" FACTS ! ! ! " D'un bref tweet à ses 44 millions de followers, LeBron James a confirmé ce qu'avait posté Kyle Kuzma, son coéquipier aux LA Lakers : " Meesseman is cash flames ! " James, le joueur NBA le plus connu au monde, venait de voir la Belge à l'oeuvre dans le quatrième match de demi-finale de WNBA entre les Las Vegas Aces et la phalange de Meesseman, les Washington Mystics.
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" FACTS ! ! ! " D'un bref tweet à ses 44 millions de followers, LeBron James a confirmé ce qu'avait posté Kyle Kuzma, son coéquipier aux LA Lakers : " Meesseman is cash flames ! " James, le joueur NBA le plus connu au monde, venait de voir la Belge à l'oeuvre dans le quatrième match de demi-finale de WNBA entre les Las Vegas Aces et la phalange de Meesseman, les Washington Mystics. Emma Buckets avait inscrit 22 points, dont 4 trois-points sur 4 plus le panier décisif à une demi-minute de la fin. Elle a ainsi qualifié son équipe pour sa première finale WNBA, qui doit être achevée au moment où vous lisez ces lignes - le quatrième match contre Connecticut Sun se déroulait mardi soir -, à moins qu'elle ne se décide dans la nuit de jeudi, dans un game five décisif. Messeman a montré dans les trois premiers matches de la finale, comme dans les demi-finales contre Las Vegas, ce que lui avait prédit son entraîneurs aux Mystics, Mike Thibault, dès sa première saison US, en 2013 : elle allait devenir une des meilleures joueuses de WNBA. On la qualifie même de licorne. En 2016, Kevin Durant avait appliqué le terme à Kristaps Porzingis, le centre de 2m21 des New York Knicks. Malgré sa taille, celui-ci est très mobile et marque souvent des trois-points, ce qui est l'atout principal des petits gabarits. D'où l'expression unicorne ou licorne pour qualifier une combinaison rare. Avec une nuance : le basket US a gagné en rythme et les positions se confondent constamment, ce qui convient parfaitement à notre compatriote. Pourtant, jusqu'en septembre 2015, elle n'excellait pas dans les trois-points, que ce soit à Villeneuve d'Ascq (2012-2014) ou au Spartak Moscou (2014-2016), même si elle avait acquis une excellente technique aux Blue Cats Ypres. " Elle pourrait dispenser un stage ", a récemment dit Philip Mestdagh, le sélectionneur de la Belgique. Meesseman était une joueuse d'équipe. Pourquoi tirer elle-même si une coéquipière était prête à le faire ? Elle manquait d'assurance aussi. " Je réalise que des vedettes auxquelles j'aurais jadis demandé un autographe n'ont que deux bras et deux jambes, comme moi. Donc, j'essaie de développer mon jeu contre elles aussi. " Elle a quand même mis deux ans pour mettre en pratique ses paroles. Le coach des Mystics a même failli lui donner des amendes si elle ne tentait pas assez souvent sa chance. En vain. Par contre, ses séances de tirs au Spartak, avec Stefanie Dolson, sa coéquipière aux Mystics, l'ont aidée. Aux States, Thibault l'a aussi obligée à participer aux shooting contests des Mystics. Elle a pris de l'assurance mais au-delà de la ligne des trois-points. " Recule d'un pas et tu marqueras cinq points de plus par match ", a conseillé Thibault. L'Yproise s'est exécutée à partir de 2016 : 67 essais en 34 matches, dont 30 avec succès et un pourcentage de 44,8%, à la Stephen Curry, le meilleur tireur de NBA. Mike Thibault a encouragé la joueuse à tirer encore plus souvent car à l'entraînement, Em marque même de la ligne NBA, qui est un demi-mètre plus loin du panier qu'en WNBA. La licorne belge est donc devenue une arme fatale. Elle a appliqué celle-ci dans son nouveau club russe, l'UMMC Iekaterinbourg, à une fréquence moindre - une fois par match - mais avec encore plus de réussite. La saison passée, elle a marqué 10 fois sur 14 en 17 matches, soit un taux de réussite de 71%, et 6 fois sur 15 (40%) en Euroleague. Elle a marqué 4 trois-points sur 10 lors de ses 6 matches avec les Belgian Cats. Elle a continué sur sa lancée cette saison en WNBA : elle a marqué 55,2% de ses tirs de champ, 42,2% de ses trois-points (45 tentatives en 23 matches) et 90,5% de ses coups francs. Il est exceptionnel d'atteindre de telles moyennes dans les trois catégories. Dans toute l'histoire de la NBA, seuls huit basketteurs y sont parvenus et parmi eux, on trouve de grands noms comme Larry Bird, Reggie Miller, Steve Nash et Stephen Curry. En WNBA ? Une seule joueuse. Pas Emma car elle a loupé onze matches à cause de l'EURO et n'a donc pas atteint le nombre requis de trois-points réussis (25 alors qu'elle en a eu 9) et de coups francs (50, elle en a eu 38). Cet honneur est revenu à sa coéquipière Elena Delle Donne, également unicorne avec son 1m96 et plus encore que Meesseman l'étoile des Mystics, puisqu'elle a été élue MVP en 2015 et la saison écoulée. Les deux femmes étaient déjà associées en 2017, la première saison de Delle Donne à Washington, mais leur lien a été coupé en 2018 quand Meesseman a accordé la priorité à sa campagne pour le Mondial puis a souhaité opérer un break estival, après six longues années sans pause, puisqu'elle jouait en Europe en automne et en hiver et enchaînait avec la WNBA au printemps et en été. Les Washington Mystics ont bien atteint la finale sans elle l'année passée mais Seattle les a balayés 3-0. En choeur, Mike Thibault et Elena Delle Donne s'étaient exclamés : attendez qu'Emma revienne ! De fait, quand Emma est revenue en WNBA, en mai dernier, avec à ses côtés une autre Belge, Kim Mestdagh, elle a prouvé qu'elle était le maillon manquant, même si elle a passé une grande partie du championnat régulier sur le banc. Delle Donne et Meesseman jouent en pointe, avec le centre LaToya Sanders. Quand Kristi Toliver s'est blessée, fin août, Thibault a décidé d'aligner de concert Meesseman et Delle Donne. Avec succès. elles forment ce qu'on appelle le E au carré, aux USA, et pas seulement à cause de la première lettre de leur prénom : elles sont parfaitement complémentaires. Emma Meesseman a parfaitement exploité son nouveau rôle dans le cinq de base : début septembre, dans les quatre derniers matches du championnat régulier, elle est passée d'une moyenne de 20 à 30 minutes. Ses tirs ont suivi la même courbe, de même que le nombre de paniers inscrits. Thibault s'est épanché en louanges sur l'agressivité de Meesseman, qui a appelé plus de ballons et a changé de langage corporel. Les Mystics ont enclenché la vitesse supérieure dans sa foulée : elles ont terminé le championnat régulier en première position, avec la meilleure attaque de toute l'histoire de WNBA et un duo au carré, avec deux joueuses polyvalentes, capables de marquer de tous les angles, de loin comme près du panier. Meesseman n'est pas parmi les plus lourdes, avec ses 86 kilos, mais elle parvient à se jouer d'adversaires plus grandes et plus costaudes grâce à sa technique, sa vitesse et sa mobilité. Elle est également capable de se positionner par son sublime jeu de pieds et ses trajectoires de courses, afin de pouvoir tirer, des trois-points ou à mi-distance. Meesseman s'est encore améliorée dans les play-offs : elle a consenti un effort de plus et marqué à cinq reprises plus de 20 points dans les quatre demi-finales contre Las Vegas et les trois premiers matches de la finale contre le Connecticut (avant la clôture de ce magazine). C'est 2,5 fois plus qu'en championnat régulier. Elle a en outre obtenu un pourcentage encore supérieur en field goals (59,2% contre 55,2%) et en trois-points (57,5% contre 42,2%). Le tout en alliant calme et mentalité de killer. La coming out party d'Emma Buckets/Emma Play-Offs, passée du statut de role player à celui de star, est applaudie de toutes parts, par la presse, par LeBron James, par ses coéquipières. " All Hail our new Belgian Queen ", a même titré un blogueur. Et des EmmaPlay-Offs T-shirts ont également été façonnés. Vous savez peut-être déjà si ça lui a permis de remporter un premier titre WNBA. En tout cas, Meesseman s'est installée dans le penthouse de la WNBA et est devenue la figure de proue du basket belge. Modeste et réaliste, elle ne le réalise peut-être pas, comme Kim Mestdagh vient de le confier à ESPN : " Parfois, on doit lui dire : tu es Emma. L'Emma. "