Voici un an, les amateurs américains de basket salivaient à l'annonce qui se préparait du côté de Brooklyn. James Harden, lassé d'évoluer au sein d'Houston Rockets plus en mesure de lutter pour la bague NBA, forçait son départ vers la Big Apple pour sceller un pacte avec Kyrie Irving et Kevin Durant. Un trio All-Stars qui devait permettre aux Nets de conquérir l'Amérique de la balle orange. Douze mois plus tard, l'assocation est déjà dissoute, Harden ayant filé quasiment comme un voleur du côté de Philadephie en échange de l'Australien Ben Simmons.
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Voici un an, les amateurs américains de basket salivaient à l'annonce qui se préparait du côté de Brooklyn. James Harden, lassé d'évoluer au sein d'Houston Rockets plus en mesure de lutter pour la bague NBA, forçait son départ vers la Big Apple pour sceller un pacte avec Kyrie Irving et Kevin Durant. Un trio All-Stars qui devait permettre aux Nets de conquérir l'Amérique de la balle orange. Douze mois plus tard, l'assocation est déjà dissoute, Harden ayant filé quasiment comme un voleur du côté de Philadephie en échange de l'Australien Ben Simmons. Douze mois pour seize petits matches, le blockbuster attendu de l'année 2021 en NBA a vite tourné en navet ou en mauvais remake de "L'Homme qui tua Don Quichotte", le film maudit de Terry Gilliam, une superproduction qui fut finalement projetée sur le grand écran du Palais des festivals de Cannes dix-huit ans après ses premières prises. On doute que l'éphémère trio magique se recomposera pour terminer son oeuvre inachevée et l'on espère pour Brooklyn qu'il ne lui faudra pas attendre quasiment deux décennies pour gagner sa bague.Si les associations de super-héros font rêver les suiveurs plus ou moins assidus du basket, elles ne rapportent que rarement sur les parquets, surtout quand une logique sportive n'est pas inscrite derrière leur composition. Pour peu Kyrie Irving puisse redevenir meneur de jeu à plein de temps vu son refus de se faire vacciner, Brooklyn et Philadelphie heritent désormais de deux rosters plus équilibrés. Le sport y gagne, les ventes de maillots et le marché du buzz forcément un peu moins. Plus altruiste et surtout meilleur en défense, Simmons devrait permettre de consolider un cinq de base des Nets qui ressemble à un gruyère ou aux cales du Titanic après avoir percuté l'iceberg, une fois qu'il est dépossédé du ballon orange. Mais c'est surtout la politique de stars à tout prix qui risque sans doute de fragiliser la seconde équipe de la Big Apple pour les années à venir. Pour attirer Harden au Barclays Center, elle a renoncé à plusieurs tours de draft avec le risque de se retrouver avec des seconds couteaux à l'avenir pour compléter son noyau. Si le barbu avait pu apporter le titre suprême, le jeu en aurait valu la chandelle, sauf qu'ici les Nets se retrouvent les mains vides et n'occupent actuellement que la dernière place qualificative pour les Play-offs.Les rêves de Big Three et Big Four de certaines franchises de la ligue nord-américaine n'ont cessé d'augmenter lors de la dernière décennie. En 2010, LeBron James quittait Cleveland de façon cavalière pour rejoindre ses amis Dwayne Wade et Chris Bosh à Miami. L'association disputera quatre finales NBA et de suite remportera le graal à deux reprises. Un succès qui a donné des idées à d'autres, mais ce n'est pas pour autant que les franchises qui ont essayé la recette sont parvenues à leurs fins. Et encore, rappellons que le Big 3 floridien s'était d'abord incliné en 2011 contre le collectif du Dallas de Dirk Nowitzki avant de s'imposer l'année suivante. Il n'a pas suffi de claquer des doigts en amenant un LBJ, meilleur joueur de la Ligue, pour propulser directement le Heat sur la première place du podium.Miami n'avait pas qu'un trio bling-bling capable de remplir les salles et de vendre des maillots, mais aussi trois joueurs de grande classe très complémentaire. Les rôles sur le parquet étaient partagés de manière claire, chacun connaissait ses tâches et personne n'essayait pas d'empiéter sur les plates-bandes de l'autre. Mais il ne faut oublier que les premiers matches des Heat furent assez laborieux et que les cadres ont douté des capacités d'Erik Spoelstra de les mener à la victoire finale. James, Wade et Bosh s'étaient même rendus dans le bureau du président Pat Riley pour lui demander de remplacer le jeune technicien par quelqu'un de plus expérimenté. Le boss de Miami ne s'était pas soumis aux désidératas de ses vedettes. La suite lui a donné raison.Depuis lors, les tentatives de construire des équipes de stars ont régulièrement échoué, à l'exception d'un Big Three des Golden State Warriors qu'on ne rangera pas tout à fait dans la même catégorie. La grande majorité des derniers champions NBA a pris le temps de construire sa Dream Team, à mordre sur sa chique et à patienter avant de décrocher la timbale. L'addition de talents n'a jamais amené les trophées directement excepté sur les consoles de jeux vidéo.Un joueur, malgré son immense statut de star, ne peut pas s'improviser General Manager (l'équivalent du directeur sportif ou technique dans le football) et décider quel pote ou joueur qu'il apprécie viendra renforcer le roster. Bob Myers aux Golden State Warriors et Jon Horst aux Milwaukee Bucks ont construit des effectifs extrêmement solides et qui font rêver mais avec une vision cohérente derrière. Chaque recrue a été attirée dans l'espoir d'avoir un jour le meilleur cinq de la NBA et non pas les cinq meilleurs joueurs. La mission de ces GM est d'assurer l'avenir de leur franchise là où les joueurs qui s'improvisent dans ce rôle ne voient que le court terme et le côté éphémère de leur carrière qui ne leur donne que peu de temps pour garnir leur armoire à trophées avec diverses bagues. Les General Managers ont aussi pour mission de gérer les égos souvent démesurés des stars du ballon orange, de s'assurer de leur bonheur sans céder pour autant à tous leurs caprices sous peine de polluer inévitablement l'alchimie de l'équipe.Brooklyn avait commencé à construire des bases solides avant de vouloir accélérer son rythme de croissance vers les sommets. Quand Durant et Irving ont débarqué sur les bords de l'Hudson River en provenance respectivement des Golden State Warriors et des Boston Celtics, le GM des Nets a cédé aux demandes de ses nouvelles stars. Le numéro 7 souhaitait évoluer avec un James Harden qui traînait son spleen à Houston et la fine gâchette barbue a débarqué au Barclays Center quelques mois plus tard en dépit de toute réflexion quant aux besoins du team. De l'autre côté du pays, dans une autre ville comptant deux franchises, Los Angeles, les Clippers, petit frère anonyme des Lakers a aussi eu la folie des grandeurs ces dernières années. Paul George a voulu que Kawhi Leonard, tout auréolé de son titre avec les Toronto Raptors, le rejoigne pour en faire de même sous le soleil de Californie. S'ils ne sont pas passés loin, ils n'ont pas encore atteint leur objectif . Le voisin du Staples Center n'est pas mieux loti avec un LeBron James, General Manager peu inspiré qui a englué les Lakers dans l'anonymat de la Conférence ouest malgré la venue de noms ronflants comme Anthony Davis, Russell Westbrook et même le vétéran Carmelo Anthony en joueur de complément. Ce n'est pas toujours dans les vieilles casseroles qu'on réussi les meilleures soupes.Du côté de Daryl Morey, le patron sportif des Sixers, le sourire peut être de mise après le blockbuster trade de janvier. Il a laissé Ben Simmons bouder dans son coin et est parvenu à attirer un James Harden, dont il avait repéré le talent lorsqu'il officiait à Houston. Le choix peut sembler sportif car l'association avec Joël Embiid est prometteuse dans la théorie, reste à voir si la pointe d'affectif qui a accompagné ce transfert n'aura pas autant de conséquences négatives que la constitution d'un trio forts de grands noms. Quant à la question de savoir si la fin de l'association du trio Durant-Irving-Harden à Brooklyn refermera aussi le chapitre des Big Three dans la NBA, rien n'est moins sûr. Certaines franchises réfléchiront à deux fois avant de tenter une recette qui n'a finalement donné satisfaction que trop rarement dans l'histoire quand les rôles n'étaient pas bien définis, que les querelles d'égos ne s'emmêlaient pas et que l'association ne déséquilibrait pas l'ensemble de l'équipe. Après il y aura toujours des General Manager trop ambitieux ou soumis aux pressions d'un propriétaire plus pressé de voir briller directement son nouveau joujou à n'importe quel prix plutôt que d'attendre d'avoir un grand cru qui mûri en fût. Ainsi va l'histoire du sport business. Et certainement au pays de l'Oncle Sam.La réussite d'un Big three repose souvent sur le fait qu'il ne soit pas juste composé de stars pour empiler les stars. Le premier trio magique appelé de cette manière dans l'histoire de la NBA remonte aux années 80 du côté des Boston Celtics. C'est là que le terme a fait son apparition. Lors de la Draft de 1980, les Celtics récupèrent le premier choix de draft de Détroit qu'ils échangent avec celui des Golden State Warriors en plus de leur treizième choix. En échange de cela, Boston récupère Robert Parish et un troisième choix de draft qui sera Kevin McHale. Ce trade est souvent considéré comme l'un des plus déséquilibrés de l'histoire de la Ligue nord-américaine. Les deux hommes seront associés à l'emblématique Larry Bird.En douze ans, ils rapporteront trois titres, mais comme on a pu le voir, Boston n'a pas constitué son trident en additionnant trois vedettes confirmées. Larry Bird était la vraie star des Celtics, le patron bien épaulé par deux capitaines de grande qualité. Ce trio magique aurait compté bien plus de bagues à ses doigts s'il n'avait pas du affronter de féroces adversaires venus de LA: Magic Johnson,Karim Abdul-Jabbar et James Worthy. Ces derniers ont conquis trois titres lors de leur association longue de sept ans sous le maillot de Lakers. Jusqu'à l'arrivée du Big Three des Spurs dont reparlera plus bas, ce trident a longtemps fait office de meilleur dans l'histoire de la NBA. Johnson tournait à 19,7 points de moyenne, Abdul-Jabbar à 18,8 points et le guard Worthy à 17.9 points. Une répartition équilibrée des points.Entre 1996 et 1998, la réussite des Chicago Bulls est liée à son trio Dennis Rodman, Scottie Pippen et naturellement la star ultime, Michael Jordan. Pour épauler les deux derniers membres du duo qui a perdu le titre contre les Rockets les deux dernières saisons, Phil Jackson décide de faire appel au service d'un des meilleurs défenseur et rebondeur de la NBA. Rodman, le bagarreur au look excentrique s'est révélé au sein des teigneux Pistons de Détroit et ne reste pas sur un séjour abouti à San Antonio. Associé à MJ et son fidèle Pippen, Rodzilla va donner de la force à la défense de Bulls qui vont s'offrir trois bagues pendant les années de collaboration. Une pour chacun des membres du trident. Pourtant, c'est bien l'association avec Toni Kukoc qui sera la plus efficace pour Pippen et Jordan. Ils étaient inarrêtables et leurs statistiques combinées sont sans doute les meilleures de l'histoire. Trois saisons, trois bagues, et une désignation de meilleur trio de l'histoire pour le Bleacher Report.En 2003, San Antonio compose un premier Big Three avec deux étrangers en son sein. Il battra de nombreux records. Tim Duncan, l'Espagnol Manu Ginobili et le meneur de jeu français Tony Parker sont associés selon une idée de jeu précise de Gregg Popovich. Le 21 mai 2014, le trio s'offre une 111e victoire dépassant le record de l'association Johnson, Cooper, Abdul-Jabbar aux Lakers. Un peu moins d'un an plus tard, les trois stars des Spurs disputent leur 730e duel de saison régulière et devancent les Celtics Bird, McHale et Parish. Ils battront aussi le 1er novembre lenombre de succès en saison régulière des trois as de Boston (541). Le trident Ducan, Ginobili, Parker rapportera quatre bagues en treize ans au club texan.Pendant sa période de gloire, San Antonio a dû composer avec la rivalité d'un autre Big three un peu plus formé sur base du statut des joueurs. Pour épauler leur star Paul Pierce, Boston fait venir Kevin Garnett et Ray Allen pendant l'intersaison 2007 avec un titre de champion au bout de la première année de collaboration. S'ils disputeront des finales, les Celtics ne gagneront plus ensuite malgré les apports de la jeune promesse Rajon Rondo ou du vétéran Shaquille O'Neal qui donneront le droit à l'escouade du Massachusetts de se faire appeller Big Four ou Big Three + One.On ne reviendra pas sur le cas des tres amigos de Miami évoqué plus haut pour s'attarder sur le trio puis quatuor magique des Golden State Warriors. Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green évoluent ensemble à San Francisco depuis maintenant dix ans. C'est en grandissant ensemble que ces joueurs prometteurs seront considérés comme un Big Three à partir de la saison 2014-15 et date de leur première bague NBA. Ils réussissent ensuite le meilleur début de saison de l'histoire avec 24 victoires consécutives (24-0) lors de la saison suivante. Lors du même exercice, ils battent aussi le record de victoires en une saison des Bulls de 1995-96 (73 victoires et 9 défaites pour 72 succès et 9 revers pour Chicago). A l'intersaison suivante, Kevin Durant pose ses valises dans la baie pour renforcer l'armada des Warriors pour former un véritable Big Four incluant deux MVP de saison régulière dont un double, et deux champions olympiques réguliers du All-Star Game. Ce quatuor s'offrira deux fois le Graal en 2017 et 2018.LES MEILLEURS TRIOS DE L'HISTOIREEn 2020, le média Bleacher Report s'était essayé au jeu des classements, et avait désigné les 10 meilleures triplettes de l'histoire de la NBA en se basant sur des critères bien précis.Avant de parler des heureux élus, on vous explique la méthode de calcul utilisée par le média américain. Une liste des trios avait été proposée par les lecteurs du Bleacher Report. Ils s'affrontaient ensuite dans un mini-tournoi virtuel dicté par les votes. B/R prenait aussi en compte les résultats de chaque trident dans la vie réelle, en se basant notamment sur les win shares de chaque joueur et sur le nombre de titres conquis. Voici le classement qui en a découlé avec les statistiques complètes de chaque joueur. Jordan : 29.4 points, 6.1 rebonds, 4.1 passes, 1.9 interceptionPippen : 20.2 points, 6.7 rebonds, 5.6 passes, 2.1 interceptions, 0.8 contreKukoc : 13.9 points, 4.6 rebonds, 4.2 passes, 1.0 interceptionDuncan : 32.1 minutes, 17.7 points, 10.4 rebonds, 3.0 passes, 2.1 contresParker : 32.3 minutes, 17.1 points, 6.0 passesGinobili : 26.3 minutes, 14.0 points, 4.0 passes, 3.7 rebonds, 1.4 interceptionJohnson : 19.7 points, 6.9 rebonds, 12.2 passes, 1.8 interceptionAbdul-Jabbar : 18.8 points, 6.6 rebonds, 2.5 passes, 1.6 contreWorthy : 17.9 points, 5.7 rebonds, 2.8 passes, 1.1 interception, 0.9 contreJames : 26.9 points, 7.6 rebonds, 6.7 passes, 1.7 interceptionWade : 22.2 points, 5.3 rebonds, 4.7 passes, 1.6 interceptionBosh : 17.3 points, 7.4 rebonds, 1.0 contreBird : 24.6 points, 10.0 rebonds, 6.5 passes, 1.7 interception, 0.9 contreParish : 17.2 points, 10.2 rebonds, 1.6 contreMcHale :18.4 points, 7.5 rebonds, 1.8 contreCurry : 25.6 points, 4.7 rebonds, 6.9 passes, 63.4 true shooting percentageThompson : 20.3 points, 57.7 true shooting percentageGreen : 9.1 points, 6.9 rebonds, 4.9 passes, 1.4 interception, 1.1 contreDurant : 25.8 points, 7.1 rebonds, 5.4 passes, 1.5 contre, 64.0 true shooting percentageCurry : 26.3 points, 4.9 rebonds, 6.0 passes, 1.6 interception, 64.3 true shooting percentageThompson : 21.3 points, 58.6 true shooting percentageO'Neal : 27.9 points, 11.9 rebonds, 3.1 passes, 2.5 contresBryant : 21.5 points, 5.0 rebonds, 4.2 passes, 1.4 interceptionHorry : 6.3 points, 5.5 rebonds, 2.2 passes, 1.1 interception, 1.0 contreMalone : 26.0 points, 10.2 rebonds, 4.0 passes, 1.4 interceptionStockton : 13.6 points, 10.4 passes, 1.9 interceptionHornacek : 14.6 points, 4.2 passes, 1.3 interceptionRussell : 16.6 points, 23.7 rebonds, 4.1 passesJones : 16.2 points, 5.1 rebonds, 2.3 passesHeinsohn : 19.0 points, 8.7 rebonds, 2.1 passes