Il y a des sportifs comme ça, qui raflent tout sur leur passage. Motivés, passionnés, talentueux, ils ont tout en magasin pour devenir les champions de leur sport. Jaouad Achab fait partie de cette catégorie-là. Triple champion d'Europe, champion du monde, champion du monde universitaire, vainqueur de nombreux opens, il court maintenant après le seul sacre qui lui manque: les Jeux Olympiques. Déçu par sa quatrième place à Rio, il se prépare pour Tokyo, revanchard et sûr de ses qualités. À l'approche de l'évènement qu'il attend le plus, il se souvient des péripéties qu'il a vécues depuis le Brésil.
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Il y a des sportifs comme ça, qui raflent tout sur leur passage. Motivés, passionnés, talentueux, ils ont tout en magasin pour devenir les champions de leur sport. Jaouad Achab fait partie de cette catégorie-là. Triple champion d'Europe, champion du monde, champion du monde universitaire, vainqueur de nombreux opens, il court maintenant après le seul sacre qui lui manque: les Jeux Olympiques. Déçu par sa quatrième place à Rio, il se prépare pour Tokyo, revanchard et sûr de ses qualités. À l'approche de l'évènement qu'il attend le plus, il se souvient des péripéties qu'il a vécues depuis le Brésil. Premier mondial, vainqueur de toutes les compétitions majeures depuis un an et demi, Jaouad Achab arrive à Rio avec une immense pancarte de favori autour du cou. "Tout le monde pensait, et moi aussi, que j'allais gagner les JO. Les gens s'attendaient à compter une médaille en plus pour la Belgique et ça n'a pas été facile à gérer. Surtout que l'événement est grandiose et que c'est difficile de rester concentré", raconte-t-il. Le Belge démarre son tournoi par deux victoires aisées avant que, en demi-finale, tout s'effondre. "Le Russe, Alexey Denisenko, je l'avais déjà battu cette année-là, mais cette fois, je fais une bête erreur en regardant le chrono avant la fin, ce qui m'a coûté la finale et une médaille assurée. J'étais vraiment tout près, c'est dommage", se remémore-t-il, encore amer. La déception doit être digérée. Mais contrairement à certains sportifs qui connaissent un creux dans leur carrière après une telle désillusion, Achab arrive à se remotiver et repart de l'avant. Finaliste aux Grand Prix Finals de Bakou seulement quelques mois après Rio, les bons résultats reviennent rapidement. "Je m'amuse tellement à faire ce que j'aime que ça n'a pas été un problème. En plus, quand je regardais derrière moi, mon histoire avec ma venue du Maroc, l'adaptation en Belgique, les blessures, tous les défis, c'était déjà énorme de finir quatrième aux Jeux. Personne n'y était arrivé dans l'histoire du taekwondo belge, donc ce n'est pas donné à tout le monde", insiste le champion du monde. Un long chemin vers Tokyo commence alors. Mais ce chemin n'épouse pas les courbes d'un long fleuve tranquille. "La constance, c'est très compliqué à acquérir. Réaliser un exploit, c'est extraordinaire, mais rester au sommet en permanence, c'est quelque chose de plus difficile. Il y a des moments où j'ai vraiment été dans le dur. J'ai dû être suivi par des psychologues, je voulais lâcher l'affaire. Mais je me suis battu", témoigne Jaouad Achab. Cette période délicate, le Belge la connaît en 2017, après que son entraîneur s'est envolé vers l'Australie. Orphelin de son coach, Jaouad Achab s'incline en quart de finale des championnats du monde de 2017 et dès les premiers tours des Opens où il s'imposait généralement aisément. À l'EURO 2018, il prend de nouveau la porte en quart de finale. "Beaucoup de gens disaient que c'était la fin, même ma famille. Ils me disaient que c'était assez, que je devais arrêter les frais, mais je me suis battu. Le monde extérieur ne voit pas spécialement ces mauvais moments, mais ils font partie d'une carrière et il faut arriver à les surpasser", soutient Achab. Et souvent, ça passe par un bon résultat pour se redonner le coup de fouet nécessaire et prolonger l'aventure. Pour le Belge, c'est une médaille de bronze aux Mondiaux 2019 qui a été l'élément déclencheur. "Ça m'a remotivé terriblement. J'aurais pu avoir l'or parce que j'avais déjà gagné contre les deux premiers, mais j'étais tellement dans le dur avant ça que c'était déjà pas mal. Ça m'a montré que j'étais encore capable de gagner. Et mon troisième titre européen me l'a confirmé", affirme-t-il. "Tokyo, je l'attends, mais je reste patient. Je suis qualifié, j'étais déjà prêt l'année dernière avec mes bons résultats aux championnats d'Europe et du monde, mais le report n'est pas un problème. Un an d'entraînement en plus peut me permettre d'être encore meilleur", souligne le taekwondoïste belge. Solidement installé dans le top 5 du ranking olympique depuis de nombreux mois, Achab fait partie des favoris dans sa catégorie des moins de 68 kilos. C'est dans cette catégorie qu'il devra à nouveau concourir, comme à Rio, lui qui d'habitude combat en moins de 63 kilos. En effet, le nombre de catégories est divisé par deux lors de cet événement, ce qui oblige Jaouad Achab à passer à la limite supérieure. Mais ça ne lui pose aucun problème. "En temps normal, hors compétitions, je suis à 68 kilos, donc je peux rester à ce poids-là et combattre aussi dans cette catégorie. J'ai vraiment de la chance, je peux facilement descendre sous les 63 kilos ou rester au-dessus et donc combattre dans deux catégories. C'est une bénédiction parce que j'ai déjà vu des athlètes faire des prises de sang ou se couper les cheveux pour perdre quelques grammes. Je n'ai jamais dû en arriver là", raconte-t-il, tout sourire. Ce petit changement n'hypothèque donc pas les chances de notre taekwondoïste. Très motivé, il prépare sereinement l'échéance majeure de sa saison, malgré certaines embûches, comme une opération à la main au mois de décembre, qui l'a empêché de s'entraîner avec contact pendant six semaines. Mais cette échéance n'est pas le seul objectif de l'année: "Il y a les championnats d'Europe avant les JO. J'y vais et j'espère gagner, comme c'est le cas lors de toutes les compétitions auxquelles je participe. Mais si on me demande quand je veux être à mon pic de forme, c'est clairement à Tokyo", rappelle le triple champion d'Europe qui défendra une nouvelle fois son titre. Malgré ces objectifs différents, un reste commun: l'or. Et ce, à chaque compétition. Pour étancher sa soif de victoire.