Non, notre équipe féminine de basket ne résume pas à Emma Meesseman et à Ann Wauters. La folle évolution de Julie Allemand, qui a effectué des débuts remarqués en WNBA l'été dernier, ou la progression constante de Kim Mestdagh, championne WNBA avec les Washington Mystics en 2019 et qui a brillé cette saison avec l'équipe italienne de Schio, sont là pour nous le rappeler.
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Non, notre équipe féminine de basket ne résume pas à Emma Meesseman et à Ann Wauters. La folle évolution de Julie Allemand, qui a effectué des débuts remarqués en WNBA l'été dernier, ou la progression constante de Kim Mestdagh, championne WNBA avec les Washington Mystics en 2019 et qui a brillé cette saison avec l'équipe italienne de Schio, sont là pour nous le rappeler. Notre équipe nationale peut également s'appuyer sur Hanne Mestdagh, Kyara Linskens, Antonia Delaere, Julie Vanloo et Jana Raman, qui sont encore dans la fleur de l'âge et qui, dans certains cas, n'ont pas encore atteint le pic de leur carrière. Après elles, la génération suivante s'annonce également prometteuse, avec des joueuses comme Laure Resimont (23 ans) ou encore Elise Ramette (22 ans). Et depuis plus d'un an, les jumelles Billie et Becky Massey (21 ans) mettent également le nez à la fenêtre. Originaires d'Ostende, elles ont propulsé la Belgique vers un titre de championne d'Europe U18 en 2017. Cette saison, Billie et Becky ont été intenables avec le club de Wavre Sainte-Catherine. Grâce à une moyenne de douze points et 17 rebonds, Billie a gratté un deuxième titre de Joueuse Belge de l'Année d'affilée. Becky, plus ailière que pivot, a obtenu une moyenne de 17 points et onze rebonds, mais a été coupée dans son élan par une blessure. Ça lui a coûté une place dans la sélection finale pour l'EURO, mais elle faisait partie de la présélection qui a préparé le tournoi. Sa soeur Billie figure dans les douze. Elle a laissé une forte impression lors des matches de préparation. Elle devra se battre pour une place de titulaire avec Kyara Linskens, qui revient tout juste d'une longue période de rééducation. Ensemble, elles devraient fournir la puissance nécessaire sous l'anneau contre la Turquie, la Bosnie-Herzégovine et la Slovénie. De manière assez surprenante, c'est Ann Wauters qui a été évincée pour le poste de centre. Le changement de pouvoir définitif? Billie Massey, elle, possède un atout majeur: la centre est dominante au rebond. Avec sa puissance physique, sa combativité et son excellent positionnement, elle fait partie des meilleures d'Europe dans ce domaine. Si on doit la comparer à des joueurs de NBA, on pense immédiatement à Charles Barkley ou Dennis Rodman. Son nom figure en bonne place sur les tablettes de pas mal de scouts, y compris en WNBA. Il y a un an, elle a déjà pu tâter du basket US lors d'un stage d'entraînement à Los Angeles, où elle a d'ailleurs été élue MVP. Le parallèle avec Emma Meesseman est frappant. Même si en matière de profil, la ressemblance s'arrête là. Car là où Meesseman est l'exemple-type de la joueuse parfaite, Billie Massey est moins élégante, plus laborieuse, mais presque aussi efficace. Sa soeur Becky est différente. Elle mesure également 1m87, mais ne joue pas au même poste: elle évolue sur l'aile, est plus créative, plus souple. Elles tiennent leur mentalité de leur père Alan, originaire de Coventry, et leur taille de leur mère Jill. Après leur rencontre, ils se sont établis à la côte belge. C'est là que Becky et Billie ont appris à jouer au basket, au KB Ostende-Bredene, avant de s'inscrire au sport-études de Louvain et de partir ensuite dans la région malinoise. Leur frère cadet Ozzy (18 ans) est international chez les jeunes et joue dans la deuxième équipe du BC Ostende. S'il y a un coach qui connaît les deux soeurs comme sa poche, c'est Arvid Diels, leur mentor à Wavre Sainte-Catherine. Il les a aussi entraînées au sport-études de Malines et chez les Young Cats, l'équipe nationale Espoirs. "Becky est plutôt du genre sociable, Billie est plus introvertie", dit-il. "Ça se reflète aussi dans leur style de jeu: Becky est plus influencée par les facteurs extérieurs, tant positivement que négativement. C'est lorsqu'elle est portée par le public, ses équipières et ses entraîneurs qu'elle se montre sous son meilleur jour, mais il lui arrive aussi de passer à côté de son match. Alors que Billie joue à un niveau constant." C'est la raison pour laquelle malgré un intérêt croissant de l'étranger, elles ont décidé de prolonger leur contrat à Wavre Sainte-Catherine, qui fusionnera cet été avec les Kangourous de Malines. Toutes deux ont signé un premier contrat pro, qui leur permettra de poursuivre leurs études. Arvid Diels explique: "Elles ont les qualités pour s'imposer partout, même dans un club d'Euroleague. Mais ce n'est pas évident de partir en Espagne à 21 ans. Parfois, il est préférable d'emmagasiner de l'expérience dans un environnement familier et de terminer ses études. Comme Julie Allemand l'a fait avec le Castors Braine. Lorsque Billie et Becky sauteront le pas vers l'étranger, ce sera directement un grand pas." Au niveau de l'équipe nationale, elles devraient également prendre une place de plus en plus importante, estime Diels. "La campagne de préparation à l'EURO et aux JO est idéale pour elles, elle leur permet de faire partie du groupe pendant une longue période. On a déjà vu qu'elles progressent. Billie est déjà un peu plus loin que Becky. Elle a besoin de beaucoup jouer, et éprouve plus de difficultés à se mettre en évidence lorsqu'elle doit se contenter de courtes apparitions." Pendant la préparation, Billie a été plusieurs fois titulaire chez les Cats et a même déjà été élue Joueuse du Match. Elle pourrait former un tandem parfait avec Meesseman sous l'anneau. "Billie connaît son rôle: ériger un mur défensif et capter des rebonds", affirme Diels. "Ça soulage Meesseman. Aujourd'hui, Emma peut compter sur Billie. Elle n'est pas toujours la principale force offensive, mais est présente à chaque match." Avec aussi Becky Massey, Laure Resimont et Marie Vervaet, le basket belge se prépare à accueillir une nouvelle génération de qualité. Diels, sélectionneur des Cats entre 2008 et 2012, a connu des périodes moins glorieuses. "Toute l'Europe sait ce qui se prépare en Belgique. Il y a eu la génération Meesseman, sacrée championne d'Europe chez les jeunes, et aujourd'hui, une deuxième génération de patronnes débarque. La période de transition est derrière nous. En outre, notre société a évolué. Le sport féminin est beaucoup plus médiatisé. C'est un concours de circonstances dont nous devons profiter."