Le judo belge aurait eu un visage différent si les Jeux Olympiques s'étaient déroulés, comme prévu, en juillet 2020. D'abord, le médaillé de bronze à Rio Dirk Van Tichelt aurait été de la partie. En fin de carrière, l'Anversois a préféré renoncer que de prolonger les sacrifices durant un an. Mais le Covid-19 a eu d'autres conséquences.
...

Le judo belge aurait eu un visage différent si les Jeux Olympiques s'étaient déroulés, comme prévu, en juillet 2020. D'abord, le médaillé de bronze à Rio Dirk Van Tichelt aurait été de la partie. En fin de carrière, l'Anversois a préféré renoncer que de prolonger les sacrifices durant un an. Mais le Covid-19 a eu d'autres conséquences. "Les entraînements ont été compliqués", évoque Cédric Taymans, directeur technique de la Fédération francophone de judo. "Nous ne pouvions plus partir à l'étranger alors que d'habitude, c'est notre force. C'est ce qui fait progresser nos athlètes." Mais à la reprise des compétitions, la Belgique a réussi à tenir son rang. Les leaders de la délégation que sont Matthias Casse, Toma Nikiforov ou Charline Van Snick ont réalisé de beaux résultats, auxquels sont venus s'ajouter ceux de Gabriella Willems, Jorre Verstraeten ou Sami Chouchi. Cette réussite laisse augurer de potentielles médailles à Tokyo. Analyse des principaux candidats au podium. Revenu sur le devant de la scène à Lisbonne, lors des championnats d'Europe en avril dernier grâce à sa médaille d'or, le Bruxellois va se rendre à Tokyo en pleine confiance. Auteur d'un parcours exceptionnel, qui l'a vu notamment éliminer le Géorgien Varlam Liparteliani, premier mondial de sa catégorie (-100 kilos), il a montré qu'il n'avait pas perdu ses qualités malgré ses nombreuses blessures. "Les blessures sont son seul défaut", assure Cédric Taymans. "C'est quelqu'un qui a un talent fou, qui est un véritable champion dans l'âme. Il est capable de tout." Libéré de ses blessures, bien préparé tactiquement et avec sa mentalité revancharde, il va faire peur à ses adversaires. Et sans doute réjouir les supporters belges. 25e au classement olympique dans sa catégorie (-70 kilos), Gaby Willems pouvait préparer sereinement ses premiers Jeux. Médaillée de bronze au Grand Chelem de Tbilissi, en Géorgie, la Liégeoise avait bien commencé cette préparation avant que son corps ne lâche. Engagée au Grand Chelem d'Antalya, Willems s'est tordu le genou lors de son deuxième combat et a dû abandonner, secouée par la douleur. De retour en Belgique, le verdict s'est révélé sans appel: ligament croisé antérieur rompu. Depuis, elle se bat pour aller à Tokyo avant de passer sur le billard. "Elle est encore en pleine revalidation, elle ne peut pas faire de randori. On doit attendre pour voir comment ça évolue. C'est un peu le flou", avoue Taymans. Une chose est sûre, la Belge ne manque pas de motivation et passe de nombreuses heures au CHU de Liège pour être fin prête. Une course contre-la-montre qu'elle espère remporter pour pouvoir s'envoler vers Tokyo. Numéro 1 mondial de sa catégorie (-81 kilos) à seulement 24 ans, l'Anversois s'impose comme la plus grande chance de médaille belge. Vainqueur des Jeux européens 2019, du Grand Chelem de Paris 2020 et médaillé d'argent aux derniers championnats d'Europe, Matthias Casse impressionne surtout par sa régularité. "Être aussi constant dans ses résultats à son âge, on ne l'a pas beaucoup vu dans notre pays. De plus, il arrive assez bien à gérer la pression et ce sera primordial. Il sera favori et il faudra le supporter", explique le DT francophone. Dans la même catégorie, Sami Chouchi ne verra pas le Japon. Au vu de la réglementation qui limite à un le nombre d'athlète par pays dans chaque catégorie, il doit laisser la place à Matthias Casse, mieux classé. "Il a d'autres objectifs, comme les championnats du monde. Faire un podium là-bas serait génial. Pour les JO, il partira à la guerre pour y être dans trois ans", souligne Cédric Taymans. Il est peut-être le moins connu de la bande, mais sûrement pas le moins doué. À 23 ans, il fait de plus en plus parler de lui grâce à des résultats en constante progression. Médaillé de bronze aux Jeux européens 2019 et aux championnats d'Europe 2020, il a empoché son premier grand trophée au Grand Chelem d'Antalya (-60 kilos). "Jorre est vraiment sur une courbe ascendante. Pour ces Jeux Olympiques, je pensais qu'il serait peut-être sélectionné, mais tout juste. Finalement, il est quatorzième mondial et peut réellement créer la surprise, comme il l'a montré en Turquie", confie le directeur technique. Comme pour Gabriella Willems et Matthias Casse, ce sera une première. Mais il n'y va pas en mode découverte, loin de là. "On ne doit plus parler d'une première expérience aux JO parce que ce sont des athlètes qui ont énormément d'expérience. Dans notre sport, il y a beaucoup de tournois donc il a déjà prouvé qu'il savait battre les meilleurs mondiaux. Après, il faut réunir tous les éléments le même jour", souligne Cédric Taymans. Elle est la plus expérimentée du groupe. Déjà médaillée aux JO (bronze à Londres, en 2012), elle participera à sa troisième olympiade dans la capitale japonaise. Sixième mondiale (-52 kilos), elle fera partie des favorites pour le podium. Mais la Liégeoise a connu une belle frayeur durant sa préparation. Lourdement blessée à la cheville droite lors du Grand Chelem de Tel-Aviv en février dernier, la double championne d'Europe a dû prendre deux mois et demi de repos avant de reprendre la compétition. "Elle n'est pas encore à 100%, mais elle est sur le bon chemin et elle sera affûtée aux JO, cela ne fait aucun doute. Il y a encore un peu de temps et c'est nécessaire pour qu'elle soit en pleine possession de ses moyens", insiste Taymans. Malgré une élimination pour son retour à la compétition en Russie, la Liégeoise abordera ces Jeux Olympiques en forme et avec une expérience qui pourrait faire la différence. À trente ans, elle est l'aînée du groupe et tentera de montrer la voie à la délégation belge.