Août 2016, dans le Deodoro de Rio, les hockeyeurs belges sortent de l'anonymat dans lequel ils étaient enfermés depuis longtemps. En battant les Pays-Bas en demi-finale, les Red Lions s'assurent une médaille et un retentissement national. Et même si la défaite a laissé un goût amer, elle a marqué le point de départ d'une génération exceptionnelle, qui va partir à la conquête de tous les titres.
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Août 2016, dans le Deodoro de Rio, les hockeyeurs belges sortent de l'anonymat dans lequel ils étaient enfermés depuis longtemps. En battant les Pays-Bas en demi-finale, les Red Lions s'assurent une médaille et un retentissement national. Et même si la défaite a laissé un goût amer, elle a marqué le point de départ d'une génération exceptionnelle, qui va partir à la conquête de tous les titres. Depuis, ils avancent, soudés et heureux d'avoir ce blason sur le coeur. "Je suis très fier de représenter les couleurs de ce pays", évoque d'emblée Victor Wegnez, milieu de terrain de l'équipe nationale et du Racing Club Bruxelles. "C'est bizarre parce que je suis à moitié Français, mais je trouve notre pays fantastique, même s'il y a des inconvénients comme les taxes, les embouteillages et le mauvais temps ( Rires)." Un sentiment partagé par Cédric Charlier, l'attaquant qui est de retour dans son club historique du Racing Bruxelles et Nicolas de Kerpel, milieu de terrain évoluant à Herakles. "Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens rêveraient de porter le maillot que l'on a sur les épaules, donc je trouve ça génial de pouvoir le faire et rendre fiers nos supporters", confirme l'Anversois. Cette fierté participe également à leur cohésion de l'équipe. Très amis, les vingt-trois joueurs qui composent le groupe se connaissent depuis longtemps. "Les championnats belges et néerlandais sont très bons, donc on y évolue presque tous. Ça nous a permis de nous côtoyer depuis longtemps", explique De Kerpel. L'enjeu est alors de conserver la compétitivité dans le groupe. "C'est clair que dans certains groupes, ne pas vouloir heurter les gens peut être une faiblesse. Mais notre staff fait un gros boulot pour créer une atmosphère propice aux feed-backs et à l'ouverture aux avis différents", souligne Cédric Charlier. Car être fiers du blason et soudés n'amènent pas de titre. Pour débloquer leurs palmarès, les Red Lions ont dû travailler et développer des qualités aujourd'hui indéniables. Les forces des Red Lions sont nombreuses, tant individuellement que collectivement. "Pour le moment, nous sommes la meilleure équipe du monde avec la meilleure tactique. C'est grâce à notre entraîneur Shane McLeod, qui est le meilleur tacticien du monde", pense De Kerpel. Cédric Charlier abonde dans le même sens, mais ajoute: "Je pense aussi que nous avons des joueurs à des postes-clés qui font partie de l'équipe depuis quinze ans et qui ont traversé tous les schémas tactiques imaginables. Sur le terrain, ça nous permet de réagir très rapidement quand quelque chose qui ne faisait pas partie de notre plan se déroule." Physiquement aussi, les Belges peuvent faire la différence, notamment en fin de rencontre. Plus endurants que leurs concurrents, ils savent qu'ils pourront prendre le dessus sur l'adversaire du jour, même si celui-ci mène au score. "Nous avons une double arme", insiste Victor Wegnez. "Si on est menés, on sait qu'on peut revenir dans le dernier quart-temps et si on mène, en étant numéros 1 mondiaux et champions du monde, l'équipe adverse se dira que c'est mission impossible. C'est difficile à gérer pour eux et clairement un avantage pour nous." Cette supériorité physique s'explique aussi par l'équipe ultra-complète que sont les Red Lions. Le groupe regorge tellement de bons joueurs que de nombreux changements peuvent être effectués sans qu'une variation de niveau soit ressentie. "Ça nous permet de rester plus frais en fin de match, que ce soit physiquement ou mentalement, pour mieux gérer les dernières minutes", confirme Charlier. Et quand la machine collective se grippe, quelques individualités peuvent prendre le relai pour montrer la voie à suivre. " Vincent Vanasch fait toujours les bons arrêts quand il le faut, Arthur Van Doren est un mur en défense et lit très bien le jeu et Alexander Hendrickx marque les PC ( penalty-corners, ndlr) importants. Ça fait la différence", assure De Kerpel. À Tokyo, les Red Lions auront bien besoin de seize joueurs au sommet de leur art pour repartir avec la médaille d'or. Versés dans un groupe avec les Pays-Bas, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, le Canada et l'Afrique du Sud, les Belges devront directement être dans le coup pour éviter de se faire surprendre. Ce tirage délicat n'est pas forcément un désavantage pour les joueurs. "Personnellement, j'aime plutôt bien me confronter aux meilleures nations dès le départ. Soit ça nous lancera vraiment pour la compétition, soit ça nous remettra les pieds sur terre et nous forcera à être meilleurs directement", estime Cédric Charlier. Privés de l'or olympique par une Argentine soutenue par de nombreux supporters à Rio cinq ans plus tôt, les Belges veulent conquérir le seul titre qui leur manque. Ils refusent pourtant de parler de revanche. "On a surtout la sensation d'être passé à côté de quelque chose et on ne veut pas revivre ça", confirme Cédric Charlier, présent lors des trois dernières olympiades. Et Victor Wegnez de rajouter: "C'est surtout parce qu'on sait que nous sommes la meilleure équipe que nous voulons absolument l'or. Pas spécialement en fonction de ce qu'il s'est passé il y a cinq ans". Avant de rejoindre Tokyo, les Red Lions commenceront ce samedi par la défense de leur titre européen à Amsterdam. Même si ce n'est pas la priorité de leur été, ils viseront l'or. "Nous allons jouer le coup à fond et tenter de gagner, mais on ne sera pas à 100% physiquement. Notre pic de forme est prévu à Tokyo, donc nous verrons bien quel sera notre niveau à l'EURO", explique De Kerpel. Avec la confiance et la soif de victoire qui règnent au sein du groupe, nul doute que les Red Lions auront une belle carte à jouer dans les deux compétitions.