Dans une déposition fleuve très claire et très posée, Jaksche, qui avait déjà avoué en 2007 avoir fait partie des clients d'Eufemiano Fuentes, a confirmé devant le tribunal que le sulfureux médecin canarien lui avait bien pratiqué des autotransfusions, mais aussi fourni "de l'EPO, des hormones de croissance, une hormone féminine avec une prescription falsifiée, et de la poudre pour éviter d'être contrôlé positif à l'EPO".

L'ex-coureur de Liberty Seguros, qui avait pris sa retraite peu de temps après que près de 200 poches de sang soient retrouvées en 2006 au domicile de Fuentes - a également été l'un des premiers à remettre en question le professionnalisme de Fuentes, que lui-même et les quatre autres accusés avaient abondamment mis en avant lors de leurs déclarations.

"Je ne me souviens pas qu'il y ait toujours eu un nom sur les poches de plasma que Fuentes me réinjectait et j'ai parfois eu peur qu'il ne mélange les propriétaires (...) Son appartement, où se faisait la plupart du temps les autotransfusions - dans mon cas une quinzaine - n'était pas des plus ordonnés", a expliqué Jaksche dont le témoignage pourrait mettre en difficultés un Fuentes accusé de "délit contre la santé publique".

Un mystérieux coureur "de premier plan"

L'ancien coureur allemand n'a ainsi pas hésité à dénoncer le négoce auquel le médecin canarien se livrait, citant les tarifs demandés par le praticien : 4.000 euros pour la réinjection d'une poche de sang sur le Tour, 7.000 les deux. Jaksche pour sa part a dit avoir versé 15.000 euros au total sur un compte de Fuentes de la banque HSBC à Genève.

En revanche, Jaksche s'est montré moins disert sur l'identité des autres sportifs impliqués dans l'affaire, assurant simplement savoir que d'autres coureurs de Liberty Seguros avaient eux aussi été clients de Fuentes. "Lors des compétitions, les autotransfusions étaient matérialisées par des petits cercles. Je me rappelle que lors d'une de nos entrevues, Fuentes m'avait montré la carte du Tour de France à venir, 2005 ou 2006, je ne sais plus. Eh bien, on ne pouvait plus voir la carte tant il y avait de petits cercles", s'est notamment souvenu Jaksche.

Il a aussi évoqué la présence d'un "coureur de premier plan, souhaitant gagner le Tour", arrivé fin 2005 dans la formation, et qui aurait selon lui fait partie des clients du docteur Fuentes, mais sans mentionner son identité. Le profil pourrait correspondre à un coureur comme le Kazakh Vinokourov, d'ailleurs condamné à un an de suspension pour une transfusion en 2007.

Basso déstabilisé

La comparution de l'Allemand, limpide et aux accents de sincérité, aura été diamétralement opposée à celle du cycliste italien Ivan Basso, qui a lui témoigné par vidéoconférence depuis Tenerife, où il se trouve en stage avec son équipe Cannondale.

Basso, sanctionné sportivement dans le cadre de l'affaire Puerto mais qui a toujours nié avoir utilisé les poches de sang trouvées à son nom, a notamment été déstabilisé par l'avocate de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Alors que l'Italien avait affirmé s'être mis d'accord avec le docteur Fuentes sur des autotransfusions "à l'automne 2005" et avoir à cette occasion choisi le nom de code censé identifier ses poches de sang --Birillo-- l'avocate de l'AMA l'a mis en difficulté en produisant un fax datant du 27 avril 2005, saisi chez Fuentes par la Guardia civile.

"Comment pouvez-vous expliquer que le nom Birillo apparaisse déjà sur un fax datant d'avril 2005 si vous affirmez avoir défini ce nom de code à l'automne 2005 avec Fuentes, en même temps que le plan complet des autotransfusions ?", lui a-t-elle demandé. Le cycliste n'a alors pas donné de réponse satisfaisante, invoquant le nombre d'années passées depuis le démantèlement du réseau en 2006 et sa mémoire défaillante.

La déposition de Basso a même parfois tourné à la farce quand sa traductrice a répondu aux questions du tribunal de Madrid à sa place. "J'ai gagné avant Puerto, mais aussi après Puerto. De mon point de vue, (ma collaboration avec Fuentes) a été une faiblesse pour réaliser mon rêve de gosse, gagner un jour le Tour de France. J'ai réalisé plus tard que je n'avais pas pris la bonne décision", a assuré Basso.

Le coureur a toutefois réitéré sa version des faits dont il n'a jamais démordu : "Trois extractions de sang ont eu lieu à l'automne 2005, mais jamais ce sang ne m'a été réinjecté. Mon intention était d'utiliser les poches de sang pour gagner le Tour 2006, mais comme le réseau a été démantelé en mai 2006, ça ne s'est jamais fait", a martelé l'Italien.

Par ailleurs, le coureur a dit avoir "toute confiance" dans le professionnalisme du docteurs Fuentes, poursuivi pour "délit contre la santé publique" et non pour aide au dopage.

Dans une déposition fleuve très claire et très posée, Jaksche, qui avait déjà avoué en 2007 avoir fait partie des clients d'Eufemiano Fuentes, a confirmé devant le tribunal que le sulfureux médecin canarien lui avait bien pratiqué des autotransfusions, mais aussi fourni "de l'EPO, des hormones de croissance, une hormone féminine avec une prescription falsifiée, et de la poudre pour éviter d'être contrôlé positif à l'EPO". L'ex-coureur de Liberty Seguros, qui avait pris sa retraite peu de temps après que près de 200 poches de sang soient retrouvées en 2006 au domicile de Fuentes - a également été l'un des premiers à remettre en question le professionnalisme de Fuentes, que lui-même et les quatre autres accusés avaient abondamment mis en avant lors de leurs déclarations. "Je ne me souviens pas qu'il y ait toujours eu un nom sur les poches de plasma que Fuentes me réinjectait et j'ai parfois eu peur qu'il ne mélange les propriétaires (...) Son appartement, où se faisait la plupart du temps les autotransfusions - dans mon cas une quinzaine - n'était pas des plus ordonnés", a expliqué Jaksche dont le témoignage pourrait mettre en difficultés un Fuentes accusé de "délit contre la santé publique". Un mystérieux coureur "de premier plan" L'ancien coureur allemand n'a ainsi pas hésité à dénoncer le négoce auquel le médecin canarien se livrait, citant les tarifs demandés par le praticien : 4.000 euros pour la réinjection d'une poche de sang sur le Tour, 7.000 les deux. Jaksche pour sa part a dit avoir versé 15.000 euros au total sur un compte de Fuentes de la banque HSBC à Genève. En revanche, Jaksche s'est montré moins disert sur l'identité des autres sportifs impliqués dans l'affaire, assurant simplement savoir que d'autres coureurs de Liberty Seguros avaient eux aussi été clients de Fuentes. "Lors des compétitions, les autotransfusions étaient matérialisées par des petits cercles. Je me rappelle que lors d'une de nos entrevues, Fuentes m'avait montré la carte du Tour de France à venir, 2005 ou 2006, je ne sais plus. Eh bien, on ne pouvait plus voir la carte tant il y avait de petits cercles", s'est notamment souvenu Jaksche. Il a aussi évoqué la présence d'un "coureur de premier plan, souhaitant gagner le Tour", arrivé fin 2005 dans la formation, et qui aurait selon lui fait partie des clients du docteur Fuentes, mais sans mentionner son identité. Le profil pourrait correspondre à un coureur comme le Kazakh Vinokourov, d'ailleurs condamné à un an de suspension pour une transfusion en 2007. Basso déstabilisé La comparution de l'Allemand, limpide et aux accents de sincérité, aura été diamétralement opposée à celle du cycliste italien Ivan Basso, qui a lui témoigné par vidéoconférence depuis Tenerife, où il se trouve en stage avec son équipe Cannondale. Basso, sanctionné sportivement dans le cadre de l'affaire Puerto mais qui a toujours nié avoir utilisé les poches de sang trouvées à son nom, a notamment été déstabilisé par l'avocate de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Alors que l'Italien avait affirmé s'être mis d'accord avec le docteur Fuentes sur des autotransfusions "à l'automne 2005" et avoir à cette occasion choisi le nom de code censé identifier ses poches de sang --Birillo-- l'avocate de l'AMA l'a mis en difficulté en produisant un fax datant du 27 avril 2005, saisi chez Fuentes par la Guardia civile. "Comment pouvez-vous expliquer que le nom Birillo apparaisse déjà sur un fax datant d'avril 2005 si vous affirmez avoir défini ce nom de code à l'automne 2005 avec Fuentes, en même temps que le plan complet des autotransfusions ?", lui a-t-elle demandé. Le cycliste n'a alors pas donné de réponse satisfaisante, invoquant le nombre d'années passées depuis le démantèlement du réseau en 2006 et sa mémoire défaillante. La déposition de Basso a même parfois tourné à la farce quand sa traductrice a répondu aux questions du tribunal de Madrid à sa place. "J'ai gagné avant Puerto, mais aussi après Puerto. De mon point de vue, (ma collaboration avec Fuentes) a été une faiblesse pour réaliser mon rêve de gosse, gagner un jour le Tour de France. J'ai réalisé plus tard que je n'avais pas pris la bonne décision", a assuré Basso. Le coureur a toutefois réitéré sa version des faits dont il n'a jamais démordu : "Trois extractions de sang ont eu lieu à l'automne 2005, mais jamais ce sang ne m'a été réinjecté. Mon intention était d'utiliser les poches de sang pour gagner le Tour 2006, mais comme le réseau a été démantelé en mai 2006, ça ne s'est jamais fait", a martelé l'Italien. Par ailleurs, le coureur a dit avoir "toute confiance" dans le professionnalisme du docteurs Fuentes, poursuivi pour "délit contre la santé publique" et non pour aide au dopage.