Par John BAETE

Le week-end dernier, je me suis souvenu d'une interview de Dick Advocaat, datée de 2009. Il avouait devoir pleurer quand il entendait l'hymne national russe. Et ça ne datait pas de sa période au Zenit, mais de bien avant. Cela ne pouvait décidément pas marcher entre la Belgique et le Hollandais... En plus de son contrat, de la valeur des Diables Rouges et de la politique sportive de l'Union belge, même la Brabançonne n'était pas à la hauteur.

On peut imaginer la prise de tête de l'Union belge. Non seulement il faut vite trouver une pointure pour remplacer son T1, mais également une personnalité qui passe la rampe auprès des deux communautés du pays. Les noms qui tombèrent avaient tous des défauts. Marc Wilmots manque d'expérience, Michel Preud'homme est très impliqué dans son projet gantois, Eric Gerets est trop cher et Georges Leekens est trop vieux.

Cela dit, on sait parfaitement que toute précaution ou mise en garde est toujours balayée si les résultats ne suivent pas. Pas facile de choisir un entraîneur national. D'autant qu'outre le fait de parier sur le candidat à choisir, il faut dribbler l'éthique (alors qu'on doit la défendre) pour arracher un coach à un club, tenter de bétonner un contrat qui ne vaut finalement pas toujours très lourd et... choisir l'entraîneur fédéral qui passe auprès de tous les Belges.

Les quatre coaches précités ne pouvaient, objectivement, poser le moindre problème sur le plan linguistique. Mais il y eut tout de même des réactions et on a eu l'impression de repartir dans des débats glauques. Vilvorde n'est pas loin du siège de la Maison de verre. UB/BHV même combat? Avant, on aurait parlé d'escarmouches d'arrière-garde, mais depuis le splitsing, la raison d'Etat n'existe plus dans la fédé de foot.

La seule consolation est sans doute que l'Union belge est plus que jamais sous pression. Outre le flop Advocaat, il y a le fait que les play-offs ne remportent pas le succès escompté malgré tout l'optimisme de bon ton initial. Mais les comptes ne pourront être faits qu'en fin de saison. Personne, aujourd'hui, n'a les éléments pour affirmer sans risque de se tromper que les play-offs rendent le championnat de D1 plus mauvais qu'il ne l'était. L'impression que c'est raté existe, certes, mais attendons encore un peu le debriefing.

Car dans l'esprit, multiplier les rencontres permet aux équipes de devoir aller au bout d'elles-mêmes pour se départager. Mais ça ne marche que s'il existe quelque égalité dans la valeur sportive des clubs. Ici, avec le cavalier seul d'Anderlecht, tout était biaisé. Les Mauves n'ont eu aucun adversaire à leur hauteur. Même lors des lendemains de veille, ils ont fait joujou avec les Gantois, c'est dire.

Le Club de Bruges s'est écroulé au deuxième tour, le Standard n'a jamais existé et Genk ne se reprend qu'actuellement. Dans une phase classique, on aurait enregistré les mêmes phénomènes de déclin sportif et donc, la même désaffection du public. Dire que le football est un spectacle est une vérité qui ne tient la route que si le spectacle est bon. Quand il n'y a pas match, ça n'intéresse personne.

Ultime curiosité surréaliste: même si la crise couvait dans le gouvernement, il y a dix jours, au Sénat le 19 avril dernier, tous les ministres fédéraux en charge des matières touchant les sportifs ont étalé des propositions: le Premier ministre Yves Leterme, les Vice-Premiers Didier Reynders et Laurette Onkelinx, les ministres Annemie Turtelboom et Stefaan De Clerck. Les ministres des Sports André Antoine et Philippe Muyters étaient représentés par leur chef de cabinet.

Voici les propositions qui seront évaluées en octobre: structure interdisciplinaire permanente, soutien aux grands événements, tax shelter pour les infrastructures, réévaluation du statut des volontaires-accompagnateurs-entraîneurs, avantages sociaux pour les personnes pratiquant ou s'occupant de sport, lutte contre la fraude et aide à la construction de nouveaux stades.

Vu comme ça, on a l'impression qu'on prend, un peu, notre sport au sérieux par les temps qui courent. Ou pas?

Par John BAETELe week-end dernier, je me suis souvenu d'une interview de Dick Advocaat, datée de 2009. Il avouait devoir pleurer quand il entendait l'hymne national russe. Et ça ne datait pas de sa période au Zenit, mais de bien avant. Cela ne pouvait décidément pas marcher entre la Belgique et le Hollandais... En plus de son contrat, de la valeur des Diables Rouges et de la politique sportive de l'Union belge, même la Brabançonne n'était pas à la hauteur. On peut imaginer la prise de tête de l'Union belge. Non seulement il faut vite trouver une pointure pour remplacer son T1, mais également une personnalité qui passe la rampe auprès des deux communautés du pays. Les noms qui tombèrent avaient tous des défauts. Marc Wilmots manque d'expérience, Michel Preud'homme est très impliqué dans son projet gantois, Eric Gerets est trop cher et Georges Leekens est trop vieux. Cela dit, on sait parfaitement que toute précaution ou mise en garde est toujours balayée si les résultats ne suivent pas. Pas facile de choisir un entraîneur national. D'autant qu'outre le fait de parier sur le candidat à choisir, il faut dribbler l'éthique (alors qu'on doit la défendre) pour arracher un coach à un club, tenter de bétonner un contrat qui ne vaut finalement pas toujours très lourd et... choisir l'entraîneur fédéral qui passe auprès de tous les Belges. Les quatre coaches précités ne pouvaient, objectivement, poser le moindre problème sur le plan linguistique. Mais il y eut tout de même des réactions et on a eu l'impression de repartir dans des débats glauques. Vilvorde n'est pas loin du siège de la Maison de verre. UB/BHV même combat? Avant, on aurait parlé d'escarmouches d'arrière-garde, mais depuis le splitsing, la raison d'Etat n'existe plus dans la fédé de foot. La seule consolation est sans doute que l'Union belge est plus que jamais sous pression. Outre le flop Advocaat, il y a le fait que les play-offs ne remportent pas le succès escompté malgré tout l'optimisme de bon ton initial. Mais les comptes ne pourront être faits qu'en fin de saison. Personne, aujourd'hui, n'a les éléments pour affirmer sans risque de se tromper que les play-offs rendent le championnat de D1 plus mauvais qu'il ne l'était. L'impression que c'est raté existe, certes, mais attendons encore un peu le debriefing.Car dans l'esprit, multiplier les rencontres permet aux équipes de devoir aller au bout d'elles-mêmes pour se départager. Mais ça ne marche que s'il existe quelque égalité dans la valeur sportive des clubs. Ici, avec le cavalier seul d'Anderlecht, tout était biaisé. Les Mauves n'ont eu aucun adversaire à leur hauteur. Même lors des lendemains de veille, ils ont fait joujou avec les Gantois, c'est dire. Le Club de Bruges s'est écroulé au deuxième tour, le Standard n'a jamais existé et Genk ne se reprend qu'actuellement. Dans une phase classique, on aurait enregistré les mêmes phénomènes de déclin sportif et donc, la même désaffection du public. Dire que le football est un spectacle est une vérité qui ne tient la route que si le spectacle est bon. Quand il n'y a pas match, ça n'intéresse personne. Ultime curiosité surréaliste: même si la crise couvait dans le gouvernement, il y a dix jours, au Sénat le 19 avril dernier, tous les ministres fédéraux en charge des matières touchant les sportifs ont étalé des propositions: le Premier ministre Yves Leterme, les Vice-Premiers Didier Reynders et Laurette Onkelinx, les ministres Annemie Turtelboom et Stefaan De Clerck. Les ministres des Sports André Antoine et Philippe Muyters étaient représentés par leur chef de cabinet. Voici les propositions qui seront évaluées en octobre: structure interdisciplinaire permanente, soutien aux grands événements, tax shelter pour les infrastructures, réévaluation du statut des volontaires-accompagnateurs-entraîneurs, avantages sociaux pour les personnes pratiquant ou s'occupant de sport, lutte contre la fraude et aide à la construction de nouveaux stades. Vu comme ça, on a l'impression qu'on prend, un peu, notre sport au sérieux par les temps qui courent. Ou pas?