Les athlètes russes ont beau concourir lors de ces JO d'hiver de Pékin sous bannière neutre, ils continuent à faire parler d'eux pour des affaires de dopage. Cette fois, c'est une adolescente à peine âgée de 15 ans, prodige annoncé du patinage artistique qui est dans l'oeil du cyclone : Kamila Valieva. Contrôlée positive à trimétazidine (à ne pas confondre avec la Tizanidine dont nous vous parlions lorsque le produit avait été évoqué dans le cyclisme avec l'équipe Bahrein-Merida), une substance utilisée pour soulager les angines de poitrine mais interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014, notamment parce qu'elle améliorerait la circulation sanguine. Grande favorite de l'épreuve individuelle qui démarre ce mardi 15 février et où s'alignera aussi notre compatriote Loena Hendrickx (qui pourrait peut-être récupérer une médaille de bronze européenne dans l'aventure), l'adolescente de Kazan attend une décision du TAS (Tribunal Arbitral du Sport) ce dimanche 13 pour savoir si elle pourra s'aligner ou non sur l'épreuve.
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Les athlètes russes ont beau concourir lors de ces JO d'hiver de Pékin sous bannière neutre, ils continuent à faire parler d'eux pour des affaires de dopage. Cette fois, c'est une adolescente à peine âgée de 15 ans, prodige annoncé du patinage artistique qui est dans l'oeil du cyclone : Kamila Valieva. Contrôlée positive à trimétazidine (à ne pas confondre avec la Tizanidine dont nous vous parlions lorsque le produit avait été évoqué dans le cyclisme avec l'équipe Bahrein-Merida), une substance utilisée pour soulager les angines de poitrine mais interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014, notamment parce qu'elle améliorerait la circulation sanguine. Grande favorite de l'épreuve individuelle qui démarre ce mardi 15 février et où s'alignera aussi notre compatriote Loena Hendrickx (qui pourrait peut-être récupérer une médaille de bronze européenne dans l'aventure), l'adolescente de Kazan attend une décision du TAS (Tribunal Arbitral du Sport) ce dimanche 13 pour savoir si elle pourra s'aligner ou non sur l'épreuve.C'est la dernière sensation mondiale russe en partinage artistique. La native de Kazan, située dans le Tatarstan dont elle est la capitale et qui rappelle forcément de bons souvenirs brésiliens aux Diables rouges, était devenue lundi la première patineuse à réussir un quadruple saut aux Jeux olympiques lors du programme libre femmes comptant pour la compétition par équipes. Un exploit avant la révélation de son contrôle positif. Avant elle, la Kazakhe Elizabet Tursynbaeva était devenue la première patineuse à réussir un "quad" en compétition internationale seniors (déjà un salchow), lors des Mondiaux de Saitama en 2019. Seule la Japonaise Miki Ando avait déjà signé un quadruple saut en compétition internationale (un salchow aussi, en finale du Grand Prix juniors 2002).Kamila Valieva était devenue championne du monde dans la catégorie juniors en 2020, mais n'a pas tardé à secouer la hiérarchie dès son entrée dans la cour des grandes. L'adolescente est presque invaincue puisqu'il a remporté ses deux Grands Prix, le Skate Canada et la Coupe de Russie. Elle est devenue championne de Russie et surtout championne d'Europe à la mi-janvier en battant plusieurs fois les records du monde de points de la discipline. Pour ses débuts olympiques, elle apportait sa pierre à la victoire russe lors de la compétition par équipes avec notamment ce fameux quadruple saut. Issue de l'école de la sévère Eteri Tutberidze, connue pour avoir préparé préparé Ioulia Lipnitskaïa lors de son titre olympique de 2014, Evgenia Medvedeva, double médaillée d'argent à Pyeongchang en 2018 et double championne du monde ainsi quela championne olympique en titre et championne du monde 2019 Alina Zagitova. Anna Shcherbakova, championne du monde en titre, et Alexandra Trusova, médaillée de bronze européenne et mondiale, sont aussi des élèves de l'entraîneuse moscovite. Elles avaient accompagné Valieva sur le podium européen il y a moins d'un mois, où Loena Hendrickx avait échoué à la quatrième place, et entendaient bien en faire de même aux JO.L'affaire Valieva a éclaté ce mercredi lorsque le Comité international olympique a annoncé le report de la cérémonie des médailles de l'épreuve par équipes de patinage artistique pour des raisons "juridiques". Des rumeurs circulaient sur la présence d'un cas de dopage concernant l'une(e) des nouveaux champion(ne)s olympiques. Le nom de Kamila Valieva est rapidement sorti dan la presse russe avant que l'agence antidopage du pays, la Rusada, ne notifie ce contrôle positif et suspende provisoirement le mardi la patineuse de 15 ans. Cette dernière a fait appel dans la foulée et obtenu la levée de cette suspension, ce qui lui permettait de continuer à participer aux épreuves olympiques. Sauf que le CIO est entré en scène en faisant appel de la décision russe devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), sans attendre de connaître les motivation de Rusada concernant la levée de la sanction disciplinaire. Une décision doit être rendue avant le début du programme court chez les femmes, à savoir le 15 février. Kamila Valieva aurait utilisé de la trimétazidine, un médicament qui soulage les angines de poitrine. Il fait partie des produits interdits dans la liste de l'Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014. Ce produit est rarement détecté dans un cadre sportif et certains scientifiques doute de son effet dopant même s'il améliorerait la circulation sanguine. Le lutteur français Zelimkhan Khadjiev, avait contesté sa suspension de quatre ans pour un contrôle positif au Vastarel, un médicament dont la trimétazidine est un principe actif. "Les nombreux effets secondaires de type parkinsoniens ne semblent pas être de nature à favoriser un usage chez les sportifs", soulignait en 2020 le pharmacien et toxicologue Pascal Kintz dans la revue Toxicologie analytique et clinique, évoquant les risques de "troubles de la marche", "de chute" et "d'hallucinations". C'est vrai que ça ne semble pas sur le papier de nature à aider une patineuse artistique qui a besoin d'une précision des mouvements à toute épreuve pour briller.Etant donnée qu'elle n'a que 15 ans, Kamilia Valieva est considérée comme une "personne protégée", une catégorie introduite par l'AMA au début de l'année 2021. On retrouve notamment dans cette catégorie les sportives et sportifs âgé(e)s de moins de 16 ans. C'est ce qui explique pourquoi les instances antidopage ont tardé avant d'annoncer le contrôle positif de la championne d'Europe.La sanction que pourrait encourir la native de Kazan pourrait donc être moins sévère que celle reçue par le lutteur français évoqué plus haut. L'arsenal de punition va de la réprimande à deux ans de suspension, au lieu de quatre habituellement. Pour David Pavot, directeur de la chaire mondiale de recherche sur l'antidopage dans le sport à l'université canadienne de Sherbrooke, il ne fait aucun doute que la patineuse russe sera suspendue et privée de la suite de ses Jeux. Ses résultats obtenus depuis son contrôle pourraient alors être rétroactivement annulés, ce qui pourrait permettre à Loena Hendrickx de récupérer la médaille de bronze des championnats d'Europe de Tallinn si le contrôle dont on ne connait pas la date a eu lieu avant cette épreuve.La Russie pourrait donc perdre la médaille d'or du concours par équipes, mais cette situation n'est cependant pas, selon un avocat français spécialisé dans l'antidopage et contacté par Franceinfo, prévue dans les règlements. L'équipe pourrait donc conserver une médaille dont seule Valieva serait privée. Dans l'athlétisme, où il existe de nombreuses compétition en relais, le cas de figure a été prévu et permet de retirer le titre ou la médaille à l'équipe incriminée. C'est comme ça que le relais belge féminin du 4X100 m a récupéré sa médaille d'or des JO de Pékin près de dix ans plus tard après la disqualification du relais... russe, suite au contrôle positif d'une de ses athlètes. Le Comité olympique russe (ROC) a en tout cas déjà déclaré qu'il n'y avait "aucune raison" d'annuler cette médaille d'or. Son président, Stanislav Pozdnyakov, a même soulevé des "interrogations sérieuses" quant aux conditions du contrôle positif de sa patineuse. "La norme internationale de traitement de l'échantillon A par le laboratoire de l'AMA est de 20 jours après la livraison de l'échantillon. C'est troublant que l'échantillon ait mis près d'un mois pour faire le trajet de Saint-Pétersbourg à Stockholm (c'est là que se situe le laboratoire effectuant les contrôles)."A la fin de l'année 2020, la Russie avait été suspendue pour deux années de toute compétition internationale par le TAS. Ses sportives et sportifs peuvent cependant participer à des épreuves sous pavillon neutre s'ils n'ont pas été personnellement sanctionnés dans une affaire de dopage. Le cas de Valieva ne devrait quoiqu'il arrive en principe pas aggraver la sanction que subit le pays.