Les frères Borlée à propos...

...de leurs ambitions au Memorial Van Damme :

Kevin : On sera là avant tout pour profiter. Cela ne veut pas dire qu'on n'a pas continué à s'entraîner, après Berlin, mais les championnats étant réussis, il y a logiquement une décompression énorme qui s'est installée ces derniers jours.

Dylan : Personnellement, j'ai eu une longue saison, donc je suis vraiment fatigué. Cela ne m'empêche pas d'avoir envie de bien faire, mais sans me mettre trop de pression. Ce qui est sûr, c'est qu'on voudra prendre du plaisir. Et on verra bien ce que ça donnera en termes de performance.

Jonathan : Oui, l'idée, c'est clairement de faire de cette soirée une apothéose plus qu'autre chose*.

...des Championnats d'Europe de Berlin :

Jonathan : Cette réussite était importante parce qu'à force de se prendre des claques, à un moment, on aurait fini par avoir envie d'arrêter. C'est toute l'importance de voir un résultat ou un objectif se réaliser. Il y a beaucoup de gens que j'admire pour leur capacité à garder cette envie extrême de performer malgré les désillusions. Ce n'est pas toujours facile et c'est peut-être même le plus dur dans notre métier. Avec les années compliquées qu'on a derrière nous, on avait besoin de résultats comme ceux-là pour remplir à nouveau cette jauge de motivation si importante.

Dylan: C'est sûr que si on s'était tous plantés cette fois-ci, mentalement ça aurait été dur de repartir dans deux mois à l'entraînement. Là, on va pouvoir prendre un bon break, bien en profiter et repartir à bloc.

Jonathan : C'est toujours bon de réussir à sortir la course qu'il faut au bon moment. Et c'est peut-être encore plus beau de le faire à 30 ans qu'à 20 ans parce qu'il n'y a plus cette insouciance que tu peux avoir plus jeune. À 20 ans, on se met dans les blocks, on court, on enchaîne. À la limite, on ne réfléchit pas. Ici, c'est beaucoup plus le succès de la réflexion, de la maturité.

...de la performance de Jonathan Sacoor :

Jonathan : On n'a pas été surpris, non, parce qu'on connaît tous sa maturité. Tous les trois, on se doutait qu'il n'était pas du genre à passer à côté de sa finale. Après, ne faisons pas l'erreur de le brûler trop vite. Je connais des athlètes qui, à 15 ans, couraient en 45 secondes. D'autres courent en 49 secondes au même âge et sont dans les 44 secondes 4 ans plus tard. Donc, tout ce qu'on peut dire à ce stade-ci, c'est qu'il est bien entouré et qu'il court vite. C'est déjà pas mal (il rit).

Kevin : On ne connaît pas les équipes quand on définit l'ordre des coureurs. On ne savait donc pas qu'il se retrouverait face à Hudson-Smith, mais à la limite, c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux dans le sens où il n'avait rien à perdre.

Dylan : D'autant qu'on savait qu'on pouvait le mettre en bonne position avant ça pour qu'il aborde son relais dans les meilleures circonstances.

*interview réalisée avant l'annonce du forfait de Jonathan Borlée.

Par Martin Grimberghs

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