On peut visiblement connaître le printemps de sa carrière à 32 ans. L'eau de Gerolsteiner, sponsor qui hébergera certains noms sulfureux dans les années 2000, fait apparemment des miracles. Elle transforme notamment en victoires la régularité exceptionnelle de Davide Rebellin, cycliste italien discret à cause d'une silhouette émaciée, presque fantomatique, et d'un goût presque démesuré pour les places d'honneur, conquises dans l'ombre de ses glorieux compatriotes.

Le mois d'avril 2004 est le théâtre d'une belle bataille d'éternels seconds. Également dans la forme de sa vie, le Néerlandais Michael Boogerd se voit bien vaincre sa malédiction sur son Amstel Gold Race, qu'il n'est plus parvenu à remporter depuis 1999, collectionnant les places d'honneur. Autour de Valkenburg, les routes sont parées de l'orange de la Rabobank, puissant sponsor du cyclisme néerlandais. Rouge comme une tulipe, Boogerd s'époumone pour décrocher la sangsue italienne qui suit la moindre de ses accélérations, même celles qui font craquer le grand Paolo Bettini. Sans résultat. En haut du Cauberg, c'est Rebellin qui finit par donner la leçon.

Davide Rebellin bat Michael Boogerd au sprint à Valkenburg., iStock
Davide Rebellin bat Michael Boogerd au sprint à Valkenburg. © iStock

Trois jours plus tard, les bosses néerlandaises laissent place à l'interminable mur de Huy. Autre Italien à l'histoire ébouillantée par les affaires, Danilo Di Luca dégaine très loin du sommet. Personne ne peut suivre. À part Rebellin, évidemment. Quand son compatriote se rapproche de l'arrivée et des barrières, Davide faufile sa mince carrure vers un succès historique. Personne n'avait jamais enchaîné l'Amstel et la Flèche Wallonne en levant les bras deux fois.

Davide Rebellin dompte Danilo Di Luca et le Mur de Huy., iStock
Davide Rebellin dompte Danilo Di Luca et le Mur de Huy. © iStock

La semaine folle prend fin à Liège. Rebellin laisse la lumière à Bettini, Boogerd et un étonnant Peter Van Petegem, qui s'échangent des regards provocateurs en haut de la Redoute. Le triplé en point de mire, il attend. Le bon moment, c'est la Côte de Saint-Nicolas, où Rebellin jaillit dans la roue de l'inusable Boogerd, accompagné d'un Alexandre Vinokourov ambitieux. Le Kazakh attaque deux fois sur les derniers pourcentages qui mènent à Ans, Boogerd fait le travail pour reconstituer le trio. Quand le Néerlandais attaque, il n'y a plus que Rebellin pour suivre. Les rêves orange sont crucifiés par les jambes de Rebellin, auteur d'un triplé historique.

Seul Philippe Gilbert, néo-pro qui a montré le bout de son dérailleur sur les routes de la Flèche quatre jours plus tôt, pourra rééditer l'exploit sept ans plus tard. Une imitation que Rebellin sera contraint de suivre à distance : suspendu pour un contrôle positif aux JO de Pékin, il ne retrouve la compétition qu'au bout du mois d'avril 2011.

On peut visiblement connaître le printemps de sa carrière à 32 ans. L'eau de Gerolsteiner, sponsor qui hébergera certains noms sulfureux dans les années 2000, fait apparemment des miracles. Elle transforme notamment en victoires la régularité exceptionnelle de Davide Rebellin, cycliste italien discret à cause d'une silhouette émaciée, presque fantomatique, et d'un goût presque démesuré pour les places d'honneur, conquises dans l'ombre de ses glorieux compatriotes.Le mois d'avril 2004 est le théâtre d'une belle bataille d'éternels seconds. Également dans la forme de sa vie, le Néerlandais Michael Boogerd se voit bien vaincre sa malédiction sur son Amstel Gold Race, qu'il n'est plus parvenu à remporter depuis 1999, collectionnant les places d'honneur. Autour de Valkenburg, les routes sont parées de l'orange de la Rabobank, puissant sponsor du cyclisme néerlandais. Rouge comme une tulipe, Boogerd s'époumone pour décrocher la sangsue italienne qui suit la moindre de ses accélérations, même celles qui font craquer le grand Paolo Bettini. Sans résultat. En haut du Cauberg, c'est Rebellin qui finit par donner la leçon.Trois jours plus tard, les bosses néerlandaises laissent place à l'interminable mur de Huy. Autre Italien à l'histoire ébouillantée par les affaires, Danilo Di Luca dégaine très loin du sommet. Personne ne peut suivre. À part Rebellin, évidemment. Quand son compatriote se rapproche de l'arrivée et des barrières, Davide faufile sa mince carrure vers un succès historique. Personne n'avait jamais enchaîné l'Amstel et la Flèche Wallonne en levant les bras deux fois.La semaine folle prend fin à Liège. Rebellin laisse la lumière à Bettini, Boogerd et un étonnant Peter Van Petegem, qui s'échangent des regards provocateurs en haut de la Redoute. Le triplé en point de mire, il attend. Le bon moment, c'est la Côte de Saint-Nicolas, où Rebellin jaillit dans la roue de l'inusable Boogerd, accompagné d'un Alexandre Vinokourov ambitieux. Le Kazakh attaque deux fois sur les derniers pourcentages qui mènent à Ans, Boogerd fait le travail pour reconstituer le trio. Quand le Néerlandais attaque, il n'y a plus que Rebellin pour suivre. Les rêves orange sont crucifiés par les jambes de Rebellin, auteur d'un triplé historique. Seul Philippe Gilbert, néo-pro qui a montré le bout de son dérailleur sur les routes de la Flèche quatre jours plus tôt, pourra rééditer l'exploit sept ans plus tard. Une imitation que Rebellin sera contraint de suivre à distance : suspendu pour un contrôle positif aux JO de Pékin, il ne retrouve la compétition qu'au bout du mois d'avril 2011.