Quatorze ans, c'est approximativement le temps qu'il faut pour renouveler totalement un peloton. Sur les 196 coureurs au départ de la Place Saint-Lambert pour la 92e édition de Liège-Bastogne-Liège, le 23 avril 2006, seuls sept sont encore en activité aujourd'hui : les Belges Serge Pauwels et Philippe Gilbert, le Néerlandais Pieter Weening, le Japonais Fumiyuki Beppu, l'Italien Vincenzo Nibali et, dans une moindre mesure, son compatriote Davide Rebellin, qui cachetonne dans de petites équipes continentales depuis quelques saisons déjà. Et bien sûr l'inévitable Alejandro Valverde.

À bientôt 26 ans, le Murcien n'est pas encore El Imbatido, mais il est déjà plus qu'un jeune aux dents longues. S'il n'en est alors qu'à sa cinquième saison professionnelle, Valverde s'est déjà forgé un joli palmarès qui comprend entre autres une troisième place à la Vuelta, assortie de deux étapes, une étape du Tour de France, et une médaille d'argent aux Mondiaux d'Hamilton, en 2003. Surtout, El Bala a triomphé quelques jours plus tôt au sommet du Mur de Huy, remportant ce qui n'est pas encore sa Flèche Wallonne, devant Samuel Sanchez et Karsten Kroon. Un succès qui le classe, de facto, au rang des favoris de la Doyenne.

Alejandro Valverde s'impose au sommet du Mur de Huy et remporte la Flèche Wallonne 2006., belga
Alejandro Valverde s'impose au sommet du Mur de Huy et remporte la Flèche Wallonne 2006. © belga

Pour entrer dans l'histoire

262 kilomètres et douze côtes sont au programme ce dimanche et, comme à l'habitude, une échappée se forme assez rapidement. Mais les 26 fuyards, parmi lesquels Christophe Brandt, Juan Antonio Flecha ou encore Jens Voigt, ne résistent pas à la fameuse trilogie Wanne-Stockeu-Haute Levée : seul Steffen Wesemann fait de la résistance, avant d'être repris à son tour, à cinquante bornes du but.

Si un jeune Philippe Gilbert, dans le maillot blanc de la Française des Jeux, met le nez à la fenêtre à l'approche de Remouchamps, il faut attendre la Redoute pour voir la première véritable accélération d'une grosse pointure. Mais l'effort de Damiano Cunego ne sert qu'à distancer les plus faibles. Au sommet, les meilleurs sont toujours groupés.

C'est finalement à 28 kilomètres de l'arrivée qu'une véritable échappée sérieuse prend forme quand Joaquim Rodriguez prend la roue de Michael Boogerd, qui a les jambes qui fourmillent. Le duo compte jusqu'à quarante secondes d'avance et en conserve vingt au pied de la Côte de Saint-Nicolas, la dernière du jour, mais ça ne suffit pas : au sommet, c'est le regroupement général. La victoire va donc se jouer dans la montée vers Ans, qu'aborde un groupe d'une grosse dizaine de coureurs. Une aubaine pour Valverde qui sait déjà faire parler son finish : le Murcien ne tremble pas et s'impose avec un vélo d'avance sur Paolo Bettini et Damiano Cunego, devenant par la même occasion le premier Espagnol à remporter Liège-Bastogne-Liège.

Première victoire à Liège-Bastogne-Liège pour Alejandro Valverde., belga
Première victoire à Liège-Bastogne-Liège pour Alejandro Valverde. © belga

Un sacre qui lui permet également de s'asseoir à la table des rares coureurs à avoir réussi le doublé Flèche Wallonne-Doyenne la même année, en compagnie notamment d'Eddy Merckx, Moreno Argentin et Davide Rebellin. Un exploit qu'il rééditera à deux reprises, en 2015 et 2017.

Aujourd'hui, celui qui aura 40 ans le 25 avril est au crépuscule de sa carrière et la longue interruption due au coronavirus ne fait certainement pas ses affaires. S'il avait prévu de s'arrêter fin 2021, Valverde envisage désormais de poursuivre au-delà. Dans tous les cas, au moment de raccrocher son vélo, l'Espagnol pourra jeter un regard satisfait sur son parcours : avec quatre Liège-Bastogne-Liège et cinq Flèches Wallonnes au compteur, il a durablement marqué les classiques ardennaises.

Le résumé de la course

Quatorze ans, c'est approximativement le temps qu'il faut pour renouveler totalement un peloton. Sur les 196 coureurs au départ de la Place Saint-Lambert pour la 92e édition de Liège-Bastogne-Liège, le 23 avril 2006, seuls sept sont encore en activité aujourd'hui : les Belges Serge Pauwels et Philippe Gilbert, le Néerlandais Pieter Weening, le Japonais Fumiyuki Beppu, l'Italien Vincenzo Nibali et, dans une moindre mesure, son compatriote Davide Rebellin, qui cachetonne dans de petites équipes continentales depuis quelques saisons déjà. Et bien sûr l'inévitable Alejandro Valverde. À bientôt 26 ans, le Murcien n'est pas encore El Imbatido, mais il est déjà plus qu'un jeune aux dents longues. S'il n'en est alors qu'à sa cinquième saison professionnelle, Valverde s'est déjà forgé un joli palmarès qui comprend entre autres une troisième place à la Vuelta, assortie de deux étapes, une étape du Tour de France, et une médaille d'argent aux Mondiaux d'Hamilton, en 2003. Surtout, El Bala a triomphé quelques jours plus tôt au sommet du Mur de Huy, remportant ce qui n'est pas encore sa Flèche Wallonne, devant Samuel Sanchez et Karsten Kroon. Un succès qui le classe, de facto, au rang des favoris de la Doyenne.262 kilomètres et douze côtes sont au programme ce dimanche et, comme à l'habitude, une échappée se forme assez rapidement. Mais les 26 fuyards, parmi lesquels Christophe Brandt, Juan Antonio Flecha ou encore Jens Voigt, ne résistent pas à la fameuse trilogie Wanne-Stockeu-Haute Levée : seul Steffen Wesemann fait de la résistance, avant d'être repris à son tour, à cinquante bornes du but. Si un jeune Philippe Gilbert, dans le maillot blanc de la Française des Jeux, met le nez à la fenêtre à l'approche de Remouchamps, il faut attendre la Redoute pour voir la première véritable accélération d'une grosse pointure. Mais l'effort de Damiano Cunego ne sert qu'à distancer les plus faibles. Au sommet, les meilleurs sont toujours groupés. C'est finalement à 28 kilomètres de l'arrivée qu'une véritable échappée sérieuse prend forme quand Joaquim Rodriguez prend la roue de Michael Boogerd, qui a les jambes qui fourmillent. Le duo compte jusqu'à quarante secondes d'avance et en conserve vingt au pied de la Côte de Saint-Nicolas, la dernière du jour, mais ça ne suffit pas : au sommet, c'est le regroupement général. La victoire va donc se jouer dans la montée vers Ans, qu'aborde un groupe d'une grosse dizaine de coureurs. Une aubaine pour Valverde qui sait déjà faire parler son finish : le Murcien ne tremble pas et s'impose avec un vélo d'avance sur Paolo Bettini et Damiano Cunego, devenant par la même occasion le premier Espagnol à remporter Liège-Bastogne-Liège.Un sacre qui lui permet également de s'asseoir à la table des rares coureurs à avoir réussi le doublé Flèche Wallonne-Doyenne la même année, en compagnie notamment d'Eddy Merckx, Moreno Argentin et Davide Rebellin. Un exploit qu'il rééditera à deux reprises, en 2015 et 2017. Aujourd'hui, celui qui aura 40 ans le 25 avril est au crépuscule de sa carrière et la longue interruption due au coronavirus ne fait certainement pas ses affaires. S'il avait prévu de s'arrêter fin 2021, Valverde envisage désormais de poursuivre au-delà. Dans tous les cas, au moment de raccrocher son vélo, l'Espagnol pourra jeter un regard satisfait sur son parcours : avec quatre Liège-Bastogne-Liège et cinq Flèches Wallonnes au compteur, il a durablement marqué les classiques ardennaises.Le résumé de la course