Ces propos sont de Thierry Cazeneuve, l'ancien directeur de course du Dauphiné Libéré, dans un entretien accordé à L'Équipe, l'été dernier. Il y déclare sa passion du Tour et du plus beau col des Alpes, le point final de cette étape.

La déclaration d'amour de Cazeneuve n'a pas donné d'idées à Christian Prudhomme. Le patron du Tour avait depuis longtemps l'intention d'orchestrer la grande finale du Tour dans ce col mythique. L'été dernier, quand le département infrastructures des Hautes Alpes lui a donné le feu vert pour y faire passer une partie de la caravane du Tour, grâce à la rénovation du sommet de cols comme le Galibier, l'Angel et l'Izoard, Prudhomme n'a pas hésité.

Nous n'aurons donc pas d'arrivée classique à une station de sports d'hiver mais une arrivée au sommet d'un col, comme en 2007 (Aubisque), 2010 (Tourmalet) et 2011 (Galibier). Chaque fois, ces montagnes ont été le décor de duels héroïques : l'Aubisque entre Contador et Rasmussen, le Tourmalet entre El Pistolero et Andy Schleck, le Galibier entre le cadet des Schleck et Cadel Evans.

Contrairement aux éditions 2010 et 2011 - le centenaire de la première ascension du Tourmalet et du Galibier au Tour, il n'y a pas de raison particulière d'organiser l'arrivée au sommet de l'Izoard. Le chemin a certes été aménagé il y a 120 ans, en 1897, mais Christian Prudhomme a souvent été charmé par le col des Hautes-Alpes, avec les féeriques formations rocheuses de la Casse Déserte et son décor lunaire.

LE TEMPS PERDU

En plaçant l'arrivée au sommet, Prudhomme va à la recherche du temps perdu. Contrairement au Galibier, souvent emprunté, ce col-ci n'est repris que pour la huitième fois depuis 1976, quand Lucien Van Impe est arrivé en tête. Dans les décennies précédentes, depuis la première ascension en 1922, il y a eu 26 passages. C'était souvent la dernière montée d'une étape de montagne classique qui partait de la Côte d'Azur pour franchir le Cols d'Allos et le Col de Vars, avec arrivée à Briançon.

L'Izoard a souvent été témoin de duels légendaires, d'exploits de grands champions : Philippe Thys, Sylvère Maes, Gino Bartali, Fausto Coppi, Louison Bobet, Eddy Merckx, Bernard Thévenet... Une plaque commémorative a été fixée en mémoire de Coppi et Bobet, double vainqueurs, à la Casse Déserte. En 1960, quelques mois après le décès inattendu de Coppi, le patron du Tour, Jacques Goddet, a même emmené un sac de terre sur l'Izoard, pour que de jeunes coureurs italiens puissent le jeter sur la tombe du campionissimo.

Ça ne fait pas le moindre doute : l'Izoard va encore être spectaculaire. Après le départ à Briançon, après cent kilomètres, le peloton doit franchir le Col de Vars (9,3 kilomètres à 7,5%), où les favoris qui veulent attaquer peuvent envoyer en avant des coéquipiers, même s'ils ne dévoileront leurs cartes que dans l'ultime côte. Avec une moyenne de 7,3 % sur 14 kilomètres, c'est faisable mais les apparences sont trompeuses : à partir du septième kilomètre, le pourcentage ne passe plus en dessous des 9 %.

C'est un terrain propice pour un grimpeur qui veut gagner du temps avant le contre-la-montre de Marseille. Le col culmine à 2.360 mètres. C'est l'idéal pour Nairo Quintana, né en altitude, d'autant que c'est le jour de la fête nationale colombienne. À condition bien sûr que ses jambes en veuillent encore, après le Giro et quasiment trois semaines de Tour.

COURSE-POURSUITE

Quelques heures avant cette dernière côte, une autre première attend le peloton. Après trois années à Paris, La Course, l'épreuve féminine d'un jour, s'achève à l'Izoard, certes à quatre kilomètres du sommet, à la Casse Déserte, après une étape de 67 kilomètres. Les dames qui termineront à moins de cinq minutes de la lauréate pourront en plus disputer une course-poursuite à Marseille le samedi. Elles prendront le départ avec le retard pris à l'Izoard. La première qui franchit la ligne gagne. Il ne reste plus qu'à organiser un véritable Tour pour les dames.

L'Izoard va une nouvelle fois offrir du spectacle.

Ces propos sont de Thierry Cazeneuve, l'ancien directeur de course du Dauphiné Libéré, dans un entretien accordé à L'Équipe, l'été dernier. Il y déclare sa passion du Tour et du plus beau col des Alpes, le point final de cette étape. La déclaration d'amour de Cazeneuve n'a pas donné d'idées à Christian Prudhomme. Le patron du Tour avait depuis longtemps l'intention d'orchestrer la grande finale du Tour dans ce col mythique. L'été dernier, quand le département infrastructures des Hautes Alpes lui a donné le feu vert pour y faire passer une partie de la caravane du Tour, grâce à la rénovation du sommet de cols comme le Galibier, l'Angel et l'Izoard, Prudhomme n'a pas hésité. Nous n'aurons donc pas d'arrivée classique à une station de sports d'hiver mais une arrivée au sommet d'un col, comme en 2007 (Aubisque), 2010 (Tourmalet) et 2011 (Galibier). Chaque fois, ces montagnes ont été le décor de duels héroïques : l'Aubisque entre Contador et Rasmussen, le Tourmalet entre El Pistolero et Andy Schleck, le Galibier entre le cadet des Schleck et Cadel Evans. Contrairement aux éditions 2010 et 2011 - le centenaire de la première ascension du Tourmalet et du Galibier au Tour, il n'y a pas de raison particulière d'organiser l'arrivée au sommet de l'Izoard. Le chemin a certes été aménagé il y a 120 ans, en 1897, mais Christian Prudhomme a souvent été charmé par le col des Hautes-Alpes, avec les féeriques formations rocheuses de la Casse Déserte et son décor lunaire. En plaçant l'arrivée au sommet, Prudhomme va à la recherche du temps perdu. Contrairement au Galibier, souvent emprunté, ce col-ci n'est repris que pour la huitième fois depuis 1976, quand Lucien Van Impe est arrivé en tête. Dans les décennies précédentes, depuis la première ascension en 1922, il y a eu 26 passages. C'était souvent la dernière montée d'une étape de montagne classique qui partait de la Côte d'Azur pour franchir le Cols d'Allos et le Col de Vars, avec arrivée à Briançon. L'Izoard a souvent été témoin de duels légendaires, d'exploits de grands champions : Philippe Thys, Sylvère Maes, Gino Bartali, Fausto Coppi, Louison Bobet, Eddy Merckx, Bernard Thévenet... Une plaque commémorative a été fixée en mémoire de Coppi et Bobet, double vainqueurs, à la Casse Déserte. En 1960, quelques mois après le décès inattendu de Coppi, le patron du Tour, Jacques Goddet, a même emmené un sac de terre sur l'Izoard, pour que de jeunes coureurs italiens puissent le jeter sur la tombe du campionissimo. Ça ne fait pas le moindre doute : l'Izoard va encore être spectaculaire. Après le départ à Briançon, après cent kilomètres, le peloton doit franchir le Col de Vars (9,3 kilomètres à 7,5%), où les favoris qui veulent attaquer peuvent envoyer en avant des coéquipiers, même s'ils ne dévoileront leurs cartes que dans l'ultime côte. Avec une moyenne de 7,3 % sur 14 kilomètres, c'est faisable mais les apparences sont trompeuses : à partir du septième kilomètre, le pourcentage ne passe plus en dessous des 9 %. C'est un terrain propice pour un grimpeur qui veut gagner du temps avant le contre-la-montre de Marseille. Le col culmine à 2.360 mètres. C'est l'idéal pour Nairo Quintana, né en altitude, d'autant que c'est le jour de la fête nationale colombienne. À condition bien sûr que ses jambes en veuillent encore, après le Giro et quasiment trois semaines de Tour.Quelques heures avant cette dernière côte, une autre première attend le peloton. Après trois années à Paris, La Course, l'épreuve féminine d'un jour, s'achève à l'Izoard, certes à quatre kilomètres du sommet, à la Casse Déserte, après une étape de 67 kilomètres. Les dames qui termineront à moins de cinq minutes de la lauréate pourront en plus disputer une course-poursuite à Marseille le samedi. Elles prendront le départ avec le retard pris à l'Izoard. La première qui franchit la ligne gagne. Il ne reste plus qu'à organiser un véritable Tour pour les dames. L'Izoard va une nouvelle fois offrir du spectacle.