Dans un monde dépourvu de corona, des milliers d'athlètes et des millions d'amateurs de sport se seraient préparés à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, initialement prévue le vendredi 24 juillet 2020.

Le 24 mars, sous la pression des athlètes, des comités olympiques nationaux et des fédérations internationales, le CIO a pris une décision drastique: le report d'un an de la fête, jusqu'au 23 juillet 2021.

Le report de "l'événement sportif le plus complexe du monde", pour reprendre les mots de Thomas Bach, le président du CIO, est une opération de grande envergure. Il suscite beaucoup de questions auxquelles ni le CIO ni les organisateurs japonais ne sont actuellement en mesure d'apporter des réponses concrètes.

A quoi ressembleront les Jeux en ces temps de virus ?

En un mot, ils seront simplifiés. C'est le mantra du CIO et du TOCOG, le comité d'organisation japonais. Ils seront donc dépourvus de toute pompe et ne conserveraient que les "must haves". Avec un objectif : économiser le plus possible.

Comment ? Ce n'est pas encore clair. Plus de 200 mesures sont sur la table: des délégations nationales de plus petite taille, moins d'événements VIP et de tests, moins de dirigeants, des cérémonies d'ouverture et de clôture réduites, un parcours moins long de la flamme olympique... On passe le rabot partout, même si le CIO assure qu'il "ne touchera pas à l'essence de la compétition."

Combien coûte le report?

Pour l'instant, nul ne peut ou ne veut citer de chiffre. Avant l'épidémie, le budget officiel s'élevait à quelque onze milliards d'euros mais une fois tous les frais comptés -stade, transports-, la facture était montée à 23 milliards, partiellement financés par le comité d'organisation et le sponsoring mais surtout par le contribuable japonais. Le report des Jeux va encore faire monter la note.

Le Cio a déjà annoncé qu'il libérait 690 millions de dollars pour aider les fédérations sportives et les comités olympiques nationaux à couvrir les frais supplémentaires mais le TOCOG veut d'abord finaliser l'ensemble du report afin d'avoir une meilleure idée de la situation, en automne.

D'après les médias japonais, le coût est déjà de 2,4 milliards d'euros et l'économie du pays doit supporter un surplus de cinq milliards. Beaucoup de Nippons sont excédés, d'autant qu'ils sont de plus en plus sceptiques, compte tenu de la résurgence du virus. Les derniers sondages le montrent clairement : moins d'un quart de la population est encore en faveur de la tenue des Jeux en 2021. Un tiers a même voté pour leur annulation.

Toutefois, une annulation définitive serait catastrophique, certainement pour le Japon, qui supporterait la majeure partie de la facture. Le CIO est assuré contre une éventuelle annulation, grâce à une clause de force majeure. Le contrat host city passé avec Tokyo le protège aussi contre toute demande d'indemnités.

Quels sont les principaux problèmes posés par le report ?

La préparation des JO a duré sept ans mais leur report doit être organisé en quelques mois, au beau milieu de la pandémie.

Un des principaux problèmes? La logistique. Il faut bloquer toutes les installations un an de plus, des hôtels et des stades au centre de presse et aux halls de congrès en passant, surtout, par le village olympique. Il a fallu retarder d'un an la transformation de ce complexe de 5.000 appartements de luxe, la plupart déjà vendus. Il a fallu renégocier tous les contrats avec les propriétaires et les entreprises de construction. Pendant le congrès du CIO de la semaine passée, les organisateurs japonais et le CIO ont fièrement annoncé que les 42 venues sont assurées mais à quel prix ?

Autre souci: la prolongation des contrats de sponsoring avec les firmes japonaises, pour un montant de trois milliards d'euros. Une enquête a révélé que 65% de ces sociétés hésitaient à supporter des frais supplémentaires de sponsoring, compte tenu des problèmes économiques engendrés par la pandémie.

Mais le principal problème et la priorité numéro un du CIO, du gouvernement japonais et du comité d'organisation sont ailleurs: assurer la sécurité sanitaire de tous ceux qui assistent aux Jeux. Ces mesures sont en cours d'élaboration et devraient être divulguées cet automne avant d'être testées en début d'année.

Le TOCOG et le CIO insistent sur le fait que des Jeux sans public constituent la toute dernière option, le pire des scénarios. Pour l'ambiance des Jeux comme pour le budget. La vente des billets devrait en effet rapporter environ 700 millions d'euros.

Même une limite du nombre de spectateurs n'est "pas souhaitable", même si elle sera sans doute inévitable. Il est même possible que seuls les amateurs japonais de sport soient autorisés, si les restrictions des voyages sont maintenues pour plus de cent pays.

Autre point délicat du corona: le rassemblement de 80.000 volontaires et, surtout, le logement des 11.000 athlètes issus de 206 nations dans le village olympique, un foyer potentiel pour le virus.

Tous les ahtlètes devront peut-être être placés en quarantaine avant leur arrivée au Japon puis passer un minimum de temps à Tokyo, après avoir subi des tests approfondis, et repartir immédiatement après leur compétition.

L'objectif: créer des compétitions séparées, avec moins d'athlètes en même temps au village olympique.

Les Jeux pourront-ils avoir lieu en 2021?

Même les plus optimistes doivent admettre qu'on ne peut pas le garantir. Certains virologues l'excluent s'il n'y a pas encore de vaccin. D'autres experts pensent que c'est faisable mais en respectant des règles sanitaires très strictes.

Le comité d'organisation n'est pas unanime non plus. Cette semaine encore, le président Yoshiro Mori a déclaré que les JO ne pourraient se dérouler sans vaccin ni si la crise actuelle se prolongeait, même s'il s'est empressé d'ajouter qu'il ne le pensait pas.

Par contre, le CEO Toshiro Muto ne trouve pas qu'il faille un vaccin et juge que Tokyo 2021 pourrait servir de modèle pour les futurs grands événements, compte tenu de toutes les mesures sanitaires.

Une chose est sûre: si les JO 2021 ne peuvent avoir lieu, un nouveau report est exclu. Les organisateurs japonais, le premier ministre japonais Shinzo Abe et le CIO sont d'accord.

Le TOCOG affirme qu'il n'y a pas de deadline pour l'annulation définitive des Jeux mais la décision ne peut être prise après février ou mars 2021, d'autant qu'il faut encore disputer des tournois de qualification. Jusque-là, c'est wait and see pour tout le milieu sportif.

Dans un monde dépourvu de corona, des milliers d'athlètes et des millions d'amateurs de sport se seraient préparés à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, initialement prévue le vendredi 24 juillet 2020.Le 24 mars, sous la pression des athlètes, des comités olympiques nationaux et des fédérations internationales, le CIO a pris une décision drastique: le report d'un an de la fête, jusqu'au 23 juillet 2021. Le report de "l'événement sportif le plus complexe du monde", pour reprendre les mots de Thomas Bach, le président du CIO, est une opération de grande envergure. Il suscite beaucoup de questions auxquelles ni le CIO ni les organisateurs japonais ne sont actuellement en mesure d'apporter des réponses concrètes.A quoi ressembleront les Jeux en ces temps de virus ?En un mot, ils seront simplifiés. C'est le mantra du CIO et du TOCOG, le comité d'organisation japonais. Ils seront donc dépourvus de toute pompe et ne conserveraient que les "must haves". Avec un objectif : économiser le plus possible.Comment ? Ce n'est pas encore clair. Plus de 200 mesures sont sur la table: des délégations nationales de plus petite taille, moins d'événements VIP et de tests, moins de dirigeants, des cérémonies d'ouverture et de clôture réduites, un parcours moins long de la flamme olympique... On passe le rabot partout, même si le CIO assure qu'il "ne touchera pas à l'essence de la compétition."Combien coûte le report?Pour l'instant, nul ne peut ou ne veut citer de chiffre. Avant l'épidémie, le budget officiel s'élevait à quelque onze milliards d'euros mais une fois tous les frais comptés -stade, transports-, la facture était montée à 23 milliards, partiellement financés par le comité d'organisation et le sponsoring mais surtout par le contribuable japonais. Le report des Jeux va encore faire monter la note. Le Cio a déjà annoncé qu'il libérait 690 millions de dollars pour aider les fédérations sportives et les comités olympiques nationaux à couvrir les frais supplémentaires mais le TOCOG veut d'abord finaliser l'ensemble du report afin d'avoir une meilleure idée de la situation, en automne.D'après les médias japonais, le coût est déjà de 2,4 milliards d'euros et l'économie du pays doit supporter un surplus de cinq milliards. Beaucoup de Nippons sont excédés, d'autant qu'ils sont de plus en plus sceptiques, compte tenu de la résurgence du virus. Les derniers sondages le montrent clairement : moins d'un quart de la population est encore en faveur de la tenue des Jeux en 2021. Un tiers a même voté pour leur annulation.Toutefois, une annulation définitive serait catastrophique, certainement pour le Japon, qui supporterait la majeure partie de la facture. Le CIO est assuré contre une éventuelle annulation, grâce à une clause de force majeure. Le contrat host city passé avec Tokyo le protège aussi contre toute demande d'indemnités.Quels sont les principaux problèmes posés par le report ?La préparation des JO a duré sept ans mais leur report doit être organisé en quelques mois, au beau milieu de la pandémie.Un des principaux problèmes? La logistique. Il faut bloquer toutes les installations un an de plus, des hôtels et des stades au centre de presse et aux halls de congrès en passant, surtout, par le village olympique. Il a fallu retarder d'un an la transformation de ce complexe de 5.000 appartements de luxe, la plupart déjà vendus. Il a fallu renégocier tous les contrats avec les propriétaires et les entreprises de construction. Pendant le congrès du CIO de la semaine passée, les organisateurs japonais et le CIO ont fièrement annoncé que les 42 venues sont assurées mais à quel prix ? Autre souci: la prolongation des contrats de sponsoring avec les firmes japonaises, pour un montant de trois milliards d'euros. Une enquête a révélé que 65% de ces sociétés hésitaient à supporter des frais supplémentaires de sponsoring, compte tenu des problèmes économiques engendrés par la pandémie.Mais le principal problème et la priorité numéro un du CIO, du gouvernement japonais et du comité d'organisation sont ailleurs: assurer la sécurité sanitaire de tous ceux qui assistent aux Jeux. Ces mesures sont en cours d'élaboration et devraient être divulguées cet automne avant d'être testées en début d'année.Le TOCOG et le CIO insistent sur le fait que des Jeux sans public constituent la toute dernière option, le pire des scénarios. Pour l'ambiance des Jeux comme pour le budget. La vente des billets devrait en effet rapporter environ 700 millions d'euros. Même une limite du nombre de spectateurs n'est "pas souhaitable", même si elle sera sans doute inévitable. Il est même possible que seuls les amateurs japonais de sport soient autorisés, si les restrictions des voyages sont maintenues pour plus de cent pays.Autre point délicat du corona: le rassemblement de 80.000 volontaires et, surtout, le logement des 11.000 athlètes issus de 206 nations dans le village olympique, un foyer potentiel pour le virus. Tous les ahtlètes devront peut-être être placés en quarantaine avant leur arrivée au Japon puis passer un minimum de temps à Tokyo, après avoir subi des tests approfondis, et repartir immédiatement après leur compétition. L'objectif: créer des compétitions séparées, avec moins d'athlètes en même temps au village olympique.Les Jeux pourront-ils avoir lieu en 2021?Même les plus optimistes doivent admettre qu'on ne peut pas le garantir. Certains virologues l'excluent s'il n'y a pas encore de vaccin. D'autres experts pensent que c'est faisable mais en respectant des règles sanitaires très strictes.Le comité d'organisation n'est pas unanime non plus. Cette semaine encore, le président Yoshiro Mori a déclaré que les JO ne pourraient se dérouler sans vaccin ni si la crise actuelle se prolongeait, même s'il s'est empressé d'ajouter qu'il ne le pensait pas.Par contre, le CEO Toshiro Muto ne trouve pas qu'il faille un vaccin et juge que Tokyo 2021 pourrait servir de modèle pour les futurs grands événements, compte tenu de toutes les mesures sanitaires.Une chose est sûre: si les JO 2021 ne peuvent avoir lieu, un nouveau report est exclu. Les organisateurs japonais, le premier ministre japonais Shinzo Abe et le CIO sont d'accord.Le TOCOG affirme qu'il n'y a pas de deadline pour l'annulation définitive des Jeux mais la décision ne peut être prise après février ou mars 2021, d'autant qu'il faut encore disputer des tournois de qualification. Jusque-là, c'est wait and see pour tout le milieu sportif.