Le clash du 20 février entre les North Carolina Tar Heels et les Duke Blue Devils a été le match de basket le plus médiatisé de l'année, NBA comprise. Pas seulement à cause de la rivalité qui oppose les deux universités mais plutôt parce qu'un certain Zion Williamson (18 ans) a sidéré les spectateurs, une fois de plus.

Les tickets se sont vendus à 2.600 dollars en seconde main. Seul le Superbowl coûte encore plus cher. Des millions d'Américains ont suivi le match à la télévision et l'ancien président Barack Obama, grand amateur de basket, a pris place dans le Cameron Indoor Stadium, pour apprécier en direct les dunks du jeune homme.

Il ne mesure que deux mètres mais pèse 129 kilos de muscles. C'est un Superman doté d'une explosivité, d'une détente et d'une vitesse surnaturelles. Le spectacle a tourné en eau de boudin : Williamson a glissé après 33 secondes et a déchiré sa chaussure gauche. La séquence montrant Obama crier : " He broke his shoe ! " a fait le tour du monde, comme les images de Zion clopinant vers le banc, touché au genou.

Les réseaux sociaux ont explosé, comme la chaussure. Comment pareil incident est-il possible ? Évidemment, on s'est moqué de Nike, pour lequel c'est une catastrophe. Dès le lendemain, la marque a perdu 2% en bourse. Un hasard ? Peut-être mais Nike s'est empressé d'envoyer un communiqué souhaitant un prompt rétablissement à Williamson et soulignant qu'il s'agissait d'un " incident isolé ".

La firme américaine a envoyé des représentants à Durham, en Caroline du Nord, pour examiner les sneakers PG 2.5 déchirés, puis en Chine, afin de contrôler par eux-mêmes le processus de fabrication de ces nouvelles chaussures.

March Madness

Pendant ce temps, les États-Unis se demandent ce que la vedette de 18 ans doit faire : rejouer une fois sa revalidation achevée et conduire la Duke University au titre durant le très médiatisé tournoi NCAA, surnommé March Madness, qui a débuté la semaine passée ? Ou rester sur la touche pour éviter tout blessure en prévision du draft de la NBA fin juin ?

Williamson en sera le numéro un. Il a le plus gros potentiel depuis un certain LeBron James en... 2003. Pourquoi prendre des risques pour un titre NCAA qui ne lui rapportera pas un dollar ? En effet, les joueurs de collège ne peuvent pas gagner d'argent, ni par un salaire ni via des sponsors.

Ce débat a d'abord été ravivé par l'incident du soulier. Comme la règle one and done, qui stipule que tout joueur de haute école doit avoir été actif en collège au moins un an avant de pouvoir participer au draft, au lieu d'intégrer directement la NBA, comme Kobe Bryant en son temps.

Williamson n'a pas voulu entendre parler de shut down : louper le March Madness ? Noway. Il a déclaré : " J'ai pris un engagement envers mes coéquipiers. Le rompre ne serait pas bien. " Zion a précisé que même sans cette règle one and done, il aurait joué une saison aux Duke Blue Devils, sachant pertinemment qu'il ne fait sensation que depuis quelques mois.

Dunks dévastateurs

He broke his shoe !, Reuters
He broke his shoe ! © Reuters

L'été dernier, Williamson ne faisait pas l'unanimité en tant que numéro un du draft. Son étoile n'a atteint le firmament que dans le courant de cette saison, grâce à ses statistiques phénoménales et surtout à ses dunks dévastateurs.

Désormais, on peut visionner des milliers de séquences reprenant les exploits de Zion. Comme son premier match après sa blessure au genou, le 15 mars. La télévision a repassé un de ses dunks à neuf reprises pendant un direct. Naturellement, on a également fait des gros-plans de ses nouvelles chaussures Nike, faites sur mesure, à partir du modèle Kyrie Irving - ce qui vaut quelques centaines de milliers de dollars en retour publicitaire.

Pourtant, Williamson n'a toujours pas de contrat avec Nike, puisque le règlement le lui interdit. La firme américaine a toutefois un contrat de plusieurs millions avec la Duke University.

Début mars, Instagram a saturé quand le jeune dieu du basket a posté un film le montrant en tenue Adidas. " Des négociations ", ont réagi les spécialistes du marketing. Sans doute pour inciter Nike à plus de générosité. On estime un contrat éventuel à cent millions de dollars, soit dix de plus que ce que Nike avait payé en 2003 pour LeBron James.

L'ère Zion

Ce dernier ne s'est d'ailleurs pas rendu par hasard en Caroline du Nord pour voir Zion à l'oeuvre. Il a sans doute joué les intermédiaires pour l'agence Klutch Sports de son manager Rich Paul.

Roc Nation, l'agence du rappeur Jay-Z, qui représente notamment Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne, convoite également l'Américain, qui serait le jeune sportif le plus courtisé, tous sports confondus.

Si l'étoile de Williamson continue à monter et que son corps est épargné par les blessures, on estime qu'il naviguera dans la même stratosphère économique que James et même Michael Jordan. Et donc qu'il accumulera une fortune de plus d'un milliard de dollars.

En plus de ses dons en basket et de son physique impressionnant, Zion possède du charisme et de l'intelligence. Il s'exprime aisément, ce qui devrait lui permettre de devenir une vedette de format mondial même en dehors du parquet.

Williamson a déjà 2,8 millions d'abonnés sur Instagram, soit 1,2 million de plus que Vincent Kompany, par exemple. Ce nombre va augmenter de manière exponentielle fin juin si Williamson est drafté en premier. Ce choix peut ou va modifier le paysage de la NBA à court et à long terme, en fonction du club qui aura la chance de pouvoir choisir un joueur en premier.

Il est donc possible qu'une petite franchise dont Williamson deviendrait le pilote prenne la tête de la NBA, à l'image des Cleveland Cavaliers avec LeBron James. Il peut aussi servir de monnaie d'échange dans le transfert d'une star plus âgée, comme Anthony Davis, qui souhaite quitter la Nouvelle-Orléans.

Une chose semble certaine : on entre dans l'ère Zion. Il en est parfaitement conscient : " En me regardant dans le miroir, je me suis dit : c'est l'existence que je veux mener. " Pour le plus grand plaisir de tout le monde sportif.

Le clash du 20 février entre les North Carolina Tar Heels et les Duke Blue Devils a été le match de basket le plus médiatisé de l'année, NBA comprise. Pas seulement à cause de la rivalité qui oppose les deux universités mais plutôt parce qu'un certain Zion Williamson (18 ans) a sidéré les spectateurs, une fois de plus. Les tickets se sont vendus à 2.600 dollars en seconde main. Seul le Superbowl coûte encore plus cher. Des millions d'Américains ont suivi le match à la télévision et l'ancien président Barack Obama, grand amateur de basket, a pris place dans le Cameron Indoor Stadium, pour apprécier en direct les dunks du jeune homme. Il ne mesure que deux mètres mais pèse 129 kilos de muscles. C'est un Superman doté d'une explosivité, d'une détente et d'une vitesse surnaturelles. Le spectacle a tourné en eau de boudin : Williamson a glissé après 33 secondes et a déchiré sa chaussure gauche. La séquence montrant Obama crier : " He broke his shoe ! " a fait le tour du monde, comme les images de Zion clopinant vers le banc, touché au genou. Les réseaux sociaux ont explosé, comme la chaussure. Comment pareil incident est-il possible ? Évidemment, on s'est moqué de Nike, pour lequel c'est une catastrophe. Dès le lendemain, la marque a perdu 2% en bourse. Un hasard ? Peut-être mais Nike s'est empressé d'envoyer un communiqué souhaitant un prompt rétablissement à Williamson et soulignant qu'il s'agissait d'un " incident isolé ". La firme américaine a envoyé des représentants à Durham, en Caroline du Nord, pour examiner les sneakers PG 2.5 déchirés, puis en Chine, afin de contrôler par eux-mêmes le processus de fabrication de ces nouvelles chaussures. Pendant ce temps, les États-Unis se demandent ce que la vedette de 18 ans doit faire : rejouer une fois sa revalidation achevée et conduire la Duke University au titre durant le très médiatisé tournoi NCAA, surnommé March Madness, qui a débuté la semaine passée ? Ou rester sur la touche pour éviter tout blessure en prévision du draft de la NBA fin juin ? Williamson en sera le numéro un. Il a le plus gros potentiel depuis un certain LeBron James en... 2003. Pourquoi prendre des risques pour un titre NCAA qui ne lui rapportera pas un dollar ? En effet, les joueurs de collège ne peuvent pas gagner d'argent, ni par un salaire ni via des sponsors. Ce débat a d'abord été ravivé par l'incident du soulier. Comme la règle one and done, qui stipule que tout joueur de haute école doit avoir été actif en collège au moins un an avant de pouvoir participer au draft, au lieu d'intégrer directement la NBA, comme Kobe Bryant en son temps. Williamson n'a pas voulu entendre parler de shut down : louper le March Madness ? Noway. Il a déclaré : " J'ai pris un engagement envers mes coéquipiers. Le rompre ne serait pas bien. " Zion a précisé que même sans cette règle one and done, il aurait joué une saison aux Duke Blue Devils, sachant pertinemment qu'il ne fait sensation que depuis quelques mois. L'été dernier, Williamson ne faisait pas l'unanimité en tant que numéro un du draft. Son étoile n'a atteint le firmament que dans le courant de cette saison, grâce à ses statistiques phénoménales et surtout à ses dunks dévastateurs. Désormais, on peut visionner des milliers de séquences reprenant les exploits de Zion. Comme son premier match après sa blessure au genou, le 15 mars. La télévision a repassé un de ses dunks à neuf reprises pendant un direct. Naturellement, on a également fait des gros-plans de ses nouvelles chaussures Nike, faites sur mesure, à partir du modèle Kyrie Irving - ce qui vaut quelques centaines de milliers de dollars en retour publicitaire. Pourtant, Williamson n'a toujours pas de contrat avec Nike, puisque le règlement le lui interdit. La firme américaine a toutefois un contrat de plusieurs millions avec la Duke University. Début mars, Instagram a saturé quand le jeune dieu du basket a posté un film le montrant en tenue Adidas. " Des négociations ", ont réagi les spécialistes du marketing. Sans doute pour inciter Nike à plus de générosité. On estime un contrat éventuel à cent millions de dollars, soit dix de plus que ce que Nike avait payé en 2003 pour LeBron James. Ce dernier ne s'est d'ailleurs pas rendu par hasard en Caroline du Nord pour voir Zion à l'oeuvre. Il a sans doute joué les intermédiaires pour l'agence Klutch Sports de son manager Rich Paul. Roc Nation, l'agence du rappeur Jay-Z, qui représente notamment Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne, convoite également l'Américain, qui serait le jeune sportif le plus courtisé, tous sports confondus. Si l'étoile de Williamson continue à monter et que son corps est épargné par les blessures, on estime qu'il naviguera dans la même stratosphère économique que James et même Michael Jordan. Et donc qu'il accumulera une fortune de plus d'un milliard de dollars. En plus de ses dons en basket et de son physique impressionnant, Zion possède du charisme et de l'intelligence. Il s'exprime aisément, ce qui devrait lui permettre de devenir une vedette de format mondial même en dehors du parquet. Williamson a déjà 2,8 millions d'abonnés sur Instagram, soit 1,2 million de plus que Vincent Kompany, par exemple. Ce nombre va augmenter de manière exponentielle fin juin si Williamson est drafté en premier. Ce choix peut ou va modifier le paysage de la NBA à court et à long terme, en fonction du club qui aura la chance de pouvoir choisir un joueur en premier. Il est donc possible qu'une petite franchise dont Williamson deviendrait le pilote prenne la tête de la NBA, à l'image des Cleveland Cavaliers avec LeBron James. Il peut aussi servir de monnaie d'échange dans le transfert d'une star plus âgée, comme Anthony Davis, qui souhaite quitter la Nouvelle-Orléans. Une chose semble certaine : on entre dans l'ère Zion. Il en est parfaitement conscient : " En me regardant dans le miroir, je me suis dit : c'est l'existence que je veux mener. " Pour le plus grand plaisir de tout le monde sportif.