"On est heureuses de faire partie d'une famille"

02/11/18 à 12:00 - Mise à jour à 30/10/18 à 17:34

Sublimées par le relais 4x400 créé l'hiver dernier, Cynthia Bolingo et Camille Laus ont achevé 2018 en boulet de canon et relancé des carrières qui peinaient jusqu'ici à réellement démarrer.

"On est heureuses de faire partie d'une famille"

Cynthia Bolingo (à gauche) : Etudiante en Sciences Po à Saint Louis, ... Camille Laus (à droite) : Coordinatrice de projet chez ESA, ASBL créée par Jacques Borlée pour développer le sport de haut niveau à Bruxelles, .... © Belgaimage - Jasper Jacobs

Comment est-ce qu'on explique que deux athlètes habituées à débouler sur 100 et 200 mètres depuis l'entame de leurs carrières respectives finissent par exploser, à 25 ans, sur le 400 mètres ?

CAMILLE LAUS : Je suis même passée par le saut en longueur en 2013. J'ai vraiment eu une période où je stagnais sur 100 et 200 et j'avais envie de découvrir autre chose. Finalement, je pense qu'il est évident que ce qui explique notre pic de performances à toutes cette année, c'est le relais. C'est un projet qui n'a rien avoir avec ceux auxquels on a pu participer dans le passé. On a fait des 4x100 chez les juniors, mais ce n'était pas un projet qui nous appartenait. Ici, comme c'est vraiment un relais qu'on a mis sur pied de A à Z, on a vraiment envie de s'y impliquer. Je crois que c'est ça qui fait notre force.

CYNTHIA BOLINGO : Ce qui est certain, c'est que grâce à ce relais, on n'est plus là juste en tant qu'athlète pour courir notre 400 et basta. Ce projet, ça ne se limite pas à ça. Camille a été à l'initiative, mais elle a fait en sorte que toutes les filles puissent s'impliquer autant qu'elle et on est sûr que c'est vraiment ça qui a fait la différence. On avait toutes une expérience en relais, mais il n'y avait jamais eu une envie commune comme cette fois-ci. Ici, très vite, il y a eu une énergie positive qui s'est créé entre nous.

Vous l'avez fêtée, cette 4e place à l'EURO de Berlin, ou il y avait quand même le regret d'être passé de peu à côté d'une médaille ?

BOLINGO : Je suis passée par toutes les émotions. Parce qu'on s'est dépassée, mais qu'en même temps aucune d'entre nous ne s'était déjà retrouvée aussi proche d'une médaille internationale et que ça aurait été juste le coup de poker par excellence d'arriver incognito et de revenir avec la médaille.

LAUS : Ok, la 4e place à trois dixièmes du podium, ça a toutes les raisons de nous décevoir, mais quand on voit le chrono (3:27.69, nouveau record de Belgique, ndlr) on se dit que c'est quand même incroyable. Faire ça en quelques mois, c'est magnifique! Même si c'est pour finir à la pire des places, je pense qu'on n'avait pas le droit d'être déçues.

BOLINGO : On l'était pourtant ! Mais heureusement qu'on l'était. Ça prouve qu'on a envie de faire mieux encore.

En novembre, l'ensemble du relais de Berlin est convié à participer au stage de Lanzarote. Faire partie du groupe Belgique, c'est une motivation supplémentaire pour se lever le matin ?

LAUS : Je vous rassure, je ne vais pas à l'entraînement tous les matins en me disant que je représente la Belgique (rires). Ce qui me booste chaque matin, c'est de me dire que je fais partie du groupe des Cheetahs (le surnom du 4x400 féminin, ndlr).

BOLINGO : C'est clair. Grâce aux Cheetahs, on est heureuse de faire partie d'une famille. Le groupe que nous avons créé, c'est un cercle vertueux parce qu'on ne progresse plus seulement pour soi, mais pour l'autre aussi. C'est chouette d'avoir réussi à créer une équipe.

Par Martin Grimberghs

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