Double champion du monde et actuel sélectionneur de l'équipe d'Italie, Paolo Bettini estime que Philippe Gilbert est un des grands favoris du Mondial.

Vous pensez vraiment que Philippe Gilbert fait partie des grands favoris?

Je connais bien Gilbert, j'ai encore couru avec lui. Nous savons tous que sa saison n'a pas été brillante et lui seul peut dire pourquoi. Mais il a déjà démontré l'an dernier qu'il pouvait sauver sa saison en deux courses. A la Vuelta, il a retrouvé le bon coup de pédale. Le Gilbert de 2011, celui qui a gagné l'Amstel, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, peut arriver en solitaire à Florence. Le parcours lui convient. Le tout est de voir s'il tiendra la même forme qu'à l'époque ou qu'à Valkenburg l'an dernier. Mais s'il gagne à Florence, il aura à nouveau raison et il aura fait oublier tout le reste.

L'équipe belge ne compte que sept coureurs au lieu de neuf.

Si Gilbert a les mêmes jambes que lorsqu'il s'imposait où il le voulait, ce ne sont pas deux coureurs de plus ou de moins qui feront la différence. Dans le cas contraire, ça peut être un facteur important car il faut tout de même contrôler une course de près de sept heures.

Si un petit groupe arrive au sprint, Sagan mettra tout le monde d'accord.

Nous, les Italiens, nous devons durcir la course. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre les deux derniers tours car nous préparerions alors le terrain pour les autres: Cancellara et Sagan, en effet. Je ne dis pas que Sagan a des difficultés à se battre à 70 km de l'arrivée car il est capable de tout, y compris de garer son vélo sur le toit d'une voiture (il rit). Mais nous devons rendre la vie des autres difficiles afin que Vicenzo Nibali puisse faire le trou car, au sprint, ce sera difficile. Si Vincenzo parvient à faire la différence, cela voudra dire qu'il est meilleur que les autres. De plus, comme c'est un bon rouleur, il peut tenir le coup jusqu'à l'arrivée. S'il prend dix secondes au sommet de la Via Salviati, les autres ne le reverront plus.

Les Colombiens seront vos alliés.

Les Colombiens constitueront une attraction de ce championnat du monde. Avant, ils n'étaient que deux ou trois au départ. Dimanche, ils seront neuf, dont quatre coureurs importants: Nairo Quintana, Rigoberto Uran, Sergio Henao et Carlos Betancur. Comme ils doivent tous les quatre éviter une arrivée au sprint, ils durciront la course au maximum. Je ne pense pas qu'un Colombien sera champion du monde car ils n'ont pas beaucoup d'expérience dans les courses d'un jour mais il est évident que, sur ce parcours, il faudra se les farcir. Comme on dit en toscan, ils vont fare gran casino, foutre le bordel.

Par Benedict Vanclooster, envoyé spécial à Montecatini Terme

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Paolo Bettini dans votre Sport/Foot Magazine

Double champion du monde et actuel sélectionneur de l'équipe d'Italie, Paolo Bettini estime que Philippe Gilbert est un des grands favoris du Mondial.Vous pensez vraiment que Philippe Gilbert fait partie des grands favoris?Je connais bien Gilbert, j'ai encore couru avec lui. Nous savons tous que sa saison n'a pas été brillante et lui seul peut dire pourquoi. Mais il a déjà démontré l'an dernier qu'il pouvait sauver sa saison en deux courses. A la Vuelta, il a retrouvé le bon coup de pédale. Le Gilbert de 2011, celui qui a gagné l'Amstel, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, peut arriver en solitaire à Florence. Le parcours lui convient. Le tout est de voir s'il tiendra la même forme qu'à l'époque ou qu'à Valkenburg l'an dernier. Mais s'il gagne à Florence, il aura à nouveau raison et il aura fait oublier tout le reste.L'équipe belge ne compte que sept coureurs au lieu de neuf.Si Gilbert a les mêmes jambes que lorsqu'il s'imposait où il le voulait, ce ne sont pas deux coureurs de plus ou de moins qui feront la différence. Dans le cas contraire, ça peut être un facteur important car il faut tout de même contrôler une course de près de sept heures.Si un petit groupe arrive au sprint, Sagan mettra tout le monde d'accord.Nous, les Italiens, nous devons durcir la course. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre les deux derniers tours car nous préparerions alors le terrain pour les autres: Cancellara et Sagan, en effet. Je ne dis pas que Sagan a des difficultés à se battre à 70 km de l'arrivée car il est capable de tout, y compris de garer son vélo sur le toit d'une voiture (il rit). Mais nous devons rendre la vie des autres difficiles afin que Vicenzo Nibali puisse faire le trou car, au sprint, ce sera difficile. Si Vincenzo parvient à faire la différence, cela voudra dire qu'il est meilleur que les autres. De plus, comme c'est un bon rouleur, il peut tenir le coup jusqu'à l'arrivée. S'il prend dix secondes au sommet de la Via Salviati, les autres ne le reverront plus.Les Colombiens seront vos alliés.Les Colombiens constitueront une attraction de ce championnat du monde. Avant, ils n'étaient que deux ou trois au départ. Dimanche, ils seront neuf, dont quatre coureurs importants: Nairo Quintana, Rigoberto Uran, Sergio Henao et Carlos Betancur. Comme ils doivent tous les quatre éviter une arrivée au sprint, ils durciront la course au maximum. Je ne pense pas qu'un Colombien sera champion du monde car ils n'ont pas beaucoup d'expérience dans les courses d'un jour mais il est évident que, sur ce parcours, il faudra se les farcir. Comme on dit en toscan, ils vont fare gran casino, foutre le bordel.Par Benedict Vanclooster, envoyé spécial à Montecatini TermeRetrouvez l'intégralité de l'interview de Paolo Bettini dans votre Sport/Foot Magazine