Même s'il joue déjà depuis quelques années en première division - d'abord cinq ans aux Leuven Bears, et maintenant deux ans aux Antwerp Giants - le nom d'Ismael Bako (23 ans) n'a atteint une certaine renommée auprès de l'amateur de sport belge que depuis quelques mois. Le natif de Louvain est, avec le distributeur américain Paris Lee, le grand artisan de la belle saison du club anversois. Il est conscient que quelque chose a changé, depuis l'été dernier.

Ismael Bako : La raison principale ? Je suis devenu plus large. A ma position, sous l'anneau, on doit souvent en découdre avec des colosses de 100 kg et plus. Lorsqu'on ne pèse que 90 kg, on est balayé comme un fétu de paille. L'été dernier, j'ai beaucoup travaillé mon physique, tant en salle de musculation qu'avec un diététicien. Je ne suis plus déséquilibré à la moindre poussée.

Tu as également évolué sur le plan offensif ?

Bako : Défensivement, j'ai toujours tiré mon épingle du jeu, et pour un joueur de grande taille, je suis aussi assez rapide. Donc, oui, c'est au niveau offensif que je disposais de la plus grande marge de progression. J'ai beaucoup travaillé avec notre assistant-coach Christophe Beghin. Il m'a surtout appris jouer des coudes, à utiliser l'adversaire, comme il le faisait lui-même lorsqu'il était joueur. Autrefois, j'essayais d'éviter le contact. Mais ma progression est aussi liée à la complicité que j'ai trouvée avec Paris Lee. Nous nous trouvons les yeux fermés et c'est tout bénéfice pour l'équipe.

" Aujourd'hui, je ne me laisse plus influencer "

Lee a, tout comme toi, progressé par rapport à la saison dernière.

Bako : Il débarquait d'un collège américain. On y joue un basket tout-à-fait différent. Là-bas, en défense, un joueur peut rester au maximum trois secondes sous l'anneau. De ce fait, aux Etats-Unis, il pouvait plus facilement dribbler vers l'anneau et marquer. En Belgique, il se heurtait constamment à un centre qui avait pris position sous l'anneau. Il est normal qu'il ait eu besoin de temps pour s'adapter.

Pourquoi n'as-tu véritablement commencé à travailler ton corps de manière intensive que l'été dernier ?

Bako : Je le travaille depuis longtemps, mais lorsqu'on est encore en pleine croissance, c'est difficile de prendre beaucoup de muscles. A Louvain, je consultais chaque semaine un spécialiste de l'alimentation, mais ce n'est que lors de mon arrivée à Anvers que j'ai commencé à croire qu'une carrière professionnelle était possible et que j'ai davantage surveillé mon régime alimentaire. En soulevant des poids, et en en prenant, ma confiance s'est accrue. Je n'avais jamais pensé que cela pouvait avoir un impact psychologique.

As-tu déjà rencontré un adversaire qui pouvait t'intimider, sur le plan physique ?

Bako : Mike Myers, l'ancien pivot d'Ostende. Une armoire à glace. Après une petite poussée, je me suis retrouvé dans la tribune. C'est alors que je me suis dit que je devais résoudre ce problème, sinon je n'aurais aucune chance contre lui. A l'étranger, on rencontre régulièrement ce genre de gabarit, je devais donc progresser dans ce domaine.

Dans quelle mesure utilises-tu tes dunks et block-shots impressionnants comme une sorte d'intimidation ?

Bako : Avec ces dunks et ces blocks, j'essaie en premier lieu d'insuffler de l'énergie à l'équipe et aux supporters. Je ne suis pas du genre à chercher mon adversaire pendant tout le match. Comme les Américains aiment le faire, en règle générale. ( il sourit) Autrefois, je me laissais parfois influencer, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

" Ce n'est qu'à 21 ans que je me suis senti prêt à franchir un cap "

N'es-tu pas resté trop longtemps à Louvain ? Tu serais peut-être déjà plus loin dans ton évolution si tu étais parti plus tôt à Anvers ou Ostende ?

Bako : J'en ai eu la possibilité. Mais ce n'est que lors de ma dernière saison à Louvain, à 21 ans, que je me suis senti prêt à franchir un cap. Je ne suis pas certain que je serais plus loin, si j'étais parti plus tôt, et je serai toujours reconnaissant envers Louvain. C'est ce club qui m'a permis de passer des équipes de jeunes au basket professionnel.

En 2017, tu as été élu meilleur jeune joueur du championnat. Cet été-là, tu as participé à un tournoi réunissant les plus grands talents européens et tu as été invité aux camps d'été de la NBA.

Bako : Lorsque j'ai joué mon premier match dans ce tournoi, j'étais très nerveux. Comme les autres joueurs, d'ailleurs. On se rend compte qu'on a une occasion unique de se faire remarquer par les recruteurs des plus grands clubs. J'ai même loupé des lay-ups tout simples.

Tu as cru que ta chance était passée ?

Bako : Après ce premier match et une discussion avec le coach, tout est devenu plus facile. J'ai été nommé dans la première équipe du tournoi. Après, j'ai joué la Summer League pour les Dallas Mavericks. J'ai participé à des workouts pour Oklahoma, Milwaukee et Brooklyn.

Une expérience unique : on voyage seul, on est logé dans les hôtels les plus prestigieux, le lendemain on a un entraînement intensif de quelques heures et puis on refait sa valise pour partir vers sa prochaine destination. J'aime voyager seul, on apprend alors à se découvrir soi-même.

" Entre joueurs, on sait que ça va bouger la saison prochaine "

Au sein de l'équipe, se dit-on également que c'est maintenant ou jamais pour les Antwerp Giants ? Les chances de vous revoir, toi et Paris Lee, sur ce parquet la saison prochaine, semblent très minces.

Bako : Parmi les joueurs, on en parle très peu. On ne veut pas créer de jalousies. Nous avons aussi des objectifs à atteindre. Le Final Four, les play-offs, c'est sur cela qu'il faut se concentrer. Mais bon, la moitié de notre équipe arrive en fin de contrat, et on sait que cela va bouger l'été prochain.

Où se situe ton avenir ?

Bako : Je reste très prudent à ce sujet. Je n'ai pas envie de partir à l'étranger pour ronger mon frein sur le banc. J'en ai déjà parlé ouvertement avec le coach. Je lui fais confiance, il sait ce qui se cache derrière certains clubs. Si un entraîneur aime travailler avec un centre qui a un bon tir à distance, je n'aurai pas beaucoup de chances de jouer.

Le Final Four pourrait être un moment-clef. Si tu brilles dans le tournoi, des portes risquent de s'ouvrir.

Bako : Tout le monde sera très motivé à l'idée de se montrer. Pour nous, c'est bien que l'événement soit organisé à la maison, toute la famille sera présente. Lorsqu'on joue au Sportpaleis, on a l'impression d'être en NBA. C'est ce que j'ai ressenti en disputant la Night of the Giants, l'an passé.

Même s'il joue déjà depuis quelques années en première division - d'abord cinq ans aux Leuven Bears, et maintenant deux ans aux Antwerp Giants - le nom d'Ismael Bako (23 ans) n'a atteint une certaine renommée auprès de l'amateur de sport belge que depuis quelques mois. Le natif de Louvain est, avec le distributeur américain Paris Lee, le grand artisan de la belle saison du club anversois. Il est conscient que quelque chose a changé, depuis l'été dernier. Ismael Bako : La raison principale ? Je suis devenu plus large. A ma position, sous l'anneau, on doit souvent en découdre avec des colosses de 100 kg et plus. Lorsqu'on ne pèse que 90 kg, on est balayé comme un fétu de paille. L'été dernier, j'ai beaucoup travaillé mon physique, tant en salle de musculation qu'avec un diététicien. Je ne suis plus déséquilibré à la moindre poussée. Tu as également évolué sur le plan offensif ? Bako : Défensivement, j'ai toujours tiré mon épingle du jeu, et pour un joueur de grande taille, je suis aussi assez rapide. Donc, oui, c'est au niveau offensif que je disposais de la plus grande marge de progression. J'ai beaucoup travaillé avec notre assistant-coach Christophe Beghin. Il m'a surtout appris jouer des coudes, à utiliser l'adversaire, comme il le faisait lui-même lorsqu'il était joueur. Autrefois, j'essayais d'éviter le contact. Mais ma progression est aussi liée à la complicité que j'ai trouvée avec Paris Lee. Nous nous trouvons les yeux fermés et c'est tout bénéfice pour l'équipe. Lee a, tout comme toi, progressé par rapport à la saison dernière. Bako : Il débarquait d'un collège américain. On y joue un basket tout-à-fait différent. Là-bas, en défense, un joueur peut rester au maximum trois secondes sous l'anneau. De ce fait, aux Etats-Unis, il pouvait plus facilement dribbler vers l'anneau et marquer. En Belgique, il se heurtait constamment à un centre qui avait pris position sous l'anneau. Il est normal qu'il ait eu besoin de temps pour s'adapter. Pourquoi n'as-tu véritablement commencé à travailler ton corps de manière intensive que l'été dernier ? Bako : Je le travaille depuis longtemps, mais lorsqu'on est encore en pleine croissance, c'est difficile de prendre beaucoup de muscles. A Louvain, je consultais chaque semaine un spécialiste de l'alimentation, mais ce n'est que lors de mon arrivée à Anvers que j'ai commencé à croire qu'une carrière professionnelle était possible et que j'ai davantage surveillé mon régime alimentaire. En soulevant des poids, et en en prenant, ma confiance s'est accrue. Je n'avais jamais pensé que cela pouvait avoir un impact psychologique. As-tu déjà rencontré un adversaire qui pouvait t'intimider, sur le plan physique ? Bako : Mike Myers, l'ancien pivot d'Ostende. Une armoire à glace. Après une petite poussée, je me suis retrouvé dans la tribune. C'est alors que je me suis dit que je devais résoudre ce problème, sinon je n'aurais aucune chance contre lui. A l'étranger, on rencontre régulièrement ce genre de gabarit, je devais donc progresser dans ce domaine. Dans quelle mesure utilises-tu tes dunks et block-shots impressionnants comme une sorte d'intimidation ? Bako : Avec ces dunks et ces blocks, j'essaie en premier lieu d'insuffler de l'énergie à l'équipe et aux supporters. Je ne suis pas du genre à chercher mon adversaire pendant tout le match. Comme les Américains aiment le faire, en règle générale. ( il sourit) Autrefois, je me laissais parfois influencer, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. N'es-tu pas resté trop longtemps à Louvain ? Tu serais peut-être déjà plus loin dans ton évolution si tu étais parti plus tôt à Anvers ou Ostende ? Bako : J'en ai eu la possibilité. Mais ce n'est que lors de ma dernière saison à Louvain, à 21 ans, que je me suis senti prêt à franchir un cap. Je ne suis pas certain que je serais plus loin, si j'étais parti plus tôt, et je serai toujours reconnaissant envers Louvain. C'est ce club qui m'a permis de passer des équipes de jeunes au basket professionnel. En 2017, tu as été élu meilleur jeune joueur du championnat. Cet été-là, tu as participé à un tournoi réunissant les plus grands talents européens et tu as été invité aux camps d'été de la NBA. Bako : Lorsque j'ai joué mon premier match dans ce tournoi, j'étais très nerveux. Comme les autres joueurs, d'ailleurs. On se rend compte qu'on a une occasion unique de se faire remarquer par les recruteurs des plus grands clubs. J'ai même loupé des lay-ups tout simples. Tu as cru que ta chance était passée ? Bako : Après ce premier match et une discussion avec le coach, tout est devenu plus facile. J'ai été nommé dans la première équipe du tournoi. Après, j'ai joué la Summer League pour les Dallas Mavericks. J'ai participé à des workouts pour Oklahoma, Milwaukee et Brooklyn. Une expérience unique : on voyage seul, on est logé dans les hôtels les plus prestigieux, le lendemain on a un entraînement intensif de quelques heures et puis on refait sa valise pour partir vers sa prochaine destination. J'aime voyager seul, on apprend alors à se découvrir soi-même. Au sein de l'équipe, se dit-on également que c'est maintenant ou jamais pour les Antwerp Giants ? Les chances de vous revoir, toi et Paris Lee, sur ce parquet la saison prochaine, semblent très minces. Bako : Parmi les joueurs, on en parle très peu. On ne veut pas créer de jalousies. Nous avons aussi des objectifs à atteindre. Le Final Four, les play-offs, c'est sur cela qu'il faut se concentrer. Mais bon, la moitié de notre équipe arrive en fin de contrat, et on sait que cela va bouger l'été prochain. Où se situe ton avenir ? Bako : Je reste très prudent à ce sujet. Je n'ai pas envie de partir à l'étranger pour ronger mon frein sur le banc. J'en ai déjà parlé ouvertement avec le coach. Je lui fais confiance, il sait ce qui se cache derrière certains clubs. Si un entraîneur aime travailler avec un centre qui a un bon tir à distance, je n'aurai pas beaucoup de chances de jouer. Le Final Four pourrait être un moment-clef. Si tu brilles dans le tournoi, des portes risquent de s'ouvrir. Bako : Tout le monde sera très motivé à l'idée de se montrer. Pour nous, c'est bien que l'événement soit organisé à la maison, toute la famille sera présente. Lorsqu'on joue au Sportpaleis, on a l'impression d'être en NBA. C'est ce que j'ai ressenti en disputant la Night of the Giants, l'an passé.