Thierry Gouvenou a bien suivi le conseil de feu Laurent Fignon. Celui-ci avait dit que dans la troisième étape d'affilée en montagne, les coureurs n'avaient plus ni l'envie ni l'énergie d'attaquer. Or, Gouvenou et Christian Prudhomme veulent à toux prix éviter ça.

Conséquence de cet étalement : pour la troisième fois, les Pyrénées précèdent les Alpes. Une loi non écrite stipule que la direction du Tour inverse cet enchaînement chaque année mais durant les 25 dernières éditions, cette règle a été bafouée à trois reprises, l'ordre restant le même deux Tours de suite. Mais jamais trois fois.

Ce n'est pas un nouveau dogme, d'après Prudhomme. Cette fois, les Pyrénées étaient mieux placées s'il voulait une arrivée dans les cinq massifs montagneux de l'Hexagone. Franchir les Alpes après le Jura aurait fourni quatre étapes de montagne d'affilée, ce qui aurait été trop, surtout dans les dix premiers jours de course.

UNE ARRIVÉE SPECTACULAIRE

Cette étape pyrénéenne est quasiment une copie de l'étape de 2012, avec le Col des Ares, le Col de Menté, le Port de Balès, le Col de Peyresourde et la courte ascension finale vers la station de ski de Peyragudes. Les différences avec la version 2012 : un échauffement de 70 kilomètres sur le plat (quel intérêt ? ) et l'arrivée ne se situe pas dans la ville mais sur le tarmac de l'aéroport de Peyragudes. Une idée de Christian Prudhomme qui n'a pu contenir son admiration quand il a découvert l'aire.

Seul problème : il fallait asphalter les quelques dizaines de mètres entre la route et le tarmac. Donc, en août dernier, il a téléphoné au président du département des Hautes-Pyrénées pour demander si c'était possible. Deux heures plus tard, le téléphone sonnait : " Pas de problème ! " Une nouvelle arrivée spectaculaire était née, dans un décor spécial mais surtout très pentu : les 400 derniers mètres accusent en moyenne 13 %, avec un pic à 16 %.

Pendant la présentation du parcours, Prudhomme a raconté qu'en 1997, il y a vingt ans, Peyragudes avait ouvert une nouvelle piste de ski, appelée 007. En février de cette année-là, on avait en effet tourné des scènes du film de James Bond " Demain ne meurt jamais " sur l'aérodrome de la station de ski. Dans le rôle de l'agent 007, Pierce Brosnan, la chanson du générique étant l'oeuvre de Sheryl Crow, l'ex d'un septuple vainqueur du Tour que l'ASO a rayé de ses palmarès...

EN TERRAIN CONNU

Il ne fait guère de doute que les coureurs de classement vont frapper dans cette étape à la James Bond mais quand ? Déjà au Port de Balès, hors-catégorie ? À moins qu'ils n'attendant jusqu'au moins ardu Peyresourde ? Ou même jusqu'à Peyragudes ? Chris Froome connaît bien ces deux cols : le Britannique a dévalé dans son style grotesque la pente du Peyresourde qu'il va maintenant grimper. En 2012, il avait largué - sciemment ? - le maillot jaune, son coéquipier Bradley Wiggins, dans l'ascension de Peyragudes. Avant de se réunir, après l'intervention du directeur sportif Sean Yates, pour arriver en deuxième et troisième position, à 19 secondes du lauréat du jour.

Les 400 derniers mètres semblent faits pour l'Espagnol mais il se peut aussi que le survivant d'une échappée précoce s'impose. Ne soyez pas surpris si Thomas Voeckler se manifeste. Il conserve de bons souvenirs des cols du jour : en 2010, il a enlevé une étape transitant par le Port de Balès, avec arrivée à Bagnères-de-Luchon - la fameuse étape durant laquelle Andy Schleck avait cassé sa chaîne - et en 2012, il a triomphé, à nouveau à Bagnères-de-Luchon, à l'issue d'une traversée des Pyrénées dont Peyresourde était le dernier col.

Reste à voir si Voeckler, âgé de 38 ans et qui roule sans doute son ultime Tour, pourra conclure avec succès une attaque de longue haleine. Il semble à bout. Même si on ne sait jamais, avec Titi le Héros, surtout au Tour de France.

Les cadors entameront-ils la bagarre dès le Port de Balès ou attendront-ils Peyresourde ?

Thierry Gouvenou a bien suivi le conseil de feu Laurent Fignon. Celui-ci avait dit que dans la troisième étape d'affilée en montagne, les coureurs n'avaient plus ni l'envie ni l'énergie d'attaquer. Or, Gouvenou et Christian Prudhomme veulent à toux prix éviter ça. Conséquence de cet étalement : pour la troisième fois, les Pyrénées précèdent les Alpes. Une loi non écrite stipule que la direction du Tour inverse cet enchaînement chaque année mais durant les 25 dernières éditions, cette règle a été bafouée à trois reprises, l'ordre restant le même deux Tours de suite. Mais jamais trois fois. Ce n'est pas un nouveau dogme, d'après Prudhomme. Cette fois, les Pyrénées étaient mieux placées s'il voulait une arrivée dans les cinq massifs montagneux de l'Hexagone. Franchir les Alpes après le Jura aurait fourni quatre étapes de montagne d'affilée, ce qui aurait été trop, surtout dans les dix premiers jours de course. Cette étape pyrénéenne est quasiment une copie de l'étape de 2012, avec le Col des Ares, le Col de Menté, le Port de Balès, le Col de Peyresourde et la courte ascension finale vers la station de ski de Peyragudes. Les différences avec la version 2012 : un échauffement de 70 kilomètres sur le plat (quel intérêt ? ) et l'arrivée ne se situe pas dans la ville mais sur le tarmac de l'aéroport de Peyragudes. Une idée de Christian Prudhomme qui n'a pu contenir son admiration quand il a découvert l'aire. Seul problème : il fallait asphalter les quelques dizaines de mètres entre la route et le tarmac. Donc, en août dernier, il a téléphoné au président du département des Hautes-Pyrénées pour demander si c'était possible. Deux heures plus tard, le téléphone sonnait : " Pas de problème ! " Une nouvelle arrivée spectaculaire était née, dans un décor spécial mais surtout très pentu : les 400 derniers mètres accusent en moyenne 13 %, avec un pic à 16 %. Pendant la présentation du parcours, Prudhomme a raconté qu'en 1997, il y a vingt ans, Peyragudes avait ouvert une nouvelle piste de ski, appelée 007. En février de cette année-là, on avait en effet tourné des scènes du film de James Bond " Demain ne meurt jamais " sur l'aérodrome de la station de ski. Dans le rôle de l'agent 007, Pierce Brosnan, la chanson du générique étant l'oeuvre de Sheryl Crow, l'ex d'un septuple vainqueur du Tour que l'ASO a rayé de ses palmarès... Il ne fait guère de doute que les coureurs de classement vont frapper dans cette étape à la James Bond mais quand ? Déjà au Port de Balès, hors-catégorie ? À moins qu'ils n'attendant jusqu'au moins ardu Peyresourde ? Ou même jusqu'à Peyragudes ? Chris Froome connaît bien ces deux cols : le Britannique a dévalé dans son style grotesque la pente du Peyresourde qu'il va maintenant grimper. En 2012, il avait largué - sciemment ? - le maillot jaune, son coéquipier Bradley Wiggins, dans l'ascension de Peyragudes. Avant de se réunir, après l'intervention du directeur sportif Sean Yates, pour arriver en deuxième et troisième position, à 19 secondes du lauréat du jour. Les 400 derniers mètres semblent faits pour l'Espagnol mais il se peut aussi que le survivant d'une échappée précoce s'impose. Ne soyez pas surpris si Thomas Voeckler se manifeste. Il conserve de bons souvenirs des cols du jour : en 2010, il a enlevé une étape transitant par le Port de Balès, avec arrivée à Bagnères-de-Luchon - la fameuse étape durant laquelle Andy Schleck avait cassé sa chaîne - et en 2012, il a triomphé, à nouveau à Bagnères-de-Luchon, à l'issue d'une traversée des Pyrénées dont Peyresourde était le dernier col. Reste à voir si Voeckler, âgé de 38 ans et qui roule sans doute son ultime Tour, pourra conclure avec succès une attaque de longue haleine. Il semble à bout. Même si on ne sait jamais, avec Titi le Héros, surtout au Tour de France. Les cadors entameront-ils la bagarre dès le Port de Balès ou attendront-ils Peyresourde ?