Nafi Thiam n'a pu retenir ses larmes devant la presse belge réunie après son deuxième titre olympique à l'heptathlon, jeudi soir à Tokyo. Visiblement très marquée émotionnellement. "Ça été deux années difficiles, aussi sur le plan physique et quand le physique n'est pas là c'est aussi difficile dans la tête. Je suis fière de ce que j'ai réussi, de m'être battue jusqu'au bout. Ce titre c'est celui de la persévérance pour moi."

La double championne olympique faisait allusion à ses différentes blessures et notamment une au dos qui est survenue à une semaine de sa compétition. "J'ai une surcharge dans le bas du dos et cela s'est enflammé. J'avais super mal quand je trottinais. Je suis arrivé au village mercredi pour être prise en charge. Je suis reconnaissante à toute mon équipe qui était derrière moi et au Team belgium qui m'a mise dans les meilleures conditions, à ma famille et mes amis proches. qui ont cru en moi et soutenu."

Nafi a pu s'échauffer normalement et sprinter à partir de lundi. "J'étais prête juste à temps. Dans la tête c'était compliqué. Ce qui m'a manqué ici c'était de m'amuser comme à Rio. J'ai réussi à le faire sur quelques épreuves." Troisième seulement au soir de la première journée après quatre épreuves, la Namuroise a déclaré : "je n'étais pas inquiète, plutôt stressée. Je savais que je devais faire quelque chose aujourd'hui (jeudi)."

C'est alors qu'elle s'échauffe jeudi matin qu'elle apprend que son entraîneur de toujours Roger Lespagnard a été testé positif au Covid et qu'il doit être isolé. "C'était un coup dur. J'avais envie de pleurer. Comment je vais faire sans lui dans les épreuves techniques? Sans son coach cela devient difficile. Et je dois remercier Michael (Van der Plaetsen) qui est arrivé en urgence du village et qui m'a motivée et fait monter en puissance. Il a été top. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose de bien et aussi pour Roger." Etre la première athlète belge double championne olympique depuis plus d'un siècle : "Si c'est rare c'est que c'est difficile. Pour le moment je ne réalise pas. Il va falloir du temps. Je suis juste épuisée."

Roger Lespagnard, qui n'a pas pu assister à toutes les épreuves en raison d'un contrôle positif au covid qui s'est finalement avéré négatif, a pu revenir à temps pour guider sa championne., iStock
Roger Lespagnard, qui n'a pas pu assister à toutes les épreuves en raison d'un contrôle positif au covid qui s'est finalement avéré négatif, a pu revenir à temps pour guider sa championne. © iStock

ROGER LESPAGNARD: "LA VICTOIRE DE LA MATURITE"

Roger Lespagnard a connu une journée mouvementée jeudi à Tokyo. Il a été obligé de quitter le matin sa protégée de toujours Nafi Thiam à quelques minutes du début de sa seconde journée de l'heptathlon, la plus importante pour la championne olympique de Rio, à la suite d'un test salivaire positif au Covid. Il a assisté le soir, après avoir subi un test PCR négatif, au nouveau triomphe de son élève au terme du 800 mètres. "C'est la victoire de la maturité. Il y a cinq ans à Rio, on ne pensait pas à la médaille d'or. Cette année on y pensait."

"Au niveau de l'émotion c'est différent" a-t-il ajouté. "Ce titre fut plus dur qu'à Rio". "Notre collaboration a évolué avec le temps. On se comprend de mieux en mieux. Nafi est désormais entrée dans le monde des adultes."

"Hier soir, c'était un petit peu embêtant (après ses résultats de la première journée). Mais je la connais bien, je savais qu'elle pouvait se reprendre dans les grands championnats."

"Aujourd'hui (jeudi), elle a fait une très bonne prestation. Je n'étais pas là. J'étais caché quelque part et on communiquait comme on pouvait. Elle s'en est bien tirée parce qu'elle a une autorité personnelle. Elle a appris à être responsable dans ce qu'elle fait dans le sport et cela lui a servi aujourd'hui."

"Quand on m'a dit qu'elle avait mordu au premier essai de la longueur c'était très embêtant. Le Comité olympique m'a dit que je devais absolument venir au dernier essai.J'étais obligé. Je suis revenu dans un trou, je suis venu la trouver et je lui ai crié 'avance d'un pied' et vas-y saute convenablement. Elle l'a fait et a gagné dix points." "Avec sa maturité on va pouvoir à l'avenir s'attaquer au record du monde à l'avenir et en particulier à celui du pentathlon en salle. J'imagine qu'elle ira aux Mondiaux l'année prochaine (à Eugene 15-24 juillet) et enchaînera à la longueur ou la hauteur aux championnats d'Europe (à Munich 6-11 août) qui suivront juste après comme en 2016."

Il n'aura pas manqué grand chose à Noor Vidts pour accompagner Nafi Thiam sur le podium olympique., iStock
Il n'aura pas manqué grand chose à Noor Vidts pour accompagner Nafi Thiam sur le podium olympique. © iStock

NOOR VIDTS: "J'AVAIS JAMAIS OSE RÊVER D'UNE 4E PLACE"

Un contraste étonnant marquait les deux championnes belges de l'heptathlon, jeudi soir à Tokyo. Nafi Thiam, épuisée émotionnellement, n'avait pu retenir ses larmes en dépit de sa victoire, la seconde dans les JO après celle de Rio en 2016. Noor Vidts, malgré un podium manqué pour 19 points à l'occasion de ses débuts olympiques, ne quittait pas son immense sourire et ponctuait ses propos de rires. Ceux de la nouvelle venue qui n'en revient pas de faire désormais partie de l'élite de son sport. "Je n'aurais jamais osé rêver de finir 4e des Jeux Olympiques", avouait la Vilvordoise qui ne figurait qu'au 16e rang mondial et qui n'avait comme référence plus haut niveau en heptathlon qu'une place de 15e aux Mondiaux de Doha en 2019. "J'ai juste un petit regret d'être passée aussi près."

Dans le 800 mètres final, Vidts devait devancer la Néerlandaise Oosterwegel de trois secondes et demi pour monter sur le podium, il lui en a manqué une et demie. "Je ne voulais pas faire le lièvre. Et du coup le premier tour a été très lent, alors j'ai essayé au début du second et j'ai tout donné, mais Emma était trop forte."

Noor Vidts a avoué avoir eu du mal à dormir la nuit dernière. "C'était l'excitation, j'avais du mal à retrouver mon calme. J'étais un peu fatiguée ce matin au début de la longueur." Mais Vidts n'en revenait pas de son résultat. "J'ai battu mon record de 300 points (331 exactement passant de 6.240 à 6.571, améliorant pas moins de cinq records partiels, ndlr), c'est vraiment fou. Je suis fière de ma prestation. J'ai encore une marge de progression, mais ce ne sera pas facile d'égaler une telle prestation. Mon coach (Fernando Oliva) me guide bien. On va continuer à travailler et on verra ce que cela donnera."

Interrogée sur Nafi Thiam, Noor Vidts a dit "elle m'a félicitée. Elle est de nouveau championne, c'est très fort. C'est vraiment quelqu'un dont on peut être très fier. Une super dame."

Nafi Thiam n'a pu retenir ses larmes devant la presse belge réunie après son deuxième titre olympique à l'heptathlon, jeudi soir à Tokyo. Visiblement très marquée émotionnellement. "Ça été deux années difficiles, aussi sur le plan physique et quand le physique n'est pas là c'est aussi difficile dans la tête. Je suis fière de ce que j'ai réussi, de m'être battue jusqu'au bout. Ce titre c'est celui de la persévérance pour moi." La double championne olympique faisait allusion à ses différentes blessures et notamment une au dos qui est survenue à une semaine de sa compétition. "J'ai une surcharge dans le bas du dos et cela s'est enflammé. J'avais super mal quand je trottinais. Je suis arrivé au village mercredi pour être prise en charge. Je suis reconnaissante à toute mon équipe qui était derrière moi et au Team belgium qui m'a mise dans les meilleures conditions, à ma famille et mes amis proches. qui ont cru en moi et soutenu." Nafi a pu s'échauffer normalement et sprinter à partir de lundi. "J'étais prête juste à temps. Dans la tête c'était compliqué. Ce qui m'a manqué ici c'était de m'amuser comme à Rio. J'ai réussi à le faire sur quelques épreuves." Troisième seulement au soir de la première journée après quatre épreuves, la Namuroise a déclaré : "je n'étais pas inquiète, plutôt stressée. Je savais que je devais faire quelque chose aujourd'hui (jeudi)." C'est alors qu'elle s'échauffe jeudi matin qu'elle apprend que son entraîneur de toujours Roger Lespagnard a été testé positif au Covid et qu'il doit être isolé. "C'était un coup dur. J'avais envie de pleurer. Comment je vais faire sans lui dans les épreuves techniques? Sans son coach cela devient difficile. Et je dois remercier Michael (Van der Plaetsen) qui est arrivé en urgence du village et qui m'a motivée et fait monter en puissance. Il a été top. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose de bien et aussi pour Roger." Etre la première athlète belge double championne olympique depuis plus d'un siècle : "Si c'est rare c'est que c'est difficile. Pour le moment je ne réalise pas. Il va falloir du temps. Je suis juste épuisée." ROGER LESPAGNARD: "LA VICTOIRE DE LA MATURITE" Roger Lespagnard a connu une journée mouvementée jeudi à Tokyo. Il a été obligé de quitter le matin sa protégée de toujours Nafi Thiam à quelques minutes du début de sa seconde journée de l'heptathlon, la plus importante pour la championne olympique de Rio, à la suite d'un test salivaire positif au Covid. Il a assisté le soir, après avoir subi un test PCR négatif, au nouveau triomphe de son élève au terme du 800 mètres. "C'est la victoire de la maturité. Il y a cinq ans à Rio, on ne pensait pas à la médaille d'or. Cette année on y pensait.""Au niveau de l'émotion c'est différent" a-t-il ajouté. "Ce titre fut plus dur qu'à Rio". "Notre collaboration a évolué avec le temps. On se comprend de mieux en mieux. Nafi est désormais entrée dans le monde des adultes." "Hier soir, c'était un petit peu embêtant (après ses résultats de la première journée). Mais je la connais bien, je savais qu'elle pouvait se reprendre dans les grands championnats.""Aujourd'hui (jeudi), elle a fait une très bonne prestation. Je n'étais pas là. J'étais caché quelque part et on communiquait comme on pouvait. Elle s'en est bien tirée parce qu'elle a une autorité personnelle. Elle a appris à être responsable dans ce qu'elle fait dans le sport et cela lui a servi aujourd'hui." "Quand on m'a dit qu'elle avait mordu au premier essai de la longueur c'était très embêtant. Le Comité olympique m'a dit que je devais absolument venir au dernier essai.J'étais obligé. Je suis revenu dans un trou, je suis venu la trouver et je lui ai crié 'avance d'un pied' et vas-y saute convenablement. Elle l'a fait et a gagné dix points." "Avec sa maturité on va pouvoir à l'avenir s'attaquer au record du monde à l'avenir et en particulier à celui du pentathlon en salle. J'imagine qu'elle ira aux Mondiaux l'année prochaine (à Eugene 15-24 juillet) et enchaînera à la longueur ou la hauteur aux championnats d'Europe (à Munich 6-11 août) qui suivront juste après comme en 2016."NOOR VIDTS: "J'AVAIS JAMAIS OSE RÊVER D'UNE 4E PLACE" Un contraste étonnant marquait les deux championnes belges de l'heptathlon, jeudi soir à Tokyo. Nafi Thiam, épuisée émotionnellement, n'avait pu retenir ses larmes en dépit de sa victoire, la seconde dans les JO après celle de Rio en 2016. Noor Vidts, malgré un podium manqué pour 19 points à l'occasion de ses débuts olympiques, ne quittait pas son immense sourire et ponctuait ses propos de rires. Ceux de la nouvelle venue qui n'en revient pas de faire désormais partie de l'élite de son sport. "Je n'aurais jamais osé rêver de finir 4e des Jeux Olympiques", avouait la Vilvordoise qui ne figurait qu'au 16e rang mondial et qui n'avait comme référence plus haut niveau en heptathlon qu'une place de 15e aux Mondiaux de Doha en 2019. "J'ai juste un petit regret d'être passée aussi près." Dans le 800 mètres final, Vidts devait devancer la Néerlandaise Oosterwegel de trois secondes et demi pour monter sur le podium, il lui en a manqué une et demie. "Je ne voulais pas faire le lièvre. Et du coup le premier tour a été très lent, alors j'ai essayé au début du second et j'ai tout donné, mais Emma était trop forte." Noor Vidts a avoué avoir eu du mal à dormir la nuit dernière. "C'était l'excitation, j'avais du mal à retrouver mon calme. J'étais un peu fatiguée ce matin au début de la longueur." Mais Vidts n'en revenait pas de son résultat. "J'ai battu mon record de 300 points (331 exactement passant de 6.240 à 6.571, améliorant pas moins de cinq records partiels, ndlr), c'est vraiment fou. Je suis fière de ma prestation. J'ai encore une marge de progression, mais ce ne sera pas facile d'égaler une telle prestation. Mon coach (Fernando Oliva) me guide bien. On va continuer à travailler et on verra ce que cela donnera." Interrogée sur Nafi Thiam, Noor Vidts a dit "elle m'a félicitée. Elle est de nouveau championne, c'est très fort. C'est vraiment quelqu'un dont on peut être très fier. Une super dame."