À quelques mois du coup d'envoi des XXXIIe Jeux Olympiques, le Comité Olympique et Interfédéral Belge peaufine, malgré l'incertitude générale, les derniers détails d'une préparation qui a débuté il y a presque cinq ans. Entre la distance, le report et les conditions sanitaires, l'organisation de cette édition aura été inédite pour le COIB. Mais il tente tout de même de mettre les petits plats dans les grands pour accueillir dignement la délégation belge et faire de cet événement le plus grand de la carrière des athlètes.
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À quelques mois du coup d'envoi des XXXIIe Jeux Olympiques, le Comité Olympique et Interfédéral Belge peaufine, malgré l'incertitude générale, les derniers détails d'une préparation qui a débuté il y a presque cinq ans. Entre la distance, le report et les conditions sanitaires, l'organisation de cette édition aura été inédite pour le COIB. Mais il tente tout de même de mettre les petits plats dans les grands pour accueillir dignement la délégation belge et faire de cet événement le plus grand de la carrière des athlètes. "La préparation des Jeux Olympiques de Tokyo a commencé trois ou quatre ans avant, peu de temps après Rio", précise d'emblée Olav Spahl, chef de mission pour les JO de Tokyo. Et dès ce moment-là, des premières étapes se sont déjà imposées. Un premier voyage sur place a permis de visiter les lieux qui pouvaient s'avérer utiles pour la préparation et de détecter les spécificités du pays. Mais ce que les sportifs attendaient surtout, c'était de connaître les conditions qu'ils devaient remplir pour avoir la chance d'être du voyage. Il fallait alors attendre les minimas internationaux pour pouvoir établir, sur base de cela, des critères particuliers et internes au COIB. Ce travail, réalisé deux ans avant les Jeux Olympiques, nécessitait une attention particulière, puisqu'il devait rapidement constituer le plus grand objectif des sportifs du pays. Est alors venue la période où les voyages vers le Japon se sont accumulés et où les premières décisions devaient être prises. "Nous devions savoir où sont situées les infrastructures, où se trouvent les lieux de compétition et décider quel est le meilleur emplacement pour nous. Cette fois, nous avons décidé de mettre notre camp de base à Mito. C'est un travail que l'on réalise avec les préfectures et non pas avec le comité d'organisation des Jeux Olympiques", précise Olav Spahl. Les athlètes et les fédérations sont également parties prenantes de cette organisation. "Au camp de base, nous avons accueilli des athlètes qui ont fait un stage en préparation de compétitions au Japon. C'est notamment le cas des relais en athlétisme, des Belgian Cats en basket féminin, des marathoniens ou des triathlètes. Grâce à cela, on reçoit le feed-back de nos sportifs et on peut ajuster notre organisation", explique le chef de mission. L'encadrement des athlètes au moment de la compétition est également à prévoir, notamment au niveau médical et paramédical. "Pour une délégation d'environ 130 athlètes, il y aura une quinzaine de kinésithérapeutes et approximativement cinq docteurs totalement disponibles pour nos sportifs", précise Spahl. Suite au report des Jeux Olympiques décidé en avril dernier, toute cette organisation a dû être revue. "Nous avons eu la chance que le report ait été connu assez tôt. C'était rapide, cela nous a permis de changer notre manière de travailler", rappelle le chef de mission. Après avoir annulé les vols, les hôtels et les différents préparatifs pour éviter des frais supplémentaires, les membres du COIB se sont attelés à adapter les critères de sélection pour que les athlètes sachent sur quel pied danser. "C'était prêt avant même le début des JO prévus en 2020", souligne Spahl. Il a alors fallu revoir tous les préparatifs organisés depuis presque quatre ans. Mais au vu de l'instabilité de la situation sanitaire, cette réorganisation n'est pas simple. De nombreux scénarios sont sur la table. "Il y a quatre scénarios majeurs qui concernent le virus et notre vie en fonction de cela. Cela va d'une vision où l'on a appris à vivre avec lui à une situation où il est extrêmement présent. À l'intérieur de ces quatre grands axes, nous avons plusieurs catégories qui concernent les différents protocoles à établir, que ce soit au niveau de l'entrée sur le territoire, du nettoyage, de la logistique ou des services médicaux, par exemple. Il y a donc une multitude d'éléments à prévoir", indique le chef de mission. "Notre principal objectif est d'augmenter le nombre de top 8 réalisés par nos athlètes. À Rio, nous en avions atteint 19, donc nous aimerions bien en compter vingt ou même 21", avance d'emblée Olav Spahl. Mais l'incertitude est bien réelle après une année de confinement et une préparation tronquée pour de nombreux athlètes à travers le monde. À l'heure actuelle, il est difficile de savoir si le report aura des conséquences positives. Bien sûr, certains athlètes pourront développer davantage leur potentiel, mais tous auront vieilli d'une année supplémentaire et certains ne seront peut-être plus à leur meilleur niveau. D'autant plus que les circonstances de compétitions sur place sont encore floues et qu'un test positif au Covid-19 pourrait anéantir les chances d'un favori ou l'autre. "Il y a aussi ces incertitudes sur le fait que des gens aient utilisé la période de confinement de manière illégale, en utilisant des produits interdits par exemple, pendant un moment où les agences anti-dopage n'ont pas travaillé", ajoute le Directeur du Sport de haut niveau du COIB. Cette donnée pourrait inévitablement déséquilibrer les chances entre les différentes nations. Mais cela reste tout de même une supputation, tant il est difficile de tirer des conclusions avec le peu de compétitions disputées actuellement. Il faudra aussi connaître le nom des Russes qui pourront concourir sous bannière neutre, car ils sont, dans certaines disciplines, capables de s'immiscer sur les podiums. Mais le plus important pour la délégation belge est de se concentrer sur elle-même. On le sait, beaucoup d'athlètes ont décidé de poursuivre leur route vers Tokyo et de nouveaux talents émergent, ce qui pourrait faire la différence. "La Belgique a réagi très vite pendant le premier confinement et a laissé les infrastructures ouvertes pour les athlètes sous contrat avec les communautés. Il y a une continuité dans les entraînements, ce qui n'a pas été le cas dans tous les pays et qui pourrait nous apporter un gros plus", souligne Spahl. De quoi viser encore plus haut que 21 tops 8?