1. Les joueurs bluffent. Non, Nikola Karabatic et ses camarades n'ont pas pêché par naïveté en pariant sur un match engageant leur propre équipe dans le championnat de France. Depuis deux ans, l'AJPH (Association des joueurs professionnels de handball), le syndicat des joueurs, multiplie les mises en garde sur les conséquences disciplinaires et judiciaires liés à cette pratique.

Les joueurs ont l'interdiction formelle de miser de l'argent sur un match disputé dans le cadre d'une compétition dans laquelle ils sont impliqués (et pas seulement sur leur propre équipe). "En début de saison, je me rends dans tous les clubs et j'avertis les joueurs des risques qu'ils prendraient en pariant sur des matchs de championnat de hand", explique à L'Express Franck Leclerc, le président de l'APJH.

Les handballeurs de Montpellier ont donc franchi la ligne jaune en toute connaissance de cause. Par ailleurs, sur le site du syndicat des joueurs, la mise en garde à propos des paris sportifs est sans ambages.

2. Le procureur bluffe... peut-être. Ce mardi, RTL a révélé l'existence d'écoutes policières compromettantes. En gros, les joueurs paniquent lors de la révélation du scandale, Nikola Karabatic recommande à sa compagne de dire la vérité aux enquêteurs et le capitaine de Montpellier, Dragan Gajic, apparaîtrait comme le cerveau de l'arnaque...

Le procureur de la République à Montpellier, Brice Robin, a-t-il d'autres éléments pour évoquer un pacte de corruption et un match truqué, comme il l'a fait lundi, lors d'une conférence de presse à sensation? Il faut le souhaiter car, contrairement à ce qu'il affirme, le visionnage du match opposant Cesson à Montpellier ne prouve rien.

"On l'a regardé plusieurs fois, et bien avant que l'affaire n'éclate car, dès le mois de juin, tout le petit monde du hand était au courant des soupçons pesant sur la rencontre. Honnêtement, il n'y a aucun trucage apparent", explique à L'Express un dirigeant du club de Istres qui fut pourtant relégué in-extremis (en lieu et place de Cesson?) en 2e division.

Les statistiques de Dragan Gajic, le "cerveau", lors de ce fameux match? 10 buts sur 12 tentatives, meilleur scoreur de la rencontre. Le pivot Issam Tej, complice présumé? 6 réussites sur 8 tentatives. Bref, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne.

Bien sûr, à l'arrivée, l'ogre Montpellier a perdu chez le petit pouçet Cesson. Une première? Pas vraiment. Quinze jours avant ce match, l'armada invincible des frères Karabatic avait connu sa première défaite de la saison (21-25) à Nimes, alors bon dernier du championnat. Une prestation désolante et, pour le coup, une véritable sensation. Mais personne, à l'époque, n'a pensé qu'ils l'avaient fait exprès.

Henri Haget, L'Express.fr

1. Les joueurs bluffent. Non, Nikola Karabatic et ses camarades n'ont pas pêché par naïveté en pariant sur un match engageant leur propre équipe dans le championnat de France. Depuis deux ans, l'AJPH (Association des joueurs professionnels de handball), le syndicat des joueurs, multiplie les mises en garde sur les conséquences disciplinaires et judiciaires liés à cette pratique. Les joueurs ont l'interdiction formelle de miser de l'argent sur un match disputé dans le cadre d'une compétition dans laquelle ils sont impliqués (et pas seulement sur leur propre équipe). "En début de saison, je me rends dans tous les clubs et j'avertis les joueurs des risques qu'ils prendraient en pariant sur des matchs de championnat de hand", explique à L'Express Franck Leclerc, le président de l'APJH. Les handballeurs de Montpellier ont donc franchi la ligne jaune en toute connaissance de cause. Par ailleurs, sur le site du syndicat des joueurs, la mise en garde à propos des paris sportifs est sans ambages. 2. Le procureur bluffe... peut-être. Ce mardi, RTL a révélé l'existence d'écoutes policières compromettantes. En gros, les joueurs paniquent lors de la révélation du scandale, Nikola Karabatic recommande à sa compagne de dire la vérité aux enquêteurs et le capitaine de Montpellier, Dragan Gajic, apparaîtrait comme le cerveau de l'arnaque... Le procureur de la République à Montpellier, Brice Robin, a-t-il d'autres éléments pour évoquer un pacte de corruption et un match truqué, comme il l'a fait lundi, lors d'une conférence de presse à sensation? Il faut le souhaiter car, contrairement à ce qu'il affirme, le visionnage du match opposant Cesson à Montpellier ne prouve rien. "On l'a regardé plusieurs fois, et bien avant que l'affaire n'éclate car, dès le mois de juin, tout le petit monde du hand était au courant des soupçons pesant sur la rencontre. Honnêtement, il n'y a aucun trucage apparent", explique à L'Express un dirigeant du club de Istres qui fut pourtant relégué in-extremis (en lieu et place de Cesson?) en 2e division. Les statistiques de Dragan Gajic, le "cerveau", lors de ce fameux match? 10 buts sur 12 tentatives, meilleur scoreur de la rencontre. Le pivot Issam Tej, complice présumé? 6 réussites sur 8 tentatives. Bref, un pourcentage nettement supérieur à la moyenne. Bien sûr, à l'arrivée, l'ogre Montpellier a perdu chez le petit pouçet Cesson. Une première? Pas vraiment. Quinze jours avant ce match, l'armada invincible des frères Karabatic avait connu sa première défaite de la saison (21-25) à Nimes, alors bon dernier du championnat. Une prestation désolante et, pour le coup, une véritable sensation. Mais personne, à l'époque, n'a pensé qu'ils l'avaient fait exprès.Henri Haget, L'Express.fr