Son père peut à nouveau regarder les courses, mais Fabio Jakobsen aussi vivra désormais les finales complètement différemment. L'espoir d'un bon résultat va désormais de pair avec une lourde tension. Sa mère, Sandra, et sa soeur, Marloes, évitent la télévision. Lui-même n'a pas de crainte. "J'en suis très heureux." Il a cependant changé son comportement à vélo. Au lieu d'enrouler ses mains autour du guidon, il pose maintenant ses index gauche et droit sur le frein. Il est également plus vigilant, attentif à chaque mouvement et scrutant son environnement à la vitesse de l'éclair. Les rails de sécurité sont-ils sécurisants, comment un autre coureur négocie-t-il un virage, quels sont les risques? Mais la peur? Non...

Du moins, pas quand il est sur le vélo. Mais bien sûr, ce qu'il s'est passé est toujours présent dans son corps, dans ses souvenirs, même inconsciemment. "Je ne me souviens de rien de ce qu'il s'est passé entre un kilomètre de l'arrivée et le moment où je me suis réveillé à l'hôpital". Le psychologue de l'équipe, qui soutient également sa petite amie et sa famille, l'a aidé à surmonter ce traumatisme. "Je pense avoir relativement bien digéré cet événement, mais il ne disparaîtra jamais. Ce qu'on a vécu, reste toujours dans la mémoire. Comme les séquelles. Physiquement, je ne serai plus jamais le même, mais mentalement aussi, une cicatrice est toujours présente. Même si elle est assez bien refermée."

Il le remarque encore lorsqu'il regarde lui-même une course. "Les mouvements dans le peloton, les espoirs des uns et des autres, les gourdes... Quand se trouve soi-même dans le groupe de coureurs, on ressent ça différemment. Mais j'ai vu les images de ma chute. D'abord à l'hôpital, précisément parce que je ne savais pas pourquoi j'étais couché là et je voulais voir ça. Delore m'a montré la vidéo sur son téléphone, mais l'image était trop petite. Je n'ai toujours pas compris où ça a mal tourné. Je n'ai regardé attentivement que plus tard, plusieurs fois en fait, et je ne souhaite à personne de vivre ça. Les conséquences, la longue réhabilitation avec beaucoup de douleur, de colère, de tristesse et de panique... Alors oui: ça reste dans ma mémoire quand je vois le final d'une course. Je remarque, à la peur indirecte, que ce qu'il s'est passé en Pologne est toujours présent."

Ensuite, il y a la colère. Il l'a combattue longtemps. Et continue à la combattre. "Oui, bien sûr... Pour moi, le sport doit être sûr et équitable. Et si ça se passe comme ce jour-là... Ça peut me mettre en colère, mais je sais que ça ne m'aide pas. J'essaie d'utiliser cette énergie pour autre chose, mais bien sûr, la colère surgit de temps en temps. Surtout lorsque les autres se contentent d'en parler, ou agissent comme s'ils comprenaient et savaient tout. Je compte alors jusqu'à dix et je m'en vais."

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Son père peut à nouveau regarder les courses, mais Fabio Jakobsen aussi vivra désormais les finales complètement différemment. L'espoir d'un bon résultat va désormais de pair avec une lourde tension. Sa mère, Sandra, et sa soeur, Marloes, évitent la télévision. Lui-même n'a pas de crainte. "J'en suis très heureux." Il a cependant changé son comportement à vélo. Au lieu d'enrouler ses mains autour du guidon, il pose maintenant ses index gauche et droit sur le frein. Il est également plus vigilant, attentif à chaque mouvement et scrutant son environnement à la vitesse de l'éclair. Les rails de sécurité sont-ils sécurisants, comment un autre coureur négocie-t-il un virage, quels sont les risques? Mais la peur? Non... Du moins, pas quand il est sur le vélo. Mais bien sûr, ce qu'il s'est passé est toujours présent dans son corps, dans ses souvenirs, même inconsciemment. "Je ne me souviens de rien de ce qu'il s'est passé entre un kilomètre de l'arrivée et le moment où je me suis réveillé à l'hôpital". Le psychologue de l'équipe, qui soutient également sa petite amie et sa famille, l'a aidé à surmonter ce traumatisme. "Je pense avoir relativement bien digéré cet événement, mais il ne disparaîtra jamais. Ce qu'on a vécu, reste toujours dans la mémoire. Comme les séquelles. Physiquement, je ne serai plus jamais le même, mais mentalement aussi, une cicatrice est toujours présente. Même si elle est assez bien refermée."Il le remarque encore lorsqu'il regarde lui-même une course. "Les mouvements dans le peloton, les espoirs des uns et des autres, les gourdes... Quand se trouve soi-même dans le groupe de coureurs, on ressent ça différemment. Mais j'ai vu les images de ma chute. D'abord à l'hôpital, précisément parce que je ne savais pas pourquoi j'étais couché là et je voulais voir ça. Delore m'a montré la vidéo sur son téléphone, mais l'image était trop petite. Je n'ai toujours pas compris où ça a mal tourné. Je n'ai regardé attentivement que plus tard, plusieurs fois en fait, et je ne souhaite à personne de vivre ça. Les conséquences, la longue réhabilitation avec beaucoup de douleur, de colère, de tristesse et de panique... Alors oui: ça reste dans ma mémoire quand je vois le final d'une course. Je remarque, à la peur indirecte, que ce qu'il s'est passé en Pologne est toujours présent." Ensuite, il y a la colère. Il l'a combattue longtemps. Et continue à la combattre. "Oui, bien sûr... Pour moi, le sport doit être sûr et équitable. Et si ça se passe comme ce jour-là... Ça peut me mettre en colère, mais je sais que ça ne m'aide pas. J'essaie d'utiliser cette énergie pour autre chose, mais bien sûr, la colère surgit de temps en temps. Surtout lorsque les autres se contentent d'en parler, ou agissent comme s'ils comprenaient et savaient tout. Je compte alors jusqu'à dix et je m'en vais."