"En tant que passionné de cyclisme, j'ai de belles années devant moi à regarder les courses à la télévision. En tant que cycliste, j'ai mes pires années devant moi à devoir lutter contre toutes ces jeunes bombes de watts."
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"En tant que passionné de cyclisme, j'ai de belles années devant moi à regarder les courses à la télévision. En tant que cycliste, j'ai mes pires années devant moi à devoir lutter contre toutes ces jeunes bombes de watts."C'est ce que Thomas De Gendt a tweeté après les Strade Bianche, où Mathieu van der Poel a bluffé le monde entier. Avec son habituel humour savoureux et cynique, il indiquait ainsi qu'il ne serait pas facile pour lui d'encore gagner, à 34 ans, contre la nouvelle génération pleine de talents.Après tout, il fallait alors remonter au 13 juillet 2019 pour voir De Gendt lever les bras au ciel : sa fameuse victoire d'étape sur le Tour, lorsqu'il a devancé de justesse Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe à Saint-Étienne. Depuis lors, son palmarès ne s'était plus enrichi. Même durant la saison dernière, le "maître de l'échappée" ("si vous traduisez mon nom en espagnol, c'est "cabeza de carrera", a-t-il un jour tweeté) n'a jamais pu achever ses oeuvres d'art.Aucun coureur n'a mieux étudié l'art de l'échappée que De Gendt, comme il le décrit brillamment dans son livre ... "Solo".Un mode d'emploi qui n'a plus fonctionné en 2020. Le coureur de Lotto-Soudal s'est donc adapté à la nouvelle réalité en 2021. En faisant des courses plus intelligentes, comme il le dit. En choisissant mieux ses moments, et dans d'autres étapes, en appuyant sur le bouton "économie d'énergie".Dimanche à Barcelone, dans la traditionnelle étape finale de son cher Tour de Catalogne, où il avait déjà remporté quatre étapes dans sa carrière, De Gendt faisait partie d'une échappée de plus de trente coureurs. À cinq kilomètres de l'arrivée, il s'est débarrassé de son dernier compagnon de lutte Matej Mohoric, dans la montée finale vers Montjuic. Il s'est imposé après une nouvelle "très bonne journée", car on ne gagne pas une course WorldTour grâce à sa seule intelligence de course. De Gendt, c'est aussi un coureur qui peut encore rouler incroyablement vite. Six fois six minutes à plus de 400 watts sur la pente de Montjuic, à Barcelone.De Gendt continue d'étoffer son palmarès. Pas en quantité, mais en qualité : quatorze de ses seize victoires professionnelles ont été obtenues sur des courses WorldTour, soit pas moins de 87,5 %. Aucun coureur, avec au moins dix victoires, ne peut se targuer d'un tel pourcentage. Tout comme ses dix solos gagnants en WorldTour sont uniques à leur manière.Ce qui rend encore plus spéciaux ces exploits, c'est qu'ils s'étalent sur une période de plus de 10 ans. Entre le 6 mars 2011, lorsque De Gendt s'est débarrassé de Jérémy Roy et Jens Voigt dans une étape de Paris-Nice, et le dimanche 28 mars 2021, à Barcelone. Parmi les coureurs belges encore actifs, seul Philippe Gilbert a gagné au niveau WorldTour sur une plus longue période (2006-2019).Vous ne pouvez y parvenir que si, comme Thomas De Gendt, vous vous êtes constamment adapté, tel un caméléon du cyclisme, à de nouvelles méthodes d'entraînement et de course. Et puis, même à 34 ans, vous pouvez encore être plus malin que la jeune génération.