Le tribunal de Munich a annoncé mardi mettre un terme au procès pour corruption à l'encontre de Bernie Ecclestone, 84 ans. On reprochait au milliardaire britannique et grand patron de la Formule 1 d'avoir, entre 2006 et 2007, versé près de 44 millions d'euros en pots de vin à Gerhard Gribkowsky, banquier chez Bayern LB.

L'objectif: permettre la vente des droits de la F1, à l'époque aux mains de la banque bavaroise, au fonds d'investissement CVC Capital Partners, qui avait les faveurs d'Ecclestone.

Ce dernier n'a jamais contesté ce versement, mais voyait plutôt ces 44 millions comme le "prix du silence" pour couper l'envie de Gribkowsky de dévoiler des informations gênantes le concernant au fisc britannique.

Mettant en avant "l'âge avancé du prévenu" et "la longue durée de la procédure", la justice allemande a expliqué qu'un accord avait été trouvé avec le prévenu, en échange d'un paiement de 100 millions de dollars, soit 74 millions d'euros. La loi locale permet effectivement la possibilité d'abandonner les poursuites contre une somme d'argent, même après le début du procès.

"Blanchiment judiciaire"

Déplorant qu'on puisse "acheter la justice", certains médias et responsables politiques ont réclamé un changement de législation. "Quelle que soit sa situation financière et sa place dans la société, chacun doit rendre des comptes", avait notamment martelé l'ex-ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (parti libéral FDP). Interrogée par la radio Deutschlandfunk, elle a plaidé pour une "restriction drastique" de ces négociations par la loi.

Le Süddeutsche Zeitung, dans un éditorial acide, avait aussi dénoncé à l'avance une opération de "blanchiment judiciaire" relevant de la "provocation", d'autant que l'autre protagoniste de l'affaire, Gerhard Gribkowsky, purge une peine de huit ans et demi de prison ferme.

"Les tarifs pratiqués dans cette station de lavage diffèrent assurément de ceux d'une station-service normale. Et l'on n'y nettoie pas une simple voiture, mais le patron du circuit", avait dénoncé le chroniqueur judiciaire du Süddeutsche, ancien magistrat à Munich.

En guise de commentaire, le journal populaire Bild, plus gros tirage de la presse allemande, s'est contenté de citer le réalisateur serbe Emir Kusturica: "Quand tu ne peux pas régler un problème par de l'argent, tu peux toujours le régler avec encore plus d'argent".

L'homme d'affaires britannique, un fils d'ouvrier dont la fortune tourne autour de quatre milliards d'euros, était jugé depuis le 24 avril. Il risquait une peine de prison de 10 ans, qui aurait sûrement entraîné la fin de sa carrière en F1.

Le tribunal de Munich a annoncé mardi mettre un terme au procès pour corruption à l'encontre de Bernie Ecclestone, 84 ans. On reprochait au milliardaire britannique et grand patron de la Formule 1 d'avoir, entre 2006 et 2007, versé près de 44 millions d'euros en pots de vin à Gerhard Gribkowsky, banquier chez Bayern LB.L'objectif: permettre la vente des droits de la F1, à l'époque aux mains de la banque bavaroise, au fonds d'investissement CVC Capital Partners, qui avait les faveurs d'Ecclestone. Ce dernier n'a jamais contesté ce versement, mais voyait plutôt ces 44 millions comme le "prix du silence" pour couper l'envie de Gribkowsky de dévoiler des informations gênantes le concernant au fisc britannique. Mettant en avant "l'âge avancé du prévenu" et "la longue durée de la procédure", la justice allemande a expliqué qu'un accord avait été trouvé avec le prévenu, en échange d'un paiement de 100 millions de dollars, soit 74 millions d'euros. La loi locale permet effectivement la possibilité d'abandonner les poursuites contre une somme d'argent, même après le début du procès. "Blanchiment judiciaire"Déplorant qu'on puisse "acheter la justice", certains médias et responsables politiques ont réclamé un changement de législation. "Quelle que soit sa situation financière et sa place dans la société, chacun doit rendre des comptes", avait notamment martelé l'ex-ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (parti libéral FDP). Interrogée par la radio Deutschlandfunk, elle a plaidé pour une "restriction drastique" de ces négociations par la loi. Le Süddeutsche Zeitung, dans un éditorial acide, avait aussi dénoncé à l'avance une opération de "blanchiment judiciaire" relevant de la "provocation", d'autant que l'autre protagoniste de l'affaire, Gerhard Gribkowsky, purge une peine de huit ans et demi de prison ferme. "Les tarifs pratiqués dans cette station de lavage diffèrent assurément de ceux d'une station-service normale. Et l'on n'y nettoie pas une simple voiture, mais le patron du circuit", avait dénoncé le chroniqueur judiciaire du Süddeutsche, ancien magistrat à Munich. En guise de commentaire, le journal populaire Bild, plus gros tirage de la presse allemande, s'est contenté de citer le réalisateur serbe Emir Kusturica: "Quand tu ne peux pas régler un problème par de l'argent, tu peux toujours le régler avec encore plus d'argent". L'homme d'affaires britannique, un fils d'ouvrier dont la fortune tourne autour de quatre milliards d'euros, était jugé depuis le 24 avril. Il risquait une peine de prison de 10 ans, qui aurait sûrement entraîné la fin de sa carrière en F1.