Quadruple championne de Belgique en saut en hauteur, mais aussi championne de France grâce à sa double nationalité, Claire Orcel est une sportive ambitieuse. Après avoir découvert l'athlétisme en suivant les exploits de Tia Hellebaut dans le nid d'oiseau de Pékin en 2008, elle est devenue, onze ans plus tard, la première Belge à atteindre une finale mondiale outdoor dans la discipline depuis... Tia, en 2012. Une sacrée performance que la Bruxelloise compte bien rééditer à Tokyo. Mais sa vie ne se résume pas à l'athlétisme, elle est aussi étudiante.
...

Quadruple championne de Belgique en saut en hauteur, mais aussi championne de France grâce à sa double nationalité, Claire Orcel est une sportive ambitieuse. Après avoir découvert l'athlétisme en suivant les exploits de Tia Hellebaut dans le nid d'oiseau de Pékin en 2008, elle est devenue, onze ans plus tard, la première Belge à atteindre une finale mondiale outdoor dans la discipline depuis... Tia, en 2012. Une sacrée performance que la Bruxelloise compte bien rééditer à Tokyo. Mais sa vie ne se résume pas à l'athlétisme, elle est aussi étudiante. Diplômée d'un bachelier en marketing à l'EPHEC, Claire Orcel est maintenant inscrite à l'IHECS en Master en communication, management et événementiel. Mais son cursus ne se déroule pas comme celui des autres étudiants tant son sport occupe son temps et son esprit. "Pour le moment, je suis en premier Master. J'avais déjà commencé l'année passée et je continuerai sûrement l'année prochaine, avant de démarrer ma deuxième année. Je ne mets pas mes études de côté, mais ça devient vraiment compliqué avec mes entraînements et les compétitions", souligne la sauteuse en hauteur. La Belge connaît toute l'importance de faire des études dans le monde du sport de haut niveau où les carrières sont courtes. De plus, l'athlétisme n'est pas aussi rémunérateur que le football, le tennis ou le cyclisme. Les athlètes ont besoin d'être sous contrat avec l'Adeps ou Sport Vlaanderen pour pouvoir poursuivre leur carrière et leur progression. "En plus, je vais arriver à trente ans sur le marché du travail sans avoir aucune expérience, donc il faut au moins un diplôme", ajoute Claire. "Et je ne veux pas que l'athlétisme soit toute ma vie non plus. Si je ne fais que ça et que ça ne se passe pas bien, ma vie entière n'irait pas, tandis qu'ici, j'ai quelque chose d'autre à quoi me raccrocher." Mais combiner un emploi du temps de sportive avec celui d'étudiante n'a rien d'évident. Heureusement, comme tous les athlètes désireux de poursuivre des études supérieures, la sauteuse en hauteur bénéficie d'un programme aménagé et peut, à sa guise, choisir ses cours en fonction de son planning d'entraînement. Mais ça reste une sacrée gymnastique. "Ce n'est pas toujours possible d'éviter des cours qui se déroulent pendant mes horaires d'entraînement. Du coup, je m'entraîne le matin au lieu du soir. Quant aux kinésithérapeutes et autres médecins, ils me donnent leurs horaires et j'essaye de me débrouiller", rigole-t-elle. La Belge ne considère toutefois pas ses études comme un frein dans sa progression. Bien décidée à atteindre les sommets, elle est persuadée d'être dans le bon rythme pour monter en puissance, tout en poursuivant ses études par sécurité. "En début d'année scolaire, ça a été une grosse réflexion", se remémore Claire Orcel. "J'ai voulu prendre beaucoup de cours pour avancer, mais c'était trop. Ce semestre-ci, j'ai rectifié le tir et j'ai réduit la charge de travail. D'autant qu'il y a davantage de compétitions depuis février et que je pars régulièrement quelques jours". Elle le reconnaît, sa priorité est l'athlétisme, surtout en cette année olympique. En sport, le train ne passe qu'une fois et il serait inconcevable de le rater. "Je finirai mes études dans quelques années, c'est sûr, mais je prends mon mal en patience pour développer au maximum mon potentiel", conclut la Belge. Et ce potentiel, il pourrait l'amener très haut. Les ambitions de Claire Orcel sont extrêmement élevées, autant que les barres qu'elle franchit chaque jour à l'entraînement. Et cette appétence pour le succès n'a pas démarré hier. Après avoir découvert l'athlétisme à douze ans, elle se dirige rapidement vers le saut en hauteur. "Je détestais et je déteste toujours la course à pied, donc je voulais faire autre chose. En plus, je faisais déjà 1m80 à cet âge-là. Mon coach m'a rapidement dit que j'avais du potentiel, que je pouvais faire quelque chose", se souvient la Bruxelloise. Depuis cette déclaration qui a ouvert la porte à de nombreux rêves, elle n'a cessé d'aller de l'avant pour confirmer cette impression. Et quand une petite fille rêve de faire des grandes choses, elle pense nécessairement aux Jeux Olympiques. Ceux de Rio, en 2016, sont arrivés un peu tôt pour Orcel qui s'est focalisée sur Tokyo 2020, puis 2021. Pour être qualifiée et participer au plus grand évènement sportif de la planète, la sauteuse en hauteur devra rester dans les 32 meilleures athlètes du monde ou franchir la barre fixée à 1m96. Avec un record personnel à 1m94, elle n'est pas loin du minima. Au ranking mondial, elle est par contre déjà dans les clous, solidement attachée à sa 19e place actuelle. "Il faudrait que beaucoup d'adversaires réalisent des performances de fou dans les prochaines semaines. Donc je suis assez confiante, mais je vais quand même essayer de faire le minima pour me rassurer", indique-t-elle. Son objectif à Tokyo: la finale, synonyme d'un classement parmi les douze meilleures mondiales. Avec un top 8 dans le viseur pour aller toujours plus haut. "Une première olympiade, c'est toujours une découverte, donc ce serait déjà pas mal", analyse-t-elle. "À Paris ou à Los Angeles, les ambitions seront plus élevées. Je viserai une place sur le podium en rêvant secrètement de la plus haute marche". À seulement 23 ans, Claire Orcel a encore une belle marge de progression devant elle et du temps pour en profiter. Et ramener, pourquoi pas, une médaille pour la Belgique, déjà lors des prochains JO chez nos voisins français.