18 h 15 : saut en longueur avec Hans Van Alphen

Comme il n'y a pas de décathlon au Van Damme, Hans Van Alphen s'est inscrit au saut en longueur, la discipline qui lui a valu le plus de points aux Jeux et un record personnel à 7,64 mètres. "Quatrième au décathlon olympique, Van Alphen a été le meilleur Belge à Londres", dit Moens. "Cette prestation est meilleure que celles de Cox, Van Acker et Van Snick ou que celles des frères Borlée. Pourquoi ? Parce que l'athlétisme est la mère de tous les sports et parce que le décathlon n'est pas seulement une discipline exigeante sur les plans physique et mental. Cela demande également beaucoup de rayonnement. Combien de personnes tirent à la carabine ? Combien de femmes font de la voile en classe Laser Radial ? Et combien de femmes pesant moins de 48 kilos font du judo ? Van Alphen, lui, doit tout avoir : de la vitesse, de la puissance, de la souplesse et de l'endurance. Ce qui me fait plaisir, c'est de voir qu'on ne l'a pas cassé quand il était jeune et qu'il a éclos sur le tard. A Londres, il n'a pas amélioré le record de Belgique (8.519 points) établi plus tôt dans l'année à Götzis mais il faut savoir que Götzis, en Autriche, se situe à 410 mètres d'altitude, ce qui rapporte une centaine de points de plus. A Londres, au niveau de la mer, Van Alphen a donc fait aussi bien.

Peut-il encore battre son record ? Il a trente ans, hein ! Mais il n'y a pas longtemps qu'il s'entraîne véritablement. Il n'est donc pas impossible qu'il fasse mieux l'an prochain mais, vu son âge, je ne le jurerais pas. Je dois d'ailleurs reconnaître que je ne le voyais pas faire mieux que 8.350 points cette année. Mais il a très bien travaillé. Je lui conseille de continuer à soigner sa vitesse, qui est la base du décathlon. Puis la puissance et la technique, dans cet ordre."

19 h 45 : saut en hauteur avec Tia Hellebaut

"Je pensais qu'à Londres, Tia Hellebaut pouvait franchir les deux mètres et décrocher le bronze", dit Moens. "Cela n'a pas fonctionné mais il s'en est fallu de très peu. Il faut dire qu'elle n'a plus franchi cette hauteur depuis le Mémorial 2008. Cette barrière de deux mètres vous donne un autre sentiment. Si elle était passée, tout le monde aurait dit qu'elle avait réalisé de bons Jeux. Mais être cinquième, c'est déjà quelque chose. Tia a deux grossesses derrière elle et elle dort moins bien. Avec son âge, c'est un facteur important. Je pensais que deux mètres suffiraient à décrocher une médaille olympique mais il fallait franchir 2,03 m pour décrocher le bronze. Je pense qu'elle passera à nouveau les deux mètres l'année prochaine mais ce ne sera pas suffisant pour grimper sur le podium des championnats du monde. Peut-être pourra-t-elle décrocher une médaille aux championnats d'Europe indoor. Elle ne va plus progresser et c'est logique. Je l'attends à 1,97 m, au Mémorial, comme aux Jeux. Et si tout va bien, elle peut franchir 2 mètres."

Record du Monde 20 h 45 : 100 m avec Usain Bolt

"Pourquoi Usain Bolt ne dispute-t-il pas le 200 mètres au Mémorial Van Damme ?", demande Moens. "Les virages pourraient lui permettre d'améliorer son record du monde (19.19). Son coach et lui-même ne savent-ils pas que ces virages procurent un bel avantage ? Car où peut-il encore faire mieux qu'à Bruxelles ? Il a pourtant déclaré vouloir attaquer son record du monde. Je ne pense pas qu'il puisse encore battre celui du 100 mètres (9.58). Il faut se mettre à sa place. A Londres, il avait encore l'air très sûr de lui. Il avait fait son job, sur la piste comme en dehors. Avec ses trois médailles d'or, il a déclaré lui-même être devenu le mythe qu'il voulait devenir. Sera-t-il encore motivé ? On dit qu'il pourrait se mettre à la longueur mais je pense qu'il serait plus performant sur 400 mètres. A 21 ans, il le courait déjà en 45.28. En Belgique, seuls les Borlée vont plus vite. Mais Bolt a peur de s'entraîner dur (il a avoué à L'Equipe "être encore un peu paresseux", ajoutant : "Je n'aime pas le 400 mètres. Je changerai peut-être d'avis un jour car mon coach me dit que nous devrions tenter l'expérience sur une saison", ndlr). Sur 200 mètres, il n'est pas encore à son maximum. Je lui conseillerais de passer du 200 au 400 mètres. Il est capable de parcourir cette distance en moins de 43 secondes (le record du monde de Michael Johnson est de 43.18, ndlr). Il est d'ailleurs beaucoup plus grand que Johnson : 1,96 m, soit 11 cm de différence. Sur 400 mètres, cette taille n'a que des avantages quand on est lancé. Mais je pense qu'aux Jeux olympiques de 2016, Bolt sera déjà dépassé. C'est un showman mais il peut se le permettre. Il fait plus de bien que de tort à l'athlétisme."

20 h 55 : 200 m avec Yohan Blake

Le 30 août, Yohan Blake figurait à la deuxième place du ranking mondial avec un temps de 19.44. "Quand je pense qu'il a réalisé ce temps au couloir quatre lors de la finale olympique, je me dis que dans des conditions idéales au Heysel, une vingtaine de degrés, un vent favorable de 0,5 m/sec et au couloir six, sept ou huit, il doit pulvériser le record du monde de Bolt (19.19)", dit Moens. "Blake peut courir en 19.10. Il est jeune et peut encore combiner le 100 et le 200 mètres pendant quelques années. S'il continue comme cela, il améliorera tous les chronos de Bolt."

21 h 05 : 400 m avec Jonathan et Kevin Borlée

Le 30 août, Jonathan était troisième du ranking mondial avec un temps de 44.43 ; Kevin occupait la septième place avec 44.56. "Après le 4x400 mètres (où la Belgique et les Borlée ont terminé sixièmes, ndlr), j'ai rencontré leur mère, une ancienne sprinteuse, dans le stade", révèle Moens. "Je lui ai dit : - ils ont raté l'occasion de leur vie (Kevin a terminé cinquième et Jonathan, sixième, ndlr). Elle n'a pas répondu mais elle n'avait pas l'air fâchée. Ce que j'ai dit, je le pensais vraiment : ils ont 24 ans, c'était maintenant ou jamais. Dans quatre ans, ils auront 28 ans. A part Johnson, qui a commencé tard, je ne vois aucun athlète dans l'histoire qui ait encore progressé à cet âge-là. Ils peuvent gagner un ou deux dixièmes de seconde mais je ne les vois pas plonger sous les 44 secondes. Ils peuvent peut-être battre le record d'Europe de l'ex-Allemand de l'Est Thomas Schönlebe (44.33). Mais pas au Mémorial car ils sont fatigués. Ils ont disputé cinq courses à Londres, ils sont morts. Et par la suite, ils ont encore couru à gauche et à droite.

Quand je dis qu'ils ont loupé la chance de leur vie à Londres, c'est parce qu'il n'y avait pas d'Américain en finale. Ce qui n'était jamais arrivé ! Dans quatre ans, ils seront à nouveau là. Mais dans quatre ans, les Borlée auront 28 ans et ne seront plus aussi forts parce qu'ils s'entraînent fort depuis déjà quatre ou cinq ans au moins. (il réfléchit). A Londres, ils ne pouvaient probablement pas faire mieux. Ce qui est frappant, c'est qu'ils ont battu leur record personnel sans concurrence. Jonathan au cours des séries à Londres et Kevin aux championnats de Belgique. Cela signifie-t-il qu'ils étaient trop nerveux, trop tendus en finale ? Jacques, leur père et coach, les motive très bien, même s'il exagère parfois un peu avec ses prévisions qui ne font qu'augmenter la pression. Et c'est un bon entraîneur. Ses fils ont effectué du bon boulot à Londres : des jumeaux en finale olympique, ce n'est pas rien."

PAR FRANK VAN DE WINKEL

18 h 15 : saut en longueur avec Hans Van Alphen Comme il n'y a pas de décathlon au Van Damme, Hans Van Alphen s'est inscrit au saut en longueur, la discipline qui lui a valu le plus de points aux Jeux et un record personnel à 7,64 mètres. "Quatrième au décathlon olympique, Van Alphen a été le meilleur Belge à Londres", dit Moens. "Cette prestation est meilleure que celles de Cox, Van Acker et Van Snick ou que celles des frères Borlée. Pourquoi ? Parce que l'athlétisme est la mère de tous les sports et parce que le décathlon n'est pas seulement une discipline exigeante sur les plans physique et mental. Cela demande également beaucoup de rayonnement. Combien de personnes tirent à la carabine ? Combien de femmes font de la voile en classe Laser Radial ? Et combien de femmes pesant moins de 48 kilos font du judo ? Van Alphen, lui, doit tout avoir : de la vitesse, de la puissance, de la souplesse et de l'endurance. Ce qui me fait plaisir, c'est de voir qu'on ne l'a pas cassé quand il était jeune et qu'il a éclos sur le tard. A Londres, il n'a pas amélioré le record de Belgique (8.519 points) établi plus tôt dans l'année à Götzis mais il faut savoir que Götzis, en Autriche, se situe à 410 mètres d'altitude, ce qui rapporte une centaine de points de plus. A Londres, au niveau de la mer, Van Alphen a donc fait aussi bien. Peut-il encore battre son record ? Il a trente ans, hein ! Mais il n'y a pas longtemps qu'il s'entraîne véritablement. Il n'est donc pas impossible qu'il fasse mieux l'an prochain mais, vu son âge, je ne le jurerais pas. Je dois d'ailleurs reconnaître que je ne le voyais pas faire mieux que 8.350 points cette année. Mais il a très bien travaillé. Je lui conseille de continuer à soigner sa vitesse, qui est la base du décathlon. Puis la puissance et la technique, dans cet ordre." 19 h 45 : saut en hauteur avec Tia Hellebaut "Je pensais qu'à Londres, Tia Hellebaut pouvait franchir les deux mètres et décrocher le bronze", dit Moens. "Cela n'a pas fonctionné mais il s'en est fallu de très peu. Il faut dire qu'elle n'a plus franchi cette hauteur depuis le Mémorial 2008. Cette barrière de deux mètres vous donne un autre sentiment. Si elle était passée, tout le monde aurait dit qu'elle avait réalisé de bons Jeux. Mais être cinquième, c'est déjà quelque chose. Tia a deux grossesses derrière elle et elle dort moins bien. Avec son âge, c'est un facteur important. Je pensais que deux mètres suffiraient à décrocher une médaille olympique mais il fallait franchir 2,03 m pour décrocher le bronze. Je pense qu'elle passera à nouveau les deux mètres l'année prochaine mais ce ne sera pas suffisant pour grimper sur le podium des championnats du monde. Peut-être pourra-t-elle décrocher une médaille aux championnats d'Europe indoor. Elle ne va plus progresser et c'est logique. Je l'attends à 1,97 m, au Mémorial, comme aux Jeux. Et si tout va bien, elle peut franchir 2 mètres." Record du Monde 20 h 45 : 100 m avec Usain Bolt "Pourquoi Usain Bolt ne dispute-t-il pas le 200 mètres au Mémorial Van Damme ?", demande Moens. "Les virages pourraient lui permettre d'améliorer son record du monde (19.19). Son coach et lui-même ne savent-ils pas que ces virages procurent un bel avantage ? Car où peut-il encore faire mieux qu'à Bruxelles ? Il a pourtant déclaré vouloir attaquer son record du monde. Je ne pense pas qu'il puisse encore battre celui du 100 mètres (9.58). Il faut se mettre à sa place. A Londres, il avait encore l'air très sûr de lui. Il avait fait son job, sur la piste comme en dehors. Avec ses trois médailles d'or, il a déclaré lui-même être devenu le mythe qu'il voulait devenir. Sera-t-il encore motivé ? On dit qu'il pourrait se mettre à la longueur mais je pense qu'il serait plus performant sur 400 mètres. A 21 ans, il le courait déjà en 45.28. En Belgique, seuls les Borlée vont plus vite. Mais Bolt a peur de s'entraîner dur (il a avoué à L'Equipe "être encore un peu paresseux", ajoutant : "Je n'aime pas le 400 mètres. Je changerai peut-être d'avis un jour car mon coach me dit que nous devrions tenter l'expérience sur une saison", ndlr). Sur 200 mètres, il n'est pas encore à son maximum. Je lui conseillerais de passer du 200 au 400 mètres. Il est capable de parcourir cette distance en moins de 43 secondes (le record du monde de Michael Johnson est de 43.18, ndlr). Il est d'ailleurs beaucoup plus grand que Johnson : 1,96 m, soit 11 cm de différence. Sur 400 mètres, cette taille n'a que des avantages quand on est lancé. Mais je pense qu'aux Jeux olympiques de 2016, Bolt sera déjà dépassé. C'est un showman mais il peut se le permettre. Il fait plus de bien que de tort à l'athlétisme." 20 h 55 : 200 m avec Yohan Blake Le 30 août, Yohan Blake figurait à la deuxième place du ranking mondial avec un temps de 19.44. "Quand je pense qu'il a réalisé ce temps au couloir quatre lors de la finale olympique, je me dis que dans des conditions idéales au Heysel, une vingtaine de degrés, un vent favorable de 0,5 m/sec et au couloir six, sept ou huit, il doit pulvériser le record du monde de Bolt (19.19)", dit Moens. "Blake peut courir en 19.10. Il est jeune et peut encore combiner le 100 et le 200 mètres pendant quelques années. S'il continue comme cela, il améliorera tous les chronos de Bolt." 21 h 05 : 400 m avec Jonathan et Kevin Borlée Le 30 août, Jonathan était troisième du ranking mondial avec un temps de 44.43 ; Kevin occupait la septième place avec 44.56. "Après le 4x400 mètres (où la Belgique et les Borlée ont terminé sixièmes, ndlr), j'ai rencontré leur mère, une ancienne sprinteuse, dans le stade", révèle Moens. "Je lui ai dit : - ils ont raté l'occasion de leur vie (Kevin a terminé cinquième et Jonathan, sixième, ndlr). Elle n'a pas répondu mais elle n'avait pas l'air fâchée. Ce que j'ai dit, je le pensais vraiment : ils ont 24 ans, c'était maintenant ou jamais. Dans quatre ans, ils auront 28 ans. A part Johnson, qui a commencé tard, je ne vois aucun athlète dans l'histoire qui ait encore progressé à cet âge-là. Ils peuvent gagner un ou deux dixièmes de seconde mais je ne les vois pas plonger sous les 44 secondes. Ils peuvent peut-être battre le record d'Europe de l'ex-Allemand de l'Est Thomas Schönlebe (44.33). Mais pas au Mémorial car ils sont fatigués. Ils ont disputé cinq courses à Londres, ils sont morts. Et par la suite, ils ont encore couru à gauche et à droite. Quand je dis qu'ils ont loupé la chance de leur vie à Londres, c'est parce qu'il n'y avait pas d'Américain en finale. Ce qui n'était jamais arrivé ! Dans quatre ans, ils seront à nouveau là. Mais dans quatre ans, les Borlée auront 28 ans et ne seront plus aussi forts parce qu'ils s'entraînent fort depuis déjà quatre ou cinq ans au moins. (il réfléchit). A Londres, ils ne pouvaient probablement pas faire mieux. Ce qui est frappant, c'est qu'ils ont battu leur record personnel sans concurrence. Jonathan au cours des séries à Londres et Kevin aux championnats de Belgique. Cela signifie-t-il qu'ils étaient trop nerveux, trop tendus en finale ? Jacques, leur père et coach, les motive très bien, même s'il exagère parfois un peu avec ses prévisions qui ne font qu'augmenter la pression. Et c'est un bon entraîneur. Ses fils ont effectué du bon boulot à Londres : des jumeaux en finale olympique, ce n'est pas rien." PAR FRANK VAN DE WINKEL