A trois mois de l'ouverture des JO de Rio, l'incertitude politique au Brésil liée à la procédure de destitution engagée contre la présidente Dilma Rousseff s'ajoute à une situation économique précaire. L'épidémie du virus Zika, elle, est "clairement en régression", a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). En France, à six semaines du coup d'envoi de l'Euro, le gouvernement a décidé de prolonger de deux mois supplémentaires l'état d'urgence en vigueur depuis les attentats du 13 novembre.

"Au-delà de la crainte de voir ces risques se matérialiser, ces situations peuvent anéantir le facteur 'feel good' habituellement associé à ces grands événements sportifs", estime Jean-Loup Chappellet, professeur à l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) de Lausanne, spécialiste du mouvement olympique. "Les JO de Rio doivent faire face à un nombre de problèmes que personne n'aurait pu imaginer. Mais toutes les mesures de sécurité ont été prises et de nombreux défis anticipés", assure cet ancien responsable du Comité international olympique (CIO).

Pari osé de choisir 2 fois le Brésil

Cet habitué des Jeux rappelle toutefois que "le mouvement olympique a déjà dû faire face à des crises": "le terrorisme n'est pas une menace nouvelle, il faut se souvenir de Munich en 1972", quand des preneurs d'otages palestiniens avaient abattu des athlètes israéliens.

"La conjonction de problèmes sanitaire, économique et terroriste donne une perspective nouvelle aux événements sportifs de cet été", estime pour sa part Nathalie Zimmermann-Nenon, directrice de la division sports au sein de Kantar Media, société de conseil et études de marché.

Le risque politique "était déjà prégnant lors de la Coupe du monde de football en 2014, et c'était sans doute un pari très osé de donner au Brésil deux événements d'ampleur planétaire à organiser en l'espace de sept ans" (ndlr: depuis 2009), ajoute cette ancienne consultante pour les candidatures olympiques françaises. "Aucun pays dit 'développé' n'a jamais eu ce tour de force à gérer", rappelle-t-elle.

A la lumière des difficultés rencontrées par le Brésil dans la préparation des Jeux de Rio, le CIO pourrait être tenté, selon des sources concordantes, de ne prendre aucun risque dans l'attribution des JO-2024 pour lesquels quatre villes sont en compétition, Budapest, Los Angeles, Paris et Rome.

Des considérations qui ont d'ailleurs pu déjà entrer en jeu lorsque le CIO a attribué en août dernier les JO d'hiver 2022 à Pékin plutôt qu'à Almaty (Kazakhstan).

"On est aujourd'hui dans une zone de sensibilité particulière à cause de Rio", estime Jean-Christophe Rolland, président de la Fédération internationale d'aviron. "L'idée d'aller plutôt dans un pays stable, cela a pu jouer."

A trois mois de l'ouverture des JO de Rio, l'incertitude politique au Brésil liée à la procédure de destitution engagée contre la présidente Dilma Rousseff s'ajoute à une situation économique précaire. L'épidémie du virus Zika, elle, est "clairement en régression", a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). En France, à six semaines du coup d'envoi de l'Euro, le gouvernement a décidé de prolonger de deux mois supplémentaires l'état d'urgence en vigueur depuis les attentats du 13 novembre."Au-delà de la crainte de voir ces risques se matérialiser, ces situations peuvent anéantir le facteur 'feel good' habituellement associé à ces grands événements sportifs", estime Jean-Loup Chappellet, professeur à l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) de Lausanne, spécialiste du mouvement olympique. "Les JO de Rio doivent faire face à un nombre de problèmes que personne n'aurait pu imaginer. Mais toutes les mesures de sécurité ont été prises et de nombreux défis anticipés", assure cet ancien responsable du Comité international olympique (CIO).Pari osé de choisir 2 fois le BrésilCet habitué des Jeux rappelle toutefois que "le mouvement olympique a déjà dû faire face à des crises": "le terrorisme n'est pas une menace nouvelle, il faut se souvenir de Munich en 1972", quand des preneurs d'otages palestiniens avaient abattu des athlètes israéliens."La conjonction de problèmes sanitaire, économique et terroriste donne une perspective nouvelle aux événements sportifs de cet été", estime pour sa part Nathalie Zimmermann-Nenon, directrice de la division sports au sein de Kantar Media, société de conseil et études de marché.Le risque politique "était déjà prégnant lors de la Coupe du monde de football en 2014, et c'était sans doute un pari très osé de donner au Brésil deux événements d'ampleur planétaire à organiser en l'espace de sept ans" (ndlr: depuis 2009), ajoute cette ancienne consultante pour les candidatures olympiques françaises. "Aucun pays dit 'développé' n'a jamais eu ce tour de force à gérer", rappelle-t-elle.A la lumière des difficultés rencontrées par le Brésil dans la préparation des Jeux de Rio, le CIO pourrait être tenté, selon des sources concordantes, de ne prendre aucun risque dans l'attribution des JO-2024 pour lesquels quatre villes sont en compétition, Budapest, Los Angeles, Paris et Rome.Des considérations qui ont d'ailleurs pu déjà entrer en jeu lorsque le CIO a attribué en août dernier les JO d'hiver 2022 à Pékin plutôt qu'à Almaty (Kazakhstan)."On est aujourd'hui dans une zone de sensibilité particulière à cause de Rio", estime Jean-Christophe Rolland, président de la Fédération internationale d'aviron. "L'idée d'aller plutôt dans un pays stable, cela a pu jouer."