L'Italie s'apprête à accueillir pour la troisième fois les Jeux Olympiques d'hiver. La candidature conjointe de Milan et Cortina d'Ampezzo a pris le dessus sur celle de Stockholm, sa dernière rivale. Cortina d'Ampezzo a déjà organisé les Jeux d'hiver en 1956 tandis qu'il y a 20 ans, ceux-ci ont eu lieu à Turin, ce qui a permis la rénovation du stade olympique, où la Juventus et Torino ont pris leur quartier. Mais depuis que la Juventus a construit le Juventus Stadium, seul Torino y joue.

C'était déjà la sixième fois que Cortina posait sa candidature tandis que Milan avait tenté sa chance deux fois avant celle-ci. La ville lombarde accueillera la cérémonie d'ouverture, le hockey sur glace, le patinage artistique et le short track. Les épreuves en plein air auront lieu à 400 km au nord-est, à Cortina d'Ampezzo, dans la région du Trentin-Haut-Adige. La cérémonie de clôture se déroulera à l'Arena de Vérone. Quant à la flamme olympique, on ne sait pas encore si elle sera allumée à Milan ou à Cortina.

La joie des Milanais a été quelque peu étouffée par un communiqué envoyé par les deux grands clubs de la ville, l'Inter et l'AC, quelques heures avant que le CIO fasse son choix. Les deux clubs y annonçaient leur volonté de construire une nouvelle enceinte à la place du vieux stade Giuseppe Meazza, du nom de l'ex-champion du monde qui a représenté les deux clubs. Le stade de San Siro (qui abrite les matches de l'AC depuis 1926 et ceux de l'Inter depuis 1947) a pris son nom en 1980. Il a été rénové pour la dernière fois avant la Coupe du monde 1990 mais, aujourd'hui, il n'offre plus le confort requis au plus haut niveau. De plus, il ne permet pas aux deux clubs de retirer davantage de revenus extra-sportifs. Ceux-ci veulent donc le démolir et reconstruire un tout nouveau stade un peu plus loin.

Cela ne plaît pas au bourgmestre de Milan, Giuseppe Sala. Quelques heures après la désignation de la ville pour les J.O., celui-ci a fait remarquer qu'il était hors de question de démolir le stade puisque le contrat prévoit que la cérémonie d'ouverture doit avoir lieu à San Siro. Donc, pendant sept ans, rien ne changera. A moins que les deux clubs ne parviennent à construire leur stade avant 2026.

Sala, qui a contribué à l'organisation de l'Exposition Universelle 2015 à Milan, est bien placé pour s'exprimer car le stade Giuseppe Meazza et le site sur lequel il est construit appartiennent à la ville. Il ne peut donc être démoli qu'avec l'autorisation de celle-ci et du bourgmestre. Et l'éventuel nouveau stade appartiendrait également à la ville, qui le concéderait aux deux clubs. Dans ce cas, l'Inter et l'AC doivent s'entendre sur la répartition des coûts de construction, estimés à 600 millions d'euros.

Les organisateurs, en tout cas, ne craignent pas une débâcle financière. Les J.O. d'hiver vont donner du travail à 22.000 personnes et le CIO va investir 844 millions dans l'organisation. Le budget total est de 1,3 milliard tandis que les recettes sont estimées à trois milliards.