Oubliez le salaire annuel de 1,3 million du Néo-Zélandais Dan Carter (Kobelco Steelers, Japon) ou de l'Australien Matt Giteau (Suntory Sungoliath, Japon) : Sonny Bill Williams vient de les surclasser. Durant sa dernière saison dans son équipe précédente, The Blues (Auckland), le Néo-zélandais a dû se contenter d'un salaire annuel de 600.000 euros.

Son transfert au Toronto Wolfpack va lui rapporter un peu plus de trois millions d'euros par saison. Il doit pour ce faire passer de la rugby union (15 joueurs) à la moins populaire rugby league (13 joueurs) mais il l'accepte d'autant plus facilement qu'à l'automne de sa carrière, il est fréquemment blessé.

Le club de Toronto est apparu en Rugby Football League anglaise en 2017 et a été immédiatement sacré champion de division trois. En octobre dernier, il a gagné le Million Pound Game et a accédé à la prestigieuse Super League, qui réunit douze équipes d'Angleterre (dix), de France (une) et du Canada (une).

Le club canadien a réalisé une autre première : il n'y a pas un seul Canadien dans son noyau de 28 joueurs. Il a importé la majorité d'entre eux de grandes nations du rugby : Angleterre, Australie, France et Nouvelle-Zélande. Le club prépare ses matches en déplacement à Manchester. Williams retrouve deux compatriotes, Chase Stanley et Bodene Thompson, mais il est déjà la vedette de l'équipe.

Le double champion du monde 2011 et 2015 a signé pour deux saisons. Son salaire annuel est plus élevé que la masse salariale totale de n'importe quel autre club. Le règlement comporte une exception : le salary cap des équipes (2,4 millions) ne peut être dépassé que pas l'adjonction d'un marquee player, un joueur de renom qui peut conférer plus d'aura à la Super League.

Ce que Williams peut faire, avec son histoire particulière. Il a grandi dans une famille pauvre et le sport était sa seule issue. Ce rugbyman hyper-doué a effectué ses débuts chez les All Blacks en 2004 mais a également connu le succès en... boxe : il a gagné ses sept combats professionnels en poids lourds.

Son apparence (1m91 pour 110 kilos) contraste avec la modestie avec laquelle il s'exprime. Il s'est converti à l'islam il y a dix ans, à Toulon. "Ce jour-là, ma carrière a également pris une autre tournure", a-t-il raconté pendant sa présentation à Londres, où il s'est adressé aux journalistes en anglais, en arabe et en samoa. "Ma foi me permet d'aborder la vie plus positivement."

Il est en contact régulier avec d'autres sportifs musulmans proéminents, comme Franck Ribery (Fiorentina). "Dans la société contemporaine, il n'est pas évident pour un musulman d'exprimer sa foi alors qu'elle nous apporte tant de choses."