Normalement, la messe sera dite le 2 décembre. On saura alors qui, de l'Angleterre, la Russie, ou Espagne-Portugal ou Pays-Bas-Belgique, organisera la Coupe du Monde 2018. On dit normalement, car certains, dont l'ancien président de la fédération allemande et proche de la FIFA, souhaiteraient repousser la date buttoir pour que la décision soit prise sans soupçon de corruption. Car en attendant le verdict, les affaires graves se succèdent et jettent le discrédit sur la FIFA.

Une enquête avec caméra cachée du Sunday Times (se faisant passer pour une agence de communication) révèle que des membres du comité exécutif de la fédération mondiale sont prêts en échange de pots-de-vins (2 millions d'euros en tout pour le représentant du Nigéria et de l'Océanie) ou de services de call-girls à offrir leur voix à l'un ou l'autre candidat. Les Etats-Unis dans ce cas-ci...

La fausse boîte de com (mais des vrais journalistes!) a été tuyautée involontairement par Michel Zen-Ruffinen, l'ancien secrétaire général de la FIFA: "Je suis scandalisé et je vais voir comment je peux prendre des mesures judiciaires". Le piégé a cependant bien confirmé avoir eu des rendez-vous à Genève: "Ces journalistes m'ont engagé comme consultant. Ils m'ont contacté début août en disant travailler avec l'agence de communication en charge de la candidature USA 2018-2022..." Zen-Ruffinen se serait vu proposer 236.000 euros en échange de contacts. Mais quels contacts?

Même si Zen-Ruffinen est un farouche ennemi de Sepp Blatter, président de la FIFA, cette affaire ne peut se comprendre par leur seule opposition. L'Angleterre et la Russie se bombardent pour le moment de reproches, d'accusations, etc. Est-ce que ces grenouillages et scandales peuvent faire le jeu de la Belgique et des Pays-Bas?

Alain Courtois: "C'est d'abord une catastrophe pour tout le football et cela aura forcément un impact sur la crédibilité de ce sport. Nous sommes au balcon, spectateurs de ces tragédies. Cela ne changera rien à notre méthode de travail. La Belgique et les Pays-Bas sont peut-être naïfs. Mais c'est aussi une bouffée d'air frais qui peut faire du bien. Ce type de scandales revient souvent à la une avant l'attribution des Jeux Olympiques ou de la Coupe du Monde. Il faut que cela cesse. On dénonce à juste titre le dopage des sportifs. Il convient de mener le même combat contre le dopage des dirigeants. Notre candidature est celle de l'ouverture, de la clarté, de l'écologie, de l'éthique. Et je crois que cela plaît. Le Premier ministre, Yves Leterme, et les Régions assument leurs missions et l'accueil est sympa partout."

Courtois se démarque des scandales. Tous les autres pays concernés par la Coupe du Monde sont impliqués dans ces accès de fièvre: l'Espagne et le Portugal auraient un accord avec le Qatar pour soutenir sa candidature en 2022! Notre naïveté est-il un gros atout alors qu'on apprend, aussi, que l'attribution de l'EURO 2012 au duo Pologne-Ukraine (à la surprise générale devant l'Italie) a peut-être été bricolée?

Pierre Bilic

Normalement, la messe sera dite le 2 décembre. On saura alors qui, de l'Angleterre, la Russie, ou Espagne-Portugal ou Pays-Bas-Belgique, organisera la Coupe du Monde 2018. On dit normalement, car certains, dont l'ancien président de la fédération allemande et proche de la FIFA, souhaiteraient repousser la date buttoir pour que la décision soit prise sans soupçon de corruption. Car en attendant le verdict, les affaires graves se succèdent et jettent le discrédit sur la FIFA. Une enquête avec caméra cachée du Sunday Times (se faisant passer pour une agence de communication) révèle que des membres du comité exécutif de la fédération mondiale sont prêts en échange de pots-de-vins (2 millions d'euros en tout pour le représentant du Nigéria et de l'Océanie) ou de services de call-girls à offrir leur voix à l'un ou l'autre candidat. Les Etats-Unis dans ce cas-ci... La fausse boîte de com (mais des vrais journalistes!) a été tuyautée involontairement par Michel Zen-Ruffinen, l'ancien secrétaire général de la FIFA: "Je suis scandalisé et je vais voir comment je peux prendre des mesures judiciaires". Le piégé a cependant bien confirmé avoir eu des rendez-vous à Genève: "Ces journalistes m'ont engagé comme consultant. Ils m'ont contacté début août en disant travailler avec l'agence de communication en charge de la candidature USA 2018-2022..." Zen-Ruffinen se serait vu proposer 236.000 euros en échange de contacts. Mais quels contacts? Même si Zen-Ruffinen est un farouche ennemi de Sepp Blatter, président de la FIFA, cette affaire ne peut se comprendre par leur seule opposition. L'Angleterre et la Russie se bombardent pour le moment de reproches, d'accusations, etc. Est-ce que ces grenouillages et scandales peuvent faire le jeu de la Belgique et des Pays-Bas?Alain Courtois: "C'est d'abord une catastrophe pour tout le football et cela aura forcément un impact sur la crédibilité de ce sport. Nous sommes au balcon, spectateurs de ces tragédies. Cela ne changera rien à notre méthode de travail. La Belgique et les Pays-Bas sont peut-être naïfs. Mais c'est aussi une bouffée d'air frais qui peut faire du bien. Ce type de scandales revient souvent à la une avant l'attribution des Jeux Olympiques ou de la Coupe du Monde. Il faut que cela cesse. On dénonce à juste titre le dopage des sportifs. Il convient de mener le même combat contre le dopage des dirigeants. Notre candidature est celle de l'ouverture, de la clarté, de l'écologie, de l'éthique. Et je crois que cela plaît. Le Premier ministre, Yves Leterme, et les Régions assument leurs missions et l'accueil est sympa partout."Courtois se démarque des scandales. Tous les autres pays concernés par la Coupe du Monde sont impliqués dans ces accès de fièvre: l'Espagne et le Portugal auraient un accord avec le Qatar pour soutenir sa candidature en 2022! Notre naïveté est-il un gros atout alors qu'on apprend, aussi, que l'attribution de l'EURO 2012 au duo Pologne-Ukraine (à la surprise générale devant l'Italie) a peut-être été bricolée? Pierre Bilic