Ceux que le repos rouille seront contents que cette étape soit plate : ils auront le temps de s'échauffer avant un nouveau sprint massif. Cette étape normale est étrange car son arrivée et son départ sont plutôt appréciés des amateurs de contre-la-montre. Périgueux et Bergerac ont déjà accueilli le début ou la fin d'une épreuve contre le chrono à trois reprises et chaque fois, le vainqueur a humilié ses adversaires. En 1961, Jacques Anquetil a largué son dauphin, Charly Gaul, à trois minutes sur 74,5 kilomètres, malgré une crevaison, et en 2014, Tony Martin, qui était encoreun pur spécialiste du chrono, a mis 1 minute 39 secondes dans la vue de Tom Dumoulin sur 54 kilomètres.
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Ceux que le repos rouille seront contents que cette étape soit plate : ils auront le temps de s'échauffer avant un nouveau sprint massif. Cette étape normale est étrange car son arrivée et son départ sont plutôt appréciés des amateurs de contre-la-montre. Périgueux et Bergerac ont déjà accueilli le début ou la fin d'une épreuve contre le chrono à trois reprises et chaque fois, le vainqueur a humilié ses adversaires. En 1961, Jacques Anquetil a largué son dauphin, Charly Gaul, à trois minutes sur 74,5 kilomètres, malgré une crevaison, et en 2014, Tony Martin, qui était encoreun pur spécialiste du chrono, a mis 1 minute 39 secondes dans la vue de Tom Dumoulin sur 54 kilomètres. La performance la plus impressionnante mais pas nécessairement crédible a été réalisée par Miguel Indurain en 1994, dans une épreuve de 64 kilomètres. Tony Rominger, deuxième, a limité la casse à deux minutes. Les troisième et quatrième, Armand de las Cuevas et Thierry Marie, ont fini à près de cinq minutes et Johan Museeuw, qui avait démarré le contre-la-montre avec le maillot jaune, a terminé 18e, à sept minutes. Les journalistes français étaient si impressionnés qu'ils ont rebaptisé Indurain Tyrano de Bergerac, du nom du héros de la pièce de théâtre d'Edmond Rostand. Le peloton roule à travers le décor fabuleux de la Dordogne. Il traverse deux endroits historiques, pour des raisons très différentes. Après 42 kilomètres, il traverse Montignac, près des célèbres grottes de Lascaux. Ce n'est pas un hasard puisque le Centre International de l'Art Pariétal a été inauguré en décembre. On le qualifie déjà de " Chapelle sixtine de la peinture murale ". Les grottes ont été fermées au grand public en 1964 mais désormais, on peut admirer les répliques des 600 dessins préhistoriques, vieux de 17.000 ans. Le département de la Dordogne espère accueillir quelque 400.000 visiteurs par an et le passage du Tour est donc le bienvenu. La traversée de Port-de-Couze, après 154 kilomètres, est moins festive. C'est là qu'a eu lieu le plus grand drame de l'histoire du Tour, en 1964 et également un 11 juillet. Un camion chargé d'alimenter en carburant les voitures de police a heurté un pont avant de chuter dans le canal, entraînant une quarantaine de personnes dans l'eau. Le bilan a été terrible : neuf morts, dont trois enfants. Le magnifique paysage de cette étape vaut le coup à lui seul. Une enquête a révélé que 61 % des téléspectateurs français s'installaient dans leur fauteuil pour admirer les paysages et les châteaux de leur pays. La course ne constitue la première motivation que de 32 % des téléspectateurs. La Grande Boucle est avant tout un événement socio-culturel qui montre la grandeur de leur pays, aux yeux de nos chauvins voisins. Il ne faut donc pas s'étonner que la télévision française ait décidé, dès cette année, de retransmettre chaque étape du début à la fin. Évidemment, les chiffres jouent un rôle crucial : même s'il ne se passe rien, le Tour réalise un meilleur audimat qu'une quelconque série ou un film programmés aux alentours de midi. C'est pour cette raison que Paris-Roubaix est retransmis dans son intégralité depuis l'année dernière. L'augmentation des frais de tournage semble dérisoire par rapport à l'audience et au retour obtenu par tous les villages et bourgades français qui se situent en début d'étape. Les amateurs de cyclisme vont également pouvoir suivre les nombreuses attaques de début d'étape, nous dit-on. Malheureusement, ces dernières années, les équipes de sprint ont plutôt tendance à laisser s'échapper un groupe pour le rattraper en fin de journée. Bonjour la monotonie, probablement dans cette étape comme dans d'autres. Malgré l'attrait de la Dordogne. Une enquête a révélé que 61 % des téléspectateurs français s'installaient dans leur fauteuil pour admirer les paysages et les châteaux de leur pays.