L'incertitude est enfin gommée. Après le Championnat d'Europe de football, les Jeux Olympiques de Tokyo n'auront également pas lieu cet été en raison de l'épidémie du coronavirus. Et même pas en 2020. Le plus grand événement sportif de la planète a été reporté à l'an prochain. Qu'est-ce que cela implique pour les différents athlètes ? Et par exemple pour les hockeyeurs belges. Après leur titre de Champion du monde en décembre 2018 en Inde et leur triomphe au Championnat d'Europe à Anvers en août dernier, les Red Lions faisaient partie des grands favoris pour la médaille d'or au Japon.

"C'est sans doute la décision la plus sage, mais c'est sûr que pour nous, elle tombe plutôt mal", a confié Tom Boom, le centre-avant de l'équipe, à Sport/Footmagazine. "Nous étions vraiment arrivés à maturité. Nous avions remporté la Coupe du Monde et le Championnat d'Europe. Nous sommes premiers au classement FIH et en tête de la Pro League. Nous étions considérés par beaucoup d'autres nations comme l'équipe à battre. Pour nous, dès lors, c'est dommage, car je crois que nous n'avons jamais été aussi forts qu'aujourd'hui. Maintenant, dans le sport, le tout c'est de gérer au mieux les aléas, de rebondir et de mettre l'année qui vient à profit pour être encore plus forts."

"L'impression qu'on reporta ma session d'examen"

Tanguy Cosyns, un autre attaquant des Red Lions, qui tente de reconquérir sa place après avoir fait partie de l'équipe médaillée d'argent aux Jeux de Rio en 2016, était également déçu. "Sentiment bizarre après l'annonce du report des JO pour 2021...", s'est ainsi exprimé sur son compte Twitter le Bruxellois, 28 ans, qui évolue à Amsterdam. "J'ai l'impression que l'on reporte ma session d'examens et donc que j'aurai plus de temps pour étudier mais ça me saoule d'avoir plus de temps."

C'est vrai que l'annonce faite ce mardi par le CIO va entraîner pas mal de changements dans le planning des athlètes et des fédérations. Et si Tom Boon assure que pour lui personnellement, le fait de devoir patienter un an de plus avant de se produire à Tokyo ne devrait pas avoir trop d'incidence, la donne pour certains de ses coéquipiers pourrait être un peu différente.

"Je viens d'avoir 30 ans et je me sens encore très bien", poursuit l'attaquant du Léopold. "J'envisage d'ailleurs de jouer jusqu'aux Jeux de 2024 à Paris. Mais il est clair que cette situation va changer les plans de certains, surtout parmi les plus âgés du groupe. Il y en a qui désiraient faire une pause, d'autres qui voulaient arrêter et passer à autre chose. Je ne peux pas parler en leur nom, mais pour eux, un an de plus, cela peut avoir un impact. Plus on avance en âge, plus on devient sujet à des blessures. Et plus elles mettent plus de temps à guérir. Je l'ai encore constaté avec ma cheville, récemment. À 22 ans, cela aurait pris trois semaines. Ici, cela en a pris huit", sourit-il. "Nous allions également changer de coach (NdlR : Shane McLeod a annoncé qu'il arrêtait) après les Jeux. Bref, tout cela n'arrive pas au bon moment."

"Ce sera surtout un défi mental"

John-John Dohmen, l'ancien capitaine des Red Lions, est justement dans ce cas. Avec ses 32 ans, le milieu de terrain du Waterloo Ducks, fait partie des anciens de l'équipe, au même titre que Thomas Briels et Cédric Charlier. Et il était justement l'un de ceux qui avaient prévu de mettre sa carrière internationale sur pause après les Jeux à Tokyo pour se lancer dans une nouvelle aventure au sein du club de l'Orée.

"Je vais devoir continuer à m'entraîner un an de plus. Je n'ai pas trop le choix", a-t-il souri. "Heureusement, cela ne changera pas grand-chose pour mon nouveau projet avec l'Orée. Il faudra simplement adapter en fonction des circonstances. En fait, je pense que ce sera surtout un défi mental. C'est la raison pour laquelle, j'espère qu'avec les Red Lions, nous allons désormais bénéficier d'un peu de répit. Sans quoi, cela risque de faire très long. Nous sommes déjà occupés depuis six mois. Et même si nous sommes actuellement confinés, le programme physique que nous avons reçu n'était pas piqué des vers. C'était logique, mais vu que les Jeux auront désormais lieu dans un an et demi, j'espère que l'on reverra les choses. Et que l'on pourra vite se reconcentrer sur le championnat. J'ai entendu qu'il pourrait avoir lieu au mois de juin. Ce serait une bonne bouffée d'air frais."

Sans oublier, qu'en sport, la vérité d'un jour n'est pas toujours celle du lendemain. Les choses peuvent parfois changer très vite. Que dire alors en un an ? C'est peut-être ce qui tracasse le plus les Red Lions, qui considèrent que cette année supplémentaire pourrait davantage profiter à leurs concurrents. L'Inde, par exemple, qui a trusté tous les titres ou presque jusqu'en 1980, possède énormément de moyens et a fait forte impression en Pro League, battant notamment les Pays-Bas et les Belges.

"Toujours favoris"

"Je pense que nous serons toujours favoris", a poursuivi le Brabançon, élu FIH Player of the Year en 2016, à Sport/Footmagazine. "Mais, effectivement, cela laisse la porte ouverte pour les autres. En ce qui nous concerne, c'est donc un petit désavantage. Parmi les nations qui pourraient en profiter, je pense principalement aux Pays-Bas. À l'Inde aussi. Les Indiens sont devenus super forts. Et ils ont une équipe jeune également. Nous, nous sommes une vieille équipe", sourit-il. "Même l'Australie a rajeuni ses cadres. En fait, c'est tout bénéfice pour tous nos adversaires. Pays-Bas, Australie, Inde, Allemagne... Bref, il va nous falloir être encore plus forts en 2021."

Au-delà de ça, il y a toutefois une chose sur laquelle tout le monde s'accordait. Red Lions ou pas. Vu la situation actuelle, avec la majorité des pays du monde en lock-down et des gens qui décèdent par centaines tous les jours, le CIO a pris la décision qui s'imposait en reportant les Jeux Olympiques en 2021.

"Nous avons appris comme tout le monde que les Jeux étaient malheureusement reportés" a ainsi glissé dans une courte vidéo Thomas Briels, le capitaine, dans une courte vidéo. "Je pense également qu'il s'agit d'une bonne décision. La santé est plus importante que le sport. Nous gardons en tout cas le moral et restons motivés pour aller chercher cette médaille d'or en 2021", a-t-il ajouté. Tom Boon corroborait ces propos. "Les Jeux, c'est également une fête. L'objectif est qu'un maximum de monde puisse effectuer le voyage au Japon dans de bonnes conditions et en profiter. Le report était dès lors logique. Nous avons la chance d'avoir un excellent programme mis en place par le COIB et par l'ARBH. À nous désormais, de ne pas nous laisser aller et de tout mettre en oeuvre pour aller chercher cette médaille d'or en 2021. Il n'y a pas d'autre choix...", conclut-il.

L'incertitude est enfin gommée. Après le Championnat d'Europe de football, les Jeux Olympiques de Tokyo n'auront également pas lieu cet été en raison de l'épidémie du coronavirus. Et même pas en 2020. Le plus grand événement sportif de la planète a été reporté à l'an prochain. Qu'est-ce que cela implique pour les différents athlètes ? Et par exemple pour les hockeyeurs belges. Après leur titre de Champion du monde en décembre 2018 en Inde et leur triomphe au Championnat d'Europe à Anvers en août dernier, les Red Lions faisaient partie des grands favoris pour la médaille d'or au Japon."C'est sans doute la décision la plus sage, mais c'est sûr que pour nous, elle tombe plutôt mal", a confié Tom Boom, le centre-avant de l'équipe, à Sport/Footmagazine. "Nous étions vraiment arrivés à maturité. Nous avions remporté la Coupe du Monde et le Championnat d'Europe. Nous sommes premiers au classement FIH et en tête de la Pro League. Nous étions considérés par beaucoup d'autres nations comme l'équipe à battre. Pour nous, dès lors, c'est dommage, car je crois que nous n'avons jamais été aussi forts qu'aujourd'hui. Maintenant, dans le sport, le tout c'est de gérer au mieux les aléas, de rebondir et de mettre l'année qui vient à profit pour être encore plus forts."Tanguy Cosyns, un autre attaquant des Red Lions, qui tente de reconquérir sa place après avoir fait partie de l'équipe médaillée d'argent aux Jeux de Rio en 2016, était également déçu. "Sentiment bizarre après l'annonce du report des JO pour 2021...", s'est ainsi exprimé sur son compte Twitter le Bruxellois, 28 ans, qui évolue à Amsterdam. "J'ai l'impression que l'on reporte ma session d'examens et donc que j'aurai plus de temps pour étudier mais ça me saoule d'avoir plus de temps."C'est vrai que l'annonce faite ce mardi par le CIO va entraîner pas mal de changements dans le planning des athlètes et des fédérations. Et si Tom Boon assure que pour lui personnellement, le fait de devoir patienter un an de plus avant de se produire à Tokyo ne devrait pas avoir trop d'incidence, la donne pour certains de ses coéquipiers pourrait être un peu différente."Je viens d'avoir 30 ans et je me sens encore très bien", poursuit l'attaquant du Léopold. "J'envisage d'ailleurs de jouer jusqu'aux Jeux de 2024 à Paris. Mais il est clair que cette situation va changer les plans de certains, surtout parmi les plus âgés du groupe. Il y en a qui désiraient faire une pause, d'autres qui voulaient arrêter et passer à autre chose. Je ne peux pas parler en leur nom, mais pour eux, un an de plus, cela peut avoir un impact. Plus on avance en âge, plus on devient sujet à des blessures. Et plus elles mettent plus de temps à guérir. Je l'ai encore constaté avec ma cheville, récemment. À 22 ans, cela aurait pris trois semaines. Ici, cela en a pris huit", sourit-il. "Nous allions également changer de coach (NdlR : Shane McLeod a annoncé qu'il arrêtait) après les Jeux. Bref, tout cela n'arrive pas au bon moment.""Ce sera surtout un défi mental"John-John Dohmen, l'ancien capitaine des Red Lions, est justement dans ce cas. Avec ses 32 ans, le milieu de terrain du Waterloo Ducks, fait partie des anciens de l'équipe, au même titre que Thomas Briels et Cédric Charlier. Et il était justement l'un de ceux qui avaient prévu de mettre sa carrière internationale sur pause après les Jeux à Tokyo pour se lancer dans une nouvelle aventure au sein du club de l'Orée."Je vais devoir continuer à m'entraîner un an de plus. Je n'ai pas trop le choix", a-t-il souri. "Heureusement, cela ne changera pas grand-chose pour mon nouveau projet avec l'Orée. Il faudra simplement adapter en fonction des circonstances. En fait, je pense que ce sera surtout un défi mental. C'est la raison pour laquelle, j'espère qu'avec les Red Lions, nous allons désormais bénéficier d'un peu de répit. Sans quoi, cela risque de faire très long. Nous sommes déjà occupés depuis six mois. Et même si nous sommes actuellement confinés, le programme physique que nous avons reçu n'était pas piqué des vers. C'était logique, mais vu que les Jeux auront désormais lieu dans un an et demi, j'espère que l'on reverra les choses. Et que l'on pourra vite se reconcentrer sur le championnat. J'ai entendu qu'il pourrait avoir lieu au mois de juin. Ce serait une bonne bouffée d'air frais."Sans oublier, qu'en sport, la vérité d'un jour n'est pas toujours celle du lendemain. Les choses peuvent parfois changer très vite. Que dire alors en un an ? C'est peut-être ce qui tracasse le plus les Red Lions, qui considèrent que cette année supplémentaire pourrait davantage profiter à leurs concurrents. L'Inde, par exemple, qui a trusté tous les titres ou presque jusqu'en 1980, possède énormément de moyens et a fait forte impression en Pro League, battant notamment les Pays-Bas et les Belges."Je pense que nous serons toujours favoris", a poursuivi le Brabançon, élu FIH Player of the Year en 2016, à Sport/Footmagazine. "Mais, effectivement, cela laisse la porte ouverte pour les autres. En ce qui nous concerne, c'est donc un petit désavantage. Parmi les nations qui pourraient en profiter, je pense principalement aux Pays-Bas. À l'Inde aussi. Les Indiens sont devenus super forts. Et ils ont une équipe jeune également. Nous, nous sommes une vieille équipe", sourit-il. "Même l'Australie a rajeuni ses cadres. En fait, c'est tout bénéfice pour tous nos adversaires. Pays-Bas, Australie, Inde, Allemagne... Bref, il va nous falloir être encore plus forts en 2021."Au-delà de ça, il y a toutefois une chose sur laquelle tout le monde s'accordait. Red Lions ou pas. Vu la situation actuelle, avec la majorité des pays du monde en lock-down et des gens qui décèdent par centaines tous les jours, le CIO a pris la décision qui s'imposait en reportant les Jeux Olympiques en 2021."Nous avons appris comme tout le monde que les Jeux étaient malheureusement reportés" a ainsi glissé dans une courte vidéo Thomas Briels, le capitaine, dans une courte vidéo. "Je pense également qu'il s'agit d'une bonne décision. La santé est plus importante que le sport. Nous gardons en tout cas le moral et restons motivés pour aller chercher cette médaille d'or en 2021", a-t-il ajouté. Tom Boon corroborait ces propos. "Les Jeux, c'est également une fête. L'objectif est qu'un maximum de monde puisse effectuer le voyage au Japon dans de bonnes conditions et en profiter. Le report était dès lors logique. Nous avons la chance d'avoir un excellent programme mis en place par le COIB et par l'ARBH. À nous désormais, de ne pas nous laisser aller et de tout mettre en oeuvre pour aller chercher cette médaille d'or en 2021. Il n'y a pas d'autre choix...", conclut-il.