Très logiquement, il commence à rouler avec le club local, Balen BC, où Boonen a fait ses premiers tours de roues. Dans un premier temps, il faut lui trouver un vélo. Il est trop petit pour ce sport. Pas une question d'âge, mais de gabarit. Quand il a douze ans, c'est WilfriedPeeters, rien de moins, qui lui fournit sa première bécane. Peeters se souvient: "Je connaissais un magasin qui vendait des vélos de petite taille. Et je connaissais un peu le père Philipsen. Je suis allé moi-même porter ce vélo chez eux. C'est une famille très sympathique." Ce coureur est lui aussi originaire de la même région et il suit donc de près l'évolution de Jasper. Pourtant, celui-ci n'a jamais roulé pour l'équipe Quick Step. Difficile à comprendre. "Pour moi, il peut signer avec Quick Step", dit encore Peeters. "Mais je pense qu'il est bien où il est pour le moment."

Au début, les gens du Balen BC ne voient pas en Jasper Philipsen un talent extraordinaire. Il collectionne surtout les places d'honneur. Il apprend la maîtrise dans des cyclo-cross et, deux fois, il est champion du Limbourg en catégorie Aspirants. "Il avait du mal", se remémore PatrickLaenen, à l'époque directeur sportif du Balen BC. "Il ne finissait pas toutes les courses, mais son enthousiasme et son envie de gagner sautaient aux yeux. C'était un gars un peu spécial. Même à l'époque où, physiquement, il ne pouvait pas se battre contre les meilleurs, il imaginait des plans pour gagner. Et puis il était bon camarade, on aimait bien son humour. Avec lui, on rigolait tout le temps."

Jasper Disaster

Bien plus tard, dans l'équipe UAE Team Emirates, on le surnommera Jasper Disaster. Parce qu'il n'y a pas plus distrait que lui. Dans son bled, on se souvient de ses errements. "Son vélo était toujours à moitié en ordre, à moitié cassé. Un jour, quand on s'entraînait dans les Ardennes, il a commencé à prendre une vitesse dingue dans une grosse descente. Il a essayé de freiner avec ses pieds. Ses patins de freins étaient en fait complètement usés. On lui avait dit au moins cinq fois qu'il devait les remplacer d'urgence. Mais, au moins cinq fois, il avait oublié de faire le nécessaire."

Après avoir percé, Jasper Philipsen déclarera qu'il sera toujours reconnaissant aux responsables de son premier club de lui avoir appris à rouler tout en souplesse. "C'est évidemment la base", explique Patrick Laenen. "Ça n'a aucun sens de conseiller des grands développements aux jeunes coureurs. En moulinant, ils deviennent plus forts et plus rapides, sans nécessairement s'en rendre compte au moment même."

Puis, subitement, il y a ce petit miracle en terres limbourgeoises. Un coureur modeste, loin de dominer la concurrence, devient du jour au lendemain une machine à gagner. En 2014, alors qu'il est débutant deuxième année, Jasper Philipsen remporte quatorze courses. Il s'impose dans des sprints massifs, en contre-la-montre, sur des parcours accidentés, en solo aussi. Comme par enchantement, tout lui réussit. Il y ajoute le panache, en plus. Son plus beau fait d'armes, cette année-là, est la victoire finale dans une épreuve en Autriche, où il s'adjuge aussi trois étapes. Face aux meilleurs coureurs d'Europe. Marc Hirschi finit septième, Tadej Pogacar ne pointe qu'à la vingtième place. Personne ne trouve d'explication à cette éclosion soudaine.

"Ce n'était pas dû à une poussée subite de croissance, d'ailleurs il n'a pas atteint une grande taille entre-temps", analyse Patrick Laenen. "Simplement, il a commencé à rouler de façon plus intelligente, même si ce n'est pas la première explication pour moi. Jasper était un battant et il avait un objectif bien concret: devenir professionnel. Dans notre club, on cite encore régulièrement son cas en exemple. Ce n'est pas parce qu'on est moyen chez les jeunes qu'on ne peut pas devenir très bon chez les pros." Marc Lievers, qui préside son club de supporters, lâche une explication plus simple: "Il a tout fait au caractère. Il devait réussir, point à la ligne."

Lisez le reportage complet sur la jeunesse de Philipsen dans le Guide du Tour 2022 de Sport/Cyclisme Magazine ou dans notre Zone +.

Très logiquement, il commence à rouler avec le club local, Balen BC, où Boonen a fait ses premiers tours de roues. Dans un premier temps, il faut lui trouver un vélo. Il est trop petit pour ce sport. Pas une question d'âge, mais de gabarit. Quand il a douze ans, c'est WilfriedPeeters, rien de moins, qui lui fournit sa première bécane. Peeters se souvient: "Je connaissais un magasin qui vendait des vélos de petite taille. Et je connaissais un peu le père Philipsen. Je suis allé moi-même porter ce vélo chez eux. C'est une famille très sympathique." Ce coureur est lui aussi originaire de la même région et il suit donc de près l'évolution de Jasper. Pourtant, celui-ci n'a jamais roulé pour l'équipe Quick Step. Difficile à comprendre. "Pour moi, il peut signer avec Quick Step", dit encore Peeters. "Mais je pense qu'il est bien où il est pour le moment."Au début, les gens du Balen BC ne voient pas en Jasper Philipsen un talent extraordinaire. Il collectionne surtout les places d'honneur. Il apprend la maîtrise dans des cyclo-cross et, deux fois, il est champion du Limbourg en catégorie Aspirants. "Il avait du mal", se remémore PatrickLaenen, à l'époque directeur sportif du Balen BC. "Il ne finissait pas toutes les courses, mais son enthousiasme et son envie de gagner sautaient aux yeux. C'était un gars un peu spécial. Même à l'époque où, physiquement, il ne pouvait pas se battre contre les meilleurs, il imaginait des plans pour gagner. Et puis il était bon camarade, on aimait bien son humour. Avec lui, on rigolait tout le temps." Bien plus tard, dans l'équipe UAE Team Emirates, on le surnommera Jasper Disaster. Parce qu'il n'y a pas plus distrait que lui. Dans son bled, on se souvient de ses errements. "Son vélo était toujours à moitié en ordre, à moitié cassé. Un jour, quand on s'entraînait dans les Ardennes, il a commencé à prendre une vitesse dingue dans une grosse descente. Il a essayé de freiner avec ses pieds. Ses patins de freins étaient en fait complètement usés. On lui avait dit au moins cinq fois qu'il devait les remplacer d'urgence. Mais, au moins cinq fois, il avait oublié de faire le nécessaire." Après avoir percé, Jasper Philipsen déclarera qu'il sera toujours reconnaissant aux responsables de son premier club de lui avoir appris à rouler tout en souplesse. "C'est évidemment la base", explique Patrick Laenen. "Ça n'a aucun sens de conseiller des grands développements aux jeunes coureurs. En moulinant, ils deviennent plus forts et plus rapides, sans nécessairement s'en rendre compte au moment même." Puis, subitement, il y a ce petit miracle en terres limbourgeoises. Un coureur modeste, loin de dominer la concurrence, devient du jour au lendemain une machine à gagner. En 2014, alors qu'il est débutant deuxième année, Jasper Philipsen remporte quatorze courses. Il s'impose dans des sprints massifs, en contre-la-montre, sur des parcours accidentés, en solo aussi. Comme par enchantement, tout lui réussit. Il y ajoute le panache, en plus. Son plus beau fait d'armes, cette année-là, est la victoire finale dans une épreuve en Autriche, où il s'adjuge aussi trois étapes. Face aux meilleurs coureurs d'Europe. Marc Hirschi finit septième, Tadej Pogacar ne pointe qu'à la vingtième place. Personne ne trouve d'explication à cette éclosion soudaine. "Ce n'était pas dû à une poussée subite de croissance, d'ailleurs il n'a pas atteint une grande taille entre-temps", analyse Patrick Laenen. "Simplement, il a commencé à rouler de façon plus intelligente, même si ce n'est pas la première explication pour moi. Jasper était un battant et il avait un objectif bien concret: devenir professionnel. Dans notre club, on cite encore régulièrement son cas en exemple. Ce n'est pas parce qu'on est moyen chez les jeunes qu'on ne peut pas devenir très bon chez les pros." Marc Lievers, qui préside son club de supporters, lâche une explication plus simple: "Il a tout fait au caractère. Il devait réussir, point à la ligne." Lisez le reportage complet sur la jeunesse de Philipsen dans le Guide du Tour 2022 de Sport/Cyclisme Magazine ou dans notre Zone +.