Sixièmes au classement mondial de la FIBA, les Belgian Cats trépignent d'impatience à l'idée de défendre les couleurs de leur pays sur la plus grande scène internationale. Qualifiées également pour l'EURO en juin, elles s'apprêtent à vivre l'été le plus intense de leur vie.
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Sixièmes au classement mondial de la FIBA, les Belgian Cats trépignent d'impatience à l'idée de défendre les couleurs de leur pays sur la plus grande scène internationale. Qualifiées également pour l'EURO en juin, elles s'apprêtent à vivre l'été le plus intense de leur vie. Aux JO, elles ont été versées dans la poule de l'Australie, de Porto Rico et de la Chine. Un tirage abordable pour ce groupe ambitieux emmené par Emma Meesseman, Julie Allemand et Kim Mestdagh. Hanne Mestdagh, elle, a connu l'équipe au fond du trou avant de savourer les résultats actuels. Avec passion, elle revient sur le tournoi qualificatif à Ostende et ces JO qui la font tant rêver. Quand tu y repenses, avais-tu imaginé jouer pour une place aux JO quand tu as commencé en équipe nationale? HANNE MESTDAGH: Jamais. Pour beaucoup de filles dans l'équipe, ce n'était même pas un but tellement ça semblait irréaliste. La Belgique était très loin des douze équipes qui peuvent aller aux Jeux. Mais avec les bons résultats, nous avons commencé à rêver et à nous dire que c'était peut-être faisable. Se qualifier chez nous, à Ostende, c'était fou. J'en ai encore des frissons en y repensant. Le tournoi a été dur, les adversaires commencent à mieux connaître la Belgique. Contre le Canada notamment, ça a été flagrant. MESTDAGH: Oui, le Canada était vraiment bien préparé. Elles avaient un plan parfait pour contrer Emma Meesseman et le reste de l'équipe. Avec le stress du premier match et le manque d'expérience, c'était compliqué. Mais on doit féliciter les Canadiennes parce qu'elles ont joué avec un plan de jeu parfait pour contrer la Belgique. On a remarqué lors de ce match que les autres équipes se préparaient mieux et qu'on devait trouver d'autres solutions. Les Belgian Cats, ce n'est pas qu'Emma. Parfois, tout le monde se dit qu'on peut lui donner la balle et qu'elle va faire parler sa magie, mais il faut l'aider aussi. Après le Canada, qu'est-ce qui vous est passé par la tête? MESTDAGH: Je n'ai pas bien dormi. On avait un peu de doutes le lendemain, même si on comptait se donner à 200% pour les deux derniers matches. On se disait: "Imagine, on a fait tout ça, on est ici à Ostende devant notre public et on ne va pas le faire." C'était dur à vivre. Après le Canada, on jouait contre le Japon, qui a un style de jeu très différent. Ce n'était pas un match très important parce qu'il ne comptait pas, le Japon étant déjà qualifié comme pays organisateur, mais on a toujours dit qu'on ne voulait pas faire de calcul. Le match contre le Japon était important pour le moral et la confiance. Vous jouiez contre la Suède pour la qualification lors du dernier match. À la mi-temps, le score était très serré. Qu'est-ce qui s'est dit dans le vestiaire? MESTDAGH: Le coach s'est vraiment fâché. Je sentais qu'on était la meilleure équipe, mais on ne jouait vraiment pas bien. On était trop relax. Ann Wauters s'est fâchée aussi. On était dans une position qu'on ne retrouverait peut-être jamais et on jouait mal, ce n'était pas normal. Le coach et Ann ont fait ça pour provoquer une réaction en deuxième mi-temps et ça a été le cas dès le troisième quart-temps. Pendant la dernière minute, nous étions certaines de gagner le match, c'était une grande joie. Ce n'était pas du tout le match parfait, mais bien le plus stressant. C'était un peu: " Do or die". Maintenant que vous êtes aux JO, quel est l'objectif? MESTDAGH: Le but principal, c'est de passer les poules. J'espère vraiment que l'on pourra rester les deux semaines. Après, en quart de finale, on verra ce qu'on peut faire. S'il n'y a pas de public, est-ce que ça changera quelque chose? MESTDAGH: Pour moi non, mais c'est différent pour tout le monde. Certaines filles dans l'équipe ont besoin des spectateurs, mais nous sommes des professionnelles, donc on doit trouver des solutions pour passer outre. Ce serait dommage parce que l'expérience ne serait pas totale, mais ça reste les Jeux Olympiques. Je serai déjà contente si on peut les faire normalement. Si c'est sans public, c'est comme ça, tant pis. On a vu en WNBA qu'il était possible de jouer dans une bulle, donc nous pouvons le faire aussi à Tokyo. De l'extérieur, on a l'impression qu'il y a un gros esprit d'équipe chez les Belgian Cats. Est-ce vraiment le cas dans le vestiaire? MESTDAGH: On se connaît depuis très longtemps. J'étais à l'école avec Emma et Julie Van Loo était dans mon équipe à Ypres. L'atmosphère est très bonne, l'ambiance aussi. C'est vraiment quelque chose dont la Belgique a besoin pour être performante. Il y a beaucoup de gens qui disent qu'on est des amies, mais moi je dis qu'on est une famille. Bien sûr, on a des soucis, il y a parfois des discussions, mais on ose dire les choses comme on les pense. Quand le match commence, tout le monde se bat pour l'équipe. Toutes les filles ont beaucoup d'ambition et veulent gagner, donc on est prêtes à mettre notre fierté personnelle de côté pour le bien de l'équipe. Dans le sport professionnel, je pense que c'est vraiment quelque chose de rare. On sait bien qu'on a besoin de ça, car on est la Belgique et on n'a pas autant de talents individuels que d'autre pays. Mais on a vu qu'en travaillant en groupe, on pouvait vraiment être performantes et on peut rivaliser avec ces équipes-là. Le fait de jouer avec ta soeur et sous les ordres de ton père, ça rend l'aventure encore plus belle ou ça la complique? MESTDAGH: C'est un peu compliqué parce qu'on doit séparer les choses. Pendant les stages avec les Cats, mon père est mon coach et rien d'autre. Mais partager cette aventure avec ma soeur, c'est chouette. Elle est ma colocataire pendant les stages et les tournois. Je pense que c'est quelque chose qu'on se remémorera surtout après nos carrières. Pour l'instant, on pense toujours au prochain objectif et on ne profite pas assez de ça. Mais on le fera plus tard.