Lille n'a plus été champion depuis 1954 et n'a plus remporté la Coupe de France depuis 1955. C'est dire si, à l'heure où les chances de réaliser un doublé historique sont réelles, l'on trépigne du côté de Villeneuve-d'Ascq. "C'est clair qu'on aspire à la médaille d'or dans les deux compétitions", confirme Jean-Michel Vandamme, le conseiller sportif du président Michel Seydoux. "Mais le plus important, c'est de terminer à l'une des deux premières places, ce qui nous assurerait d'une participation directe à la prochaine Ligue des Champions. C'est essentiel d'un point de vue économique. La C1, cela équivaut à une entrée de 20 millions."

Et on sait que le LOSC, qui attend l'inauguration du Grand Stade en 2012 avec impatience, a besoin de ces liquidités vu que les installations du Stadium Nord ne lui permettent pas de vivre sur le même pied que l'OM ou l'OL. La mésaventure de la saison dernière, lorsque Lille était deuxième au moment d'aborder la dernière journée de championnat, mais termina finalement quatrième après une défaite douloureuse à Lorient, est encore dans toutes les mémoires.

Vandamme n'était pas encore né lors des derniers trophées remportés par le LOSC. "J'ai vu le jour quatre ans plus tard, en 1959." Mais sa passion pour les Dogues n'allait jamais se démentir. Affilié au club en 1974, à l'âge de 15 ans, il y joua comme milieu de terrain offensif. Sa carrière active terminée, il devint entraîneur adjoint, notamment de Georges Heylens. Il y avait alors dans l'équipe, Erwin Vandenbergh et Filip Desmet, mais aussi des gens comme Bernard Lama, Jocelyn Angloma, les frères Pascal et Stéphane Plancke, Christophe Galtier, aujourd'hui entraîneur à Saint-Etienne, et... Rudi Garcia, l'actuel entraîneur du LOSC.

En 92-93, on lui confie la direction du centre de formation. "Jusque-là, la formation avait été bâclée à Lille. A commencer par le recrutement. Il s'effectua au départ dans la région du Nord-Pas de Calais, puis s'est étendu à la Belgique, aux autres régions de France et finalement à l'étranger. Aujourd'hui, on possède 20 recruteurs qui sillonnent le monde. On considère qu'il faut au moins cinq ans pour qu'un joueur reçoive une formation de base et dix ans pour qu'un centre de formation récolte ses premiers fruits. Aujourd'hui, 50% de l'effectif pro est issu du centre de formation. On a réalisé quelques beaux coups avec Emerson, Michel Bastos ou Fernando D'Amico. C'est la revente de ces joueurs-là qui nous a procuré l'argent nécessaire pour de nouveaux investissements."

"Si Chelsea propose 50 millions, le président réfléchira"

Parmi les joueurs recrutés au-delà de la frontière, il y a évidemment Eden Hazard. Vandamme se souvient encore du gamin de Braine-le-Comte qu'il a accueilli à 14 ans. Six ans plus tard, il a été à deux reprises Espoir de l'Année, il devrait postuler au titre de Joueur de l'Année. "S'il n'est pas élu, il n'en sera pas loin", estime Vandamme. "Eden est déjà l'un des joueurs de pointe du championnat de France et est appelé à le devenir dans le football européen. On oublie parfois qu'il vient à peine d'avoir 20 ans. Généralement, on n'atteint la maturité footballistique qu'à 25 ou 26 ans. Ce qu'il lui manque encore? Un peu de constance, de régularité dans les prestations."

Défensivement, on semble moins critique à son égard en France qu'en Belgique. "Parce qu'Eden s'implique. Il montre de la bonne volonté. Certes, il ne tacle pas pendant 90 minutes, mais il n'est pas rare qu'il redescende dans son propre camp pour venir récupérer un ballon. Et puis, il apporte tellement dans d'autres domaines du jeu. Et comme il n'est pas du genre à foutre le b... dans le vestiaire, on est très content de lui. Je ne veux pas polémiquer sur ses mésaventures avec les Diables Rouges. Je suis persuadé que Georges Leekens fait ce qu'il estime être le meilleur pour l'équipe et pour Eden lui-même. Je suis tout aussi persuadé qu'Eden ressortira plus fort de cette épreuve."

Combien de temps Hazard restera-t-il à Lille ? "Le plus longtemps possible", souhaite Vandamme. "On l'a fait resigner jusqu'en 2015. Maintenant, si Chelsea débarque et dépose un chèque de 50 millions sur la table, le président Seydoux réfléchira. Il n'y a pas de prix officiellement fixé, non. Il y a une base en-deçà de laquelle on n'acceptera pas de négocier. J'en connais la hauteur, mais je ne la dévoilerai pas. Ce n'est pas à nous à fixer le premier prix. Les clubs éventuellement intéressés doivent faire une offre, et à partir de là, on envisagera si on peut entamer les négociations ou pas."

50 Hazard dans les tribunes

En attendant, dans la famille Hazard, on se prépare à la fin de saison qui s'annonce excitante. "On a affrété un autocar de 50 places pour que la famille puisse se rendre au Stade de France, samedi", révèle Thierry Hazard, le père d'Eden. "D'autres personnes devraient même accompagner en voiture."

Eden a déjà joué au Stade de France. Lille a programmé, à deux reprises, son match de championnat contre Lyon dans la prestigieuse enceinte de Saint-Denis. "Mais, la première fois, Eden venait d'intégrer l'équipe Première et n'était monté au jeu qu'en fin de match." Cette saison, en Coupe de France, Eden a inscrit le premier but de la victoire 0-2 à Nice, en demi-finales, alors qu'il avait commencé la rencontre sur le banc. Il avait aussi inscrit le tir au but décisif en huitièmes de finale contre Nantes. C'est à peu près tout, car lors des premiers tours (notamment lors du derby contre Wasquehal), Rudi Garcia avait souvent aligné son équipe B.

"La finale s'annonce délicate", prédit Thierry. "On joue contre Paris, une bonne équipe en soi, et... à Paris, ce qui sera un avantage pour le PSG. Mais sur un match, tout est possible, c'est du 50/50. J'ai toujours dit à Eden qu'avant de quitter le LOSC, il devrait avoir marqué l'histoire du club."

Daniel Devos

Lille n'a plus été champion depuis 1954 et n'a plus remporté la Coupe de France depuis 1955. C'est dire si, à l'heure où les chances de réaliser un doublé historique sont réelles, l'on trépigne du côté de Villeneuve-d'Ascq. "C'est clair qu'on aspire à la médaille d'or dans les deux compétitions", confirme Jean-Michel Vandamme, le conseiller sportif du président Michel Seydoux. "Mais le plus important, c'est de terminer à l'une des deux premières places, ce qui nous assurerait d'une participation directe à la prochaine Ligue des Champions. C'est essentiel d'un point de vue économique. La C1, cela équivaut à une entrée de 20 millions." Et on sait que le LOSC, qui attend l'inauguration du Grand Stade en 2012 avec impatience, a besoin de ces liquidités vu que les installations du Stadium Nord ne lui permettent pas de vivre sur le même pied que l'OM ou l'OL. La mésaventure de la saison dernière, lorsque Lille était deuxième au moment d'aborder la dernière journée de championnat, mais termina finalement quatrième après une défaite douloureuse à Lorient, est encore dans toutes les mémoires. Vandamme n'était pas encore né lors des derniers trophées remportés par le LOSC. "J'ai vu le jour quatre ans plus tard, en 1959." Mais sa passion pour les Dogues n'allait jamais se démentir. Affilié au club en 1974, à l'âge de 15 ans, il y joua comme milieu de terrain offensif. Sa carrière active terminée, il devint entraîneur adjoint, notamment de Georges Heylens. Il y avait alors dans l'équipe, Erwin Vandenbergh et Filip Desmet, mais aussi des gens comme Bernard Lama, Jocelyn Angloma, les frères Pascal et Stéphane Plancke, Christophe Galtier, aujourd'hui entraîneur à Saint-Etienne, et... Rudi Garcia, l'actuel entraîneur du LOSC. En 92-93, on lui confie la direction du centre de formation. "Jusque-là, la formation avait été bâclée à Lille. A commencer par le recrutement. Il s'effectua au départ dans la région du Nord-Pas de Calais, puis s'est étendu à la Belgique, aux autres régions de France et finalement à l'étranger. Aujourd'hui, on possède 20 recruteurs qui sillonnent le monde. On considère qu'il faut au moins cinq ans pour qu'un joueur reçoive une formation de base et dix ans pour qu'un centre de formation récolte ses premiers fruits. Aujourd'hui, 50% de l'effectif pro est issu du centre de formation. On a réalisé quelques beaux coups avec Emerson, Michel Bastos ou Fernando D'Amico. C'est la revente de ces joueurs-là qui nous a procuré l'argent nécessaire pour de nouveaux investissements." "Si Chelsea propose 50 millions, le président réfléchira"Parmi les joueurs recrutés au-delà de la frontière, il y a évidemment Eden Hazard. Vandamme se souvient encore du gamin de Braine-le-Comte qu'il a accueilli à 14 ans. Six ans plus tard, il a été à deux reprises Espoir de l'Année, il devrait postuler au titre de Joueur de l'Année. "S'il n'est pas élu, il n'en sera pas loin", estime Vandamme. "Eden est déjà l'un des joueurs de pointe du championnat de France et est appelé à le devenir dans le football européen. On oublie parfois qu'il vient à peine d'avoir 20 ans. Généralement, on n'atteint la maturité footballistique qu'à 25 ou 26 ans. Ce qu'il lui manque encore? Un peu de constance, de régularité dans les prestations." Défensivement, on semble moins critique à son égard en France qu'en Belgique. "Parce qu'Eden s'implique. Il montre de la bonne volonté. Certes, il ne tacle pas pendant 90 minutes, mais il n'est pas rare qu'il redescende dans son propre camp pour venir récupérer un ballon. Et puis, il apporte tellement dans d'autres domaines du jeu. Et comme il n'est pas du genre à foutre le b... dans le vestiaire, on est très content de lui. Je ne veux pas polémiquer sur ses mésaventures avec les Diables Rouges. Je suis persuadé que Georges Leekens fait ce qu'il estime être le meilleur pour l'équipe et pour Eden lui-même. Je suis tout aussi persuadé qu'Eden ressortira plus fort de cette épreuve." Combien de temps Hazard restera-t-il à Lille ? "Le plus longtemps possible", souhaite Vandamme. "On l'a fait resigner jusqu'en 2015. Maintenant, si Chelsea débarque et dépose un chèque de 50 millions sur la table, le président Seydoux réfléchira. Il n'y a pas de prix officiellement fixé, non. Il y a une base en-deçà de laquelle on n'acceptera pas de négocier. J'en connais la hauteur, mais je ne la dévoilerai pas. Ce n'est pas à nous à fixer le premier prix. Les clubs éventuellement intéressés doivent faire une offre, et à partir de là, on envisagera si on peut entamer les négociations ou pas." 50 Hazard dans les tribunesEn attendant, dans la famille Hazard, on se prépare à la fin de saison qui s'annonce excitante. "On a affrété un autocar de 50 places pour que la famille puisse se rendre au Stade de France, samedi", révèle Thierry Hazard, le père d'Eden. "D'autres personnes devraient même accompagner en voiture." Eden a déjà joué au Stade de France. Lille a programmé, à deux reprises, son match de championnat contre Lyon dans la prestigieuse enceinte de Saint-Denis. "Mais, la première fois, Eden venait d'intégrer l'équipe Première et n'était monté au jeu qu'en fin de match." Cette saison, en Coupe de France, Eden a inscrit le premier but de la victoire 0-2 à Nice, en demi-finales, alors qu'il avait commencé la rencontre sur le banc. Il avait aussi inscrit le tir au but décisif en huitièmes de finale contre Nantes. C'est à peu près tout, car lors des premiers tours (notamment lors du derby contre Wasquehal), Rudi Garcia avait souvent aligné son équipe B. "La finale s'annonce délicate", prédit Thierry. "On joue contre Paris, une bonne équipe en soi, et... à Paris, ce qui sera un avantage pour le PSG. Mais sur un match, tout est possible, c'est du 50/50. J'ai toujours dit à Eden qu'avant de quitter le LOSC, il devrait avoir marqué l'histoire du club." Daniel Devos