Des chronos en pagaille, un Tour de Lombardie, deux éditions de Tirreno-Adriatico, un Paris-Nice et un Tour de Romandie : jusqu'en 1992, s'il reste enviable pour la plupart des coureurs du peloton, le palmarès de Tony Rominger ne fait pas de lui un potentiel vainqueur de grand tour. Excellent dans l'exercice solitaire, le Suisse de l'équipe CLAS connaît toutefois toujours l'un ou l'autre jour sans dans les épreuves de trois semaines. En sept participations aux trois épreuves majeures du calendrier (quatre Giros, deux Tours et une Vuelta), Rominger a bien glané une étape sur les routes italiennes, mais il n'a encore jamais fait mieux qu'une 16e place au général, lors de la Vuelta 1990.

Au départ de l'épreuve espagnole, en 1992, le Suisse ne fait donc logiquement pas partie des noms les plus cités comme candidat à la victoire finale. On y retrouve plutôt les Néerlandais Erik Breukink et Steven Rooks, l'Écossais Robert Millar, l'Irlandais Stephen Roche ou encore les Espagnols Melchior Mauri, le tenant du titre, Pedro Delgaldo, double vainqueur, et Laudelino Cubino. Les premiers jours confirment d'ailleurs que le leader de chez CLAS ne doit pas nourrir de trop grandes ambitions : après un prologue correct, huitième à 22 secondes de Jelle Nijdam, Rominger chute lors de la cinquième étape. Touché à l'épaule et au genou, il concède près de trois minutes trois jours plus tard lors du premier contre-la-montre individuel remporté par Breukink. Deuxième ce jour-là, le surprenant espagnol Jesus Montoya s'empare du maillot amarillo. Deux jours plus tard, la neuvième étape emmène le peloton vers Luz Ardiden en passant par le Tourmalet et le tableau des forces en présence se redessine : Mauri est à la ramasse et perd quarante minutes tandis que Breukink, Rooks, Millar et Roche n'arrivent pas non plus à suivre les meilleurs. Au terme de cette journée terrible, Cubino, échappé tout au long de l'étape s'impose, mais derrière lui c'est Rominger qui est le meilleur bien que Montoya conserve le maillot de leader.

Toujours en course jusque-là, Cubino perd toute chance de victoire finale en perdant près de trois minutes lors de la quatorzième étape, qui voit Delgado s'imposer devant Rominger et Montoya, toujours en jaune. Le podium se précise pour ces trois derniers qui se marquent à la culotte les jours suivants. Mais Rominger, qui cette fois ne lâche rien, dispose d'un sérieux avantage sur ses concurrents : ses capacités contre le chrono. En effet, la Vuelta réserve aux derniers prétendants à la victoire un contre-la-montre de 37 kilomètres, à deux jours de l'arrivée à Madrid. Une aubaine que ne loupe pas le Suisse : en surrégime, Rominger domine l'exercice de la tête et des épaules et s'impose largement, reléguant Delgado et Montoya à plus d'une minute quarante. Maillot jaune sur le dos, il reste au Suisse une dernière étape de montagne à gérer avant la journée finale vers Madrid, réservée aux sprinteurs. Transcendé par le maillot de leader, Rominger ne craque pas face aux attaques de ses deux concurrents espagnols. Au contraire, il se montre une nouvelle fois le plus fort et accompagne jusqu'au bout le Colombien Oscar Vargas qui décroche l'étape avant d'être déclassé au profit du Suisse, suite à un contrôle positif à la caféine. Le lendemain, Rominger peut savourer et il devient, à 31 ans, le premier vainqueur suisse de l'épreuve espagnole.

Tony Rominger avec Miguel Indurain dans sa rouer lors du Tour de France 1993., belga
Tony Rominger avec Miguel Indurain dans sa rouer lors du Tour de France 1993. © belga

Véritablement révélé dans cette Vuelta, Tony Rominger continuera à étoffer son palmarès sur les grands tours par la suite puisqu'il fait également main basse sur les Tour d'Espagne 1993 et 1994 ainsi que sur le Giro 1995. Finalement, seul le Tour de France se refusera à lui malgré une belle deuxième place assortie de trois étapes, derrière l'intouchable Miguel Indurain, en 1993. Après avoir battu deux fois le record de l'heure en 1994 et décroché quelques autres jolis bouquets (Tour de Lombardie 92, Tour du Pays Basque 92, 93 et 94, Paris-Nice 94 et Tour de Romandie 95), il met un terme à sa carrière en 1997.

Des chronos en pagaille, un Tour de Lombardie, deux éditions de Tirreno-Adriatico, un Paris-Nice et un Tour de Romandie : jusqu'en 1992, s'il reste enviable pour la plupart des coureurs du peloton, le palmarès de Tony Rominger ne fait pas de lui un potentiel vainqueur de grand tour. Excellent dans l'exercice solitaire, le Suisse de l'équipe CLAS connaît toutefois toujours l'un ou l'autre jour sans dans les épreuves de trois semaines. En sept participations aux trois épreuves majeures du calendrier (quatre Giros, deux Tours et une Vuelta), Rominger a bien glané une étape sur les routes italiennes, mais il n'a encore jamais fait mieux qu'une 16e place au général, lors de la Vuelta 1990. Au départ de l'épreuve espagnole, en 1992, le Suisse ne fait donc logiquement pas partie des noms les plus cités comme candidat à la victoire finale. On y retrouve plutôt les Néerlandais Erik Breukink et Steven Rooks, l'Écossais Robert Millar, l'Irlandais Stephen Roche ou encore les Espagnols Melchior Mauri, le tenant du titre, Pedro Delgaldo, double vainqueur, et Laudelino Cubino. Les premiers jours confirment d'ailleurs que le leader de chez CLAS ne doit pas nourrir de trop grandes ambitions : après un prologue correct, huitième à 22 secondes de Jelle Nijdam, Rominger chute lors de la cinquième étape. Touché à l'épaule et au genou, il concède près de trois minutes trois jours plus tard lors du premier contre-la-montre individuel remporté par Breukink. Deuxième ce jour-là, le surprenant espagnol Jesus Montoya s'empare du maillot amarillo. Deux jours plus tard, la neuvième étape emmène le peloton vers Luz Ardiden en passant par le Tourmalet et le tableau des forces en présence se redessine : Mauri est à la ramasse et perd quarante minutes tandis que Breukink, Rooks, Millar et Roche n'arrivent pas non plus à suivre les meilleurs. Au terme de cette journée terrible, Cubino, échappé tout au long de l'étape s'impose, mais derrière lui c'est Rominger qui est le meilleur bien que Montoya conserve le maillot de leader. Toujours en course jusque-là, Cubino perd toute chance de victoire finale en perdant près de trois minutes lors de la quatorzième étape, qui voit Delgado s'imposer devant Rominger et Montoya, toujours en jaune. Le podium se précise pour ces trois derniers qui se marquent à la culotte les jours suivants. Mais Rominger, qui cette fois ne lâche rien, dispose d'un sérieux avantage sur ses concurrents : ses capacités contre le chrono. En effet, la Vuelta réserve aux derniers prétendants à la victoire un contre-la-montre de 37 kilomètres, à deux jours de l'arrivée à Madrid. Une aubaine que ne loupe pas le Suisse : en surrégime, Rominger domine l'exercice de la tête et des épaules et s'impose largement, reléguant Delgado et Montoya à plus d'une minute quarante. Maillot jaune sur le dos, il reste au Suisse une dernière étape de montagne à gérer avant la journée finale vers Madrid, réservée aux sprinteurs. Transcendé par le maillot de leader, Rominger ne craque pas face aux attaques de ses deux concurrents espagnols. Au contraire, il se montre une nouvelle fois le plus fort et accompagne jusqu'au bout le Colombien Oscar Vargas qui décroche l'étape avant d'être déclassé au profit du Suisse, suite à un contrôle positif à la caféine. Le lendemain, Rominger peut savourer et il devient, à 31 ans, le premier vainqueur suisse de l'épreuve espagnole. Véritablement révélé dans cette Vuelta, Tony Rominger continuera à étoffer son palmarès sur les grands tours par la suite puisqu'il fait également main basse sur les Tour d'Espagne 1993 et 1994 ainsi que sur le Giro 1995. Finalement, seul le Tour de France se refusera à lui malgré une belle deuxième place assortie de trois étapes, derrière l'intouchable Miguel Indurain, en 1993. Après avoir battu deux fois le record de l'heure en 1994 et décroché quelques autres jolis bouquets (Tour de Lombardie 92, Tour du Pays Basque 92, 93 et 94, Paris-Nice 94 et Tour de Romandie 95), il met un terme à sa carrière en 1997.