Il y a des sportifs qui sont bons dans tout ce qu'ils font et qui choisissent un sport dans lequel ils atteindront le haut niveau. Et puis il y en a qui décident de profiter de cette polyvalence pour concourir dans des épreuves combinées. Claire Michel fait partie de cette deuxième catégorie. Onzième mondiale en triathlon sur distance olympique, elle rêve aujourd'hui de confirmer ses bons résultats sur le circuit des World Series et, surtout, aux JO de Tokyo.
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Il y a des sportifs qui sont bons dans tout ce qu'ils font et qui choisissent un sport dans lequel ils atteindront le haut niveau. Et puis il y en a qui décident de profiter de cette polyvalence pour concourir dans des épreuves combinées. Claire Michel fait partie de cette deuxième catégorie. Onzième mondiale en triathlon sur distance olympique, elle rêve aujourd'hui de confirmer ses bons résultats sur le circuit des World Series et, surtout, aux JO de Tokyo. Les Jeux Olympiques, c'est une affaire de famille chez Claire Michel. "Ma mère, Colette Crabbé, a participé aux JO de Montréal de 1976, en natation. Quand j'ai appris ça, j'ai trouvé ça génial et j'ai directement eu le rêve d'y aller aussi", se remémore la triathlète. Mais ce rêve a bien failli se briser quand, victime d'une blessure au tibia, elle a vu ses chances de se qualifier pour Londres en 3.000 mètres steeple s'évaporer. Jusqu'à ce que le triathlon entre dans sa vie et que ce rêve olympique refasse surface. Qualifiée pour Rio à l'avant-dernière place du classement olympique, elle atteint enfin le Graal en 2016. "Avec le recul, je pense qu'on a un petit peu brûlé les étapes en voulant aller au Brésil. Je n'avais terminé mon premier triathlon qu'en septembre 2012 et acheté mon premier vélo en 2013, donc ça a été très vite. Je suis rapidement passée sur le circuit international et mes résultats n'étaient pas assez constants", juge-t-elle. Et malheureusement pour la Belge, ce manque de préparation s'est ressenti lors de la course brésilienne. Après une nage trop lente synonyme de mauvais départ, Claire Michel se fait doubler à un tour de la fin de la partie cycliste et se voit contrainte d'arrêter la course. "C'était la première fois que ça m'arrivait. J'étais très choquée et déçue de moi-même, je ne comprenais pas trop pourquoi j'avais si mal nagé. Suite à ça, mon entraîneur m'a virée, ce qui a été très dur à digérer aussi. Mais ça m'a permis de revoir ma manière de m'entraîner", se souvient la triathlète. Et ça n'a pas entaché son amour pour le mouvement olympique, bien au contraire. Elle décide alors de tout faire pour revenir quatre ans plus tard et laver l'affront carioca. Pour mieux performer, elle choisit de s'entourer et d'intégrer un groupe, le Triathlon's Squad, emmené par l'entraîneur portugais Paulo Sousa. Dans cette bande, une dizaine d'athlètes de haut niveau visant le top mondial. "On vise toutes les JO et ça crée réellement une émulation entre nous. Ça me permet de m'améliorer pour réaliser cette fois une bonne performance à Tokyo parce que les Jeux me passionnent toujours autant", confie-t-elle. Près de cinq ans après, la voici aux portes de sa deuxième olympiade. Et cette fois, elle s'y rendra avec un tout autre statut. Douzième au ranking olympique, elle fera partie des candidates à un top 10, voire mieux en fonction de la forme du jour. Et au vu des circonstances particulières de l'édition japonaise, elle pourrait bien tirer son épingle du jeu. Pourtant, les Jeux Olympiques de Tokyo de Claire Michel ont bien failli tourner à la catastrophe. Victime d'une fracture en sept fragments de la rotule gauche en novembre 2019 suite à une chute à vélo durant ses vacances, la triathlète était engagée dans un véritable contre-la-montre en vue de l'été 2020. "J'aurai pu y participer, mais je n'aurais certainement pas été à 100% de mes capacités", pense-t-elle. "C'est pour ça que j'ai été soulagée quand tout a été reporté. C'était une chance dans ma malchance. J'ai passé trois mois dans une attelle complète et perdu énormément en termes de muscles et de mobilité. Le report m'a permis de travailler tranquillement sur ma revalidation sans forcer les choses". Être à Tokyo sans pouvoir défendre ses chances à fond, cela aurait été un véritable crève-coeur pour cette compétitrice née. Et en 2021, sauf contretemps inattendu, elle pourra enfin faire étaler ses qualités sur la plus grande scène internationale. Au Japon, elle visera le top 16 en individuel, au minimum, dans ce qui sera une course très particulière, surtout au vu des conditions climatiques. Les triathlètes en ont d'ailleurs eu un avant-goût lors d'un test event en été 2019. "Avant le test event, on avait fait pas mal de préparation pour la chaleur, mais ce n'était tout de même pas suffisant. L'eau est à 32 degrés et l'humidité dans l'air est très élevée, donc il est très difficile de se refroidir. Nous avions pris des pilules que l'on avale et qui calculent notre température corporelle tout au long de la course. En sortant de l'eau, j'avais 41 degrés de fièvre tellement l'eau était chaude. Tout cela va créer des surprises et il y aura des places à prendre", raconte Claire. Bains chauds, saunas, nage dans une eau chauffée, course dans des salles à haute température, tout devra être mis en place pour préparer le corps à ces conditions extrêmes. Le relais avec Valérie Barthelemy, Jelle Geens et Maarten Van Riel constituera également un objectif majeur dans la capitale nippone. Cette fois, un top 8 est raisonnablement envisageable même si "un top 5 est vraiment jouable", selon Claire. Classés respectivement quarantième, treizième et sixième mondiaux, les trois autres membres du relais ont également bien progressé depuis Rio. De quoi ouvrir des perspectives de médaille pour la délégation belge. "Le relais, c'est très dynamique et spectaculaire pour le public. Nous aussi on aime beaucoup ça. Si on est tous les quatre en bonne santé, on peut faire de très belles choses. On frôle toujours le podium dans les grandes compétitions, donc c'est possible", rappelle la Bruxelloise de 32 ans. Avec ce double objectif en tête, Claire Michel sait en tout cas à quoi sera consacré son été. Bien installée dans le top mondial, elle espère faire parler ses qualités et oublier la désillusion de Rio. Pour, enfin, conclure sa romance avec les Jeux Olympiques.