Discrétion : s'il y a bien un qualificatif qui colle à la peau de Steven Kruijswijk, c'est celui-là. Homme de l'ombre par excellence, le Néerlandais ne bénéficiera jamais de l'aura d'un Peter Sagan ou d'un Julian Alaphilippe. Rarement sous les projecteurs, le rouquin de Jumbo-Visma ne dispose pas non plus des aptitudes exceptionnelles d'un Egan Bernal ni des qualités de finisseur d'un Alejandro Valverde. Son truc à lui, c'est le travail, l'abnégation, ne jamais rien lâcher.

Débarqué dans le giron de Rabobank en 2007, le Batave y passe d'abord trois ans dans l'équipe continentale avant de se voir offrir un premier contrat pro, en 2010, à l'âge de 23 ans. Véritable équipier modèle durant ses premières saisons dans le peloton, Kruijswijk se sacrifie tant et plus pour ses leaders, principalement son pote Robert Gesink. Si l'équipe change de nom à plusieurs reprises, Rabobank devenant Jumbo-Visma après être passé par les dénominations Blanco, Belkin et LottoNL-Jumbo, celui que l'on surnomme le cintre reste fidèle à la formation néerlandaise et progresse peu à peu au sein de sa hiérarchie. Il faut dire que ses résultats parlent pour lui : un premier grand tour, le Giro, terminé à la 18e place en 2010, une 8e place, toujours sur les routes italiennes, la saison suivante et une première victoire lors de la 6e étape du Tour de Suisse qu'il termine sur le podium.

Une deuxième, et toujours dernière à ce jour, victoire à l'Arctic Race of Norway en 2014 et une 15e place au Tour la même année lui permettent même d'entamer le Giro 2015 dans la peau de leader. S'il n'y brille pas spécialement, sa 7e place finale lui permet toutefois d'entamer l'édition suivante avec le même statut. Constamment au contact des favoris initiaux que sont Valverde, Esteban Chaves, Vincenzo Nibali, Tom Dumoulin ou Mikel Landa, Kruijswijk limite bien les dégâts lors du premier contre-la-montre, et lors de l'une des étapes-reines, la 14e, il place une attaque à quelques kilomètres du sommet de l'ascension finale vers Valparola. Seul Chaves parvient à suivre son rythme et si le Colombien le bat finalement au sprint et empoche l'étape, Kruijswijk, lui, s'empare du maillot rose.

Steven Kruijswijk en rose. Le Giro 2016 lui semblait promis., belga
Steven Kruijswijk en rose. Le Giro 2016 lui semblait promis. © belga

Le lendemain, il passe à nouveau à un cheveu de la victoire lors d'un contre-la-montre en côte, battu d'un centième de seconde par Alexander Foliforov, mais il porte son avance sur ses plus proches poursuivants, Chaves et Nibali, à plus de deux minutes. Lors de l'étape suivante, il termine une nouvelle fois deuxième, battu au sprint par Valverde, mais il dispose désormais d'un matelas de trois minutes sur ses adversaires. S'il reste encore deux étapes escarpées, la victoire ne semble pas pouvoir lui échapper tant il s'est montré régulier, au contraire de ses rivaux. De plus, le Néerlandais dispose d'excellente capacité de récupération et a pour habitude de se montrer performant dans la troisième semaine des grands tours.

Au matin de la 19e étape, ce 27 mai 2016, le leader de l'équipe LottoNL-Jumbo a donc de quoi être confiant. Pourtant, rien ne va se passer comme prévu. Dans le brouillard de la descente du col d'Agnel, le maillot rose négocie mal un virage et chute de façon spectaculaire sur un mur de neige. S'il peut repartir, il perd finalement près de cinq minutes sur un Nibali ressuscité qui s'adjuge l'étape. Bilan de la chute : une côte fracturée et un recul à la troisième place, à une minute de Chaves, le nouveau leader. Handicapé par sa blessure, il ne peut lutter avec les meilleurs le lendemain lors de la dernière étape de montagne et tandis que Chaves craque et abandonne le maillot à Nibali, Kruijswijk saute du podium et termine à la quatrième place finale un Giro qu'il aurait dû remporter.

Si depuis, le Batave a encore signé quelques belles place d'honneur, avec comme point d'orgue sa troisième place au dernier Tour de France, plus jamais il n'est passé aussi près de la victoire dans un grand tour.

Discrétion : s'il y a bien un qualificatif qui colle à la peau de Steven Kruijswijk, c'est celui-là. Homme de l'ombre par excellence, le Néerlandais ne bénéficiera jamais de l'aura d'un Peter Sagan ou d'un Julian Alaphilippe. Rarement sous les projecteurs, le rouquin de Jumbo-Visma ne dispose pas non plus des aptitudes exceptionnelles d'un Egan Bernal ni des qualités de finisseur d'un Alejandro Valverde. Son truc à lui, c'est le travail, l'abnégation, ne jamais rien lâcher. Débarqué dans le giron de Rabobank en 2007, le Batave y passe d'abord trois ans dans l'équipe continentale avant de se voir offrir un premier contrat pro, en 2010, à l'âge de 23 ans. Véritable équipier modèle durant ses premières saisons dans le peloton, Kruijswijk se sacrifie tant et plus pour ses leaders, principalement son pote Robert Gesink. Si l'équipe change de nom à plusieurs reprises, Rabobank devenant Jumbo-Visma après être passé par les dénominations Blanco, Belkin et LottoNL-Jumbo, celui que l'on surnomme le cintre reste fidèle à la formation néerlandaise et progresse peu à peu au sein de sa hiérarchie. Il faut dire que ses résultats parlent pour lui : un premier grand tour, le Giro, terminé à la 18e place en 2010, une 8e place, toujours sur les routes italiennes, la saison suivante et une première victoire lors de la 6e étape du Tour de Suisse qu'il termine sur le podium. Une deuxième, et toujours dernière à ce jour, victoire à l'Arctic Race of Norway en 2014 et une 15e place au Tour la même année lui permettent même d'entamer le Giro 2015 dans la peau de leader. S'il n'y brille pas spécialement, sa 7e place finale lui permet toutefois d'entamer l'édition suivante avec le même statut. Constamment au contact des favoris initiaux que sont Valverde, Esteban Chaves, Vincenzo Nibali, Tom Dumoulin ou Mikel Landa, Kruijswijk limite bien les dégâts lors du premier contre-la-montre, et lors de l'une des étapes-reines, la 14e, il place une attaque à quelques kilomètres du sommet de l'ascension finale vers Valparola. Seul Chaves parvient à suivre son rythme et si le Colombien le bat finalement au sprint et empoche l'étape, Kruijswijk, lui, s'empare du maillot rose.Le lendemain, il passe à nouveau à un cheveu de la victoire lors d'un contre-la-montre en côte, battu d'un centième de seconde par Alexander Foliforov, mais il porte son avance sur ses plus proches poursuivants, Chaves et Nibali, à plus de deux minutes. Lors de l'étape suivante, il termine une nouvelle fois deuxième, battu au sprint par Valverde, mais il dispose désormais d'un matelas de trois minutes sur ses adversaires. S'il reste encore deux étapes escarpées, la victoire ne semble pas pouvoir lui échapper tant il s'est montré régulier, au contraire de ses rivaux. De plus, le Néerlandais dispose d'excellente capacité de récupération et a pour habitude de se montrer performant dans la troisième semaine des grands tours. Au matin de la 19e étape, ce 27 mai 2016, le leader de l'équipe LottoNL-Jumbo a donc de quoi être confiant. Pourtant, rien ne va se passer comme prévu. Dans le brouillard de la descente du col d'Agnel, le maillot rose négocie mal un virage et chute de façon spectaculaire sur un mur de neige. S'il peut repartir, il perd finalement près de cinq minutes sur un Nibali ressuscité qui s'adjuge l'étape. Bilan de la chute : une côte fracturée et un recul à la troisième place, à une minute de Chaves, le nouveau leader. Handicapé par sa blessure, il ne peut lutter avec les meilleurs le lendemain lors de la dernière étape de montagne et tandis que Chaves craque et abandonne le maillot à Nibali, Kruijswijk saute du podium et termine à la quatrième place finale un Giro qu'il aurait dû remporter. Si depuis, le Batave a encore signé quelques belles place d'honneur, avec comme point d'orgue sa troisième place au dernier Tour de France, plus jamais il n'est passé aussi près de la victoire dans un grand tour.