Sachant d'où tu venais, n'as-tu pas été surpris par tes performances ?

WOUT VAN AERT : Si. Indépendamment de ma blessure, j'ai beaucoup progressé. Je ne m'y attendais pas, surtout dans les cols. Je me croyais trop lourd pour ce travail.

Vas-tu reporter tes ambitions sur les grands tours ?

VAN AERT : Pas vraiment. Je veux surtout améliorer mon palmarès dans les classiques. Je ne vais pas tout chambouler pour viser le classement au Tour. Certes, j'ai tenu bon longtemps en haute montagne, mais il y a une différence entre rouler en tête jusqu'à cinq kilomètres du sommet et lutter jusqu'à l'arrivée. Encore faut-il être bien tous les jours pendant trois semaines. Gagner le Tour n'est pas réaliste, ne serait-ce que parce que ça nécessite un tout autre entraînement. Je devrais d'abord me distinguer dans des courses comme Tirreno-Adriatico, le Dauphiné ou le Tour de Suisse. C'est possible à court terme, surtout s'il y a un contre-la-montre, comme à Tirreno-Adriatico. Là, je vise le classement en 2021. De même que, plus tard, dans des courses comme Liège-BastogneLiège et le Tour de Lombardie.

On te compare encore plus à Mathieu van der Poel. Qu'en penses-tu ?

VAN AERT : J'ai signé des performances comparables à celles de Mathieu, dans différents types de courses, et j'en suis fier. Quand Mathieu me bat, comme au Tour des Flandres, je suis toujours le deuxième meilleur au monde. Heureusement, la perception est différente sur route. Les courses ne tournent pas au duel entre nous, le deuxième n'est pas un loser. Quand nous lâchons les autres, comme au Ronde, tout le monde comprend que nous sommes très bons tous les deux.

"Si Remco Evenepoel est désigné leader au Mondial, je suis prêt à rouler à son service."

Wout van Aert

À l'issue du Ronde, tu as posté ceci sur Instagram: "Merci, Mathieu van der Poel, de me pousser jusqu'à mes limites depuis des années. Hier, nous nous sommes livrés la lutte la plus passionnante de notre carrière. À suivre." Van der Poel vient de dire à Knack : "Sans Wout, je ne serais pas le Mathieu que je suis actuellement." De belles paroles, après votre dispute au terme de Gand-Wevelgem.

VAN AERT : Oui, c'est bien que nous l'admettions tous les deux, mais je ne pense pas que nous nous entraînons et concourons dans le but de nous battre. Nous le faisons pour gagner. Parfois, nous devons vaincre l'autre pour y parvenir. En cyclocross, c'est différent, car nous émergeons nettement. En semaine, je pense plus à Mathieu: comment puis-je le battre, comment adapter mes séances pour y parvenir?

La combinaison Tour de France-Jeux Olympiques est particulièrement difficile. La course sur route se déroule le samedi suivant le Tour, le contre-la-montre le mercredi. Mais la course sur route du Japon, avec un dénivelé de près de 5.000 mètres et une ultime ascension de sept kilomètres à 10%, n'est-elle pas trop dure pour toi? Elle est encore plus pénible que le Mondial d'Imola.

VAN AERT : Mais c'est une course d'une journée, pas une accumulation d'ascensions comme dans un grand tour. Ceci dit, ce sera serré. J'ai plus de chances de médaille contre le chrono. Le tracé me convient bien (44 kilomètres et 846 mètres de dénivellation, ndlr). Je pourrais battre Filippo Ganna alors que le parcours d'Imola était trop plat. Même s'il a prouvé sa valeur sur des tracés vallonnés au Giro.

Découvrez cette interview en intégralité ce mercredi sur notre site ou dès ce mardi dans notre magazine.

Pourrais-tu envisager de rouler au service de Remco Evenepoel puis de te concentrer sur le contre-lamontre ?

VAN AERT : Il est trop tôt pour distribuer les rôles. Nous ne savons pas dans quelle condition nous serons, mais le parcours sur route convient mieux à Remco. S'il est désigné leader, je suis prêt à rouler à son service. J'ai déjà prouvé que je ne répugnais pas à aider un équipier qui est meilleur que moi.

Sachant d'où tu venais, n'as-tu pas été surpris par tes performances ?WOUT VAN AERT : Si. Indépendamment de ma blessure, j'ai beaucoup progressé. Je ne m'y attendais pas, surtout dans les cols. Je me croyais trop lourd pour ce travail. Vas-tu reporter tes ambitions sur les grands tours ?VAN AERT : Pas vraiment. Je veux surtout améliorer mon palmarès dans les classiques. Je ne vais pas tout chambouler pour viser le classement au Tour. Certes, j'ai tenu bon longtemps en haute montagne, mais il y a une différence entre rouler en tête jusqu'à cinq kilomètres du sommet et lutter jusqu'à l'arrivée. Encore faut-il être bien tous les jours pendant trois semaines. Gagner le Tour n'est pas réaliste, ne serait-ce que parce que ça nécessite un tout autre entraînement. Je devrais d'abord me distinguer dans des courses comme Tirreno-Adriatico, le Dauphiné ou le Tour de Suisse. C'est possible à court terme, surtout s'il y a un contre-la-montre, comme à Tirreno-Adriatico. Là, je vise le classement en 2021. De même que, plus tard, dans des courses comme Liège-BastogneLiège et le Tour de Lombardie.On te compare encore plus à Mathieu van der Poel. Qu'en penses-tu ? VAN AERT : J'ai signé des performances comparables à celles de Mathieu, dans différents types de courses, et j'en suis fier. Quand Mathieu me bat, comme au Tour des Flandres, je suis toujours le deuxième meilleur au monde. Heureusement, la perception est différente sur route. Les courses ne tournent pas au duel entre nous, le deuxième n'est pas un loser. Quand nous lâchons les autres, comme au Ronde, tout le monde comprend que nous sommes très bons tous les deux. À l'issue du Ronde, tu as posté ceci sur Instagram: "Merci, Mathieu van der Poel, de me pousser jusqu'à mes limites depuis des années. Hier, nous nous sommes livrés la lutte la plus passionnante de notre carrière. À suivre." Van der Poel vient de dire à Knack : "Sans Wout, je ne serais pas le Mathieu que je suis actuellement." De belles paroles, après votre dispute au terme de Gand-Wevelgem. VAN AERT : Oui, c'est bien que nous l'admettions tous les deux, mais je ne pense pas que nous nous entraînons et concourons dans le but de nous battre. Nous le faisons pour gagner. Parfois, nous devons vaincre l'autre pour y parvenir. En cyclocross, c'est différent, car nous émergeons nettement. En semaine, je pense plus à Mathieu: comment puis-je le battre, comment adapter mes séances pour y parvenir?La combinaison Tour de France-Jeux Olympiques est particulièrement difficile. La course sur route se déroule le samedi suivant le Tour, le contre-la-montre le mercredi. Mais la course sur route du Japon, avec un dénivelé de près de 5.000 mètres et une ultime ascension de sept kilomètres à 10%, n'est-elle pas trop dure pour toi? Elle est encore plus pénible que le Mondial d'Imola.VAN AERT : Mais c'est une course d'une journée, pas une accumulation d'ascensions comme dans un grand tour. Ceci dit, ce sera serré. J'ai plus de chances de médaille contre le chrono. Le tracé me convient bien (44 kilomètres et 846 mètres de dénivellation, ndlr). Je pourrais battre Filippo Ganna alors que le parcours d'Imola était trop plat. Même s'il a prouvé sa valeur sur des tracés vallonnés au Giro. Pourrais-tu envisager de rouler au service de Remco Evenepoel puis de te concentrer sur le contre-lamontre ? VAN AERT : Il est trop tôt pour distribuer les rôles. Nous ne savons pas dans quelle condition nous serons, mais le parcours sur route convient mieux à Remco. S'il est désigné leader, je suis prêt à rouler à son service. J'ai déjà prouvé que je ne répugnais pas à aider un équipier qui est meilleur que moi.