois que l'équipe est aussi motivée que moi et que tout le monde tire à la même corde. Ça ne vous est pas arrivé souvent au cours de votre carrière.Contador : Je n'aime pas me plaindre, je préfère retenir le positif. Le reste ne m'intéresse pas. Ce qui compte, c'est le présent et l'avenir. Qu'avez-vous retenu de positif dans toutes vos équipes, à commencer par ONCE ?Contador : En 2003, ONCE m'a donné la chance d'être pro. Nous avons poursuivi avec le bloc de Liberty Seguros, où j'avais été formé. En 2007, je suis passé chez Discovery, ce qui constituait une progression. J'y ai travaillé avec des experts qui savaient ce que c'était de gagner le Tour. Sans eux, je n'y serais pas arrivé dès 2007. Vous êtes ensuite passé chez Astana...Contador : C'était fou ! Je laissais beaucoup d'énergie dans l'organisation de choses qui n'auraient pas dû m'incomber. J'ai alors signé chez Saxo Bank, où tout s'est normalisé et où j'ai passé de belles années jusqu'à ce que Bjarne Riis doive partir. Dommage car c'était la meilleure équipe, le meilleur esprit de groupe. C'est le plus important pour moi et je retrouve ça chez Trek. Ça promet !Par Fernando Llamas et Jonas Creteur