À la grande satisfaction d'Acquarone, la liste des participants au Giro 2013, qui débute samedi à Naples pour s'achever à Brescia le 28 mai, est nettement plus étoffée. Comme Sky a promu Chris Froome leader du Tour, Bradley Wiggins (32 ans) s'est cherché un nouvel objectif et surtout une source de motivation. Il les a trouvés dans le Giro, une épreuve qu'il a toujours appréciée et qu'il a préparée avec autant de minutie que le Tour 2012, en effectuant plusieurs stages en altitude et en reconnaissant les étapes.

Son principal concurrent sera sans doute un coureur local, Vicenzo Nibali (28 ans), qui mise tout sur le Tour d'Italie cette saison. Le Sicilien a étalé sa forme à Tirreno-Adriatico et au Tour du Trentin, qu'il a enlevés. Il a l'avantage du terrain et il peut compter sur l'ultime semaine, jalonnée de plusieurs arrivées en montagne. Ces étapes devraient mieux lui convenir qu'à Wiggins, qui grimpe au train.

Mais l'Italien pourra-t-il refaire en montagne le temps qu'il risque de perdre sur l'Anglais durant le contre-la-montre de 55 kilomètres, qui emprunte un parcours très vallonné ? À titre de comparaison, dans le contre-la-montre plat de 52 kilomètres du dernier Tour, le Sicilien a concédé 3,38 minutes au Britannique.

Nibali a d'autres atouts : son intuition et son agressivité, des qualités bien utiles dans l'imprévisible Giro. Le coureur Astana a assuré sa victoire dans l'ultime étape de Tirreno-Adriatico, disputée sous une pluie battante, au détriment de Froome. C'est avec ces armes qu'il espère contrer le style de course scientifique et calculateur de Sky au Giro, en espérant sans doute la complicité du tenant de l'épreuve, Ryder Hesjedal, de ses compatriotes Michele Scarponi et Ivan Basso, de Cadel Evans, de Samuel Sanchez et de Robert Gesink.

PAR JONAS CRÉTEUR