"Tiger, vous êtes une source d'inspiration", a déclaré le président américain, propriétaire de plusieurs golfs à travers le monde, avant de remettre au champion de 43 ans la plus haute décoration civile des Etats-Unis.

Le 15e titre du grand chelem du "Tigre" - après onze années d'attente, quatre opérations du dos et un scandale d'infidélité conjugale qui a un temps effrayé ses sponsors - a été salué comme l'un des comebacks les plus spectaculaires de l'histoire du sport.

"Vos succès remarquables sur les parcours de golf, votre triomphe sur l'adversité physique, votre volonté implacable de gagner, gagner, gagner... ces qualités incarnent l'esprit américain", a souligné Donald Trump.

"Cela fut une aventure extraordinaire", a répondu le golfeur, remerciant ceux qui ont été à ses côtés, qui ont vu "le bon et le mauvais, les hauts et les bas".

"Mon père n'est plus parmi nous mais ma mère est ici", a-t-il poursuivi, la voix brisée. "Je t'aime maman, merci".

Hommage à Charlie Sifford

"C'est un honneur", a-t-il ajouté, rappelant qu'il était seulement le 4e golfeur de l'histoire à recevoir cette récompense, créée par John F. Kennedy en 1963.

Les légendes du golf Jack Nicklaus et Arnold Palmer avaient été décorés du temps du président George W. Bush. En 2014, Barack Obama avait remis cette médaille à Charlie Sifford, le premier Noir à avoir disputé le PGA Tour, le circuit professionnel américain.

"Je l'ai toujours appelé grand-père car il était comme le grand-père que je n'ai jamais eu", a souligné Tiger Woods, évoquant Charlie Sifford. "Je suis devenu si proche de lui que j'ai nommé mon fils Charlie en son honneur".

Né d'un père noir et d'une mère thaïlandaise, vedette d'un sport dominé par des Blancs, Tiger Woods s'est toujours tenu soigneusement à l'écart de la politique.

Dans son discours de remerciement, il a évité toute référence personnelle au goût pour le golf de Donald Trump, avec lequel il a joué à plusieurs occasions, comme avec plusieurs autres présidents démocrates ou républicains.

Interrogé peu après sa dernière partie de golf avec Donald Trump, en février en Floride, il s'était contenté d'un "On s'est bien amusés". Puis avait pris soin de rappeler qu'il avait aussi joué récemment avec Barack Obama. "J'ai eu la chance de jouer avec deux présidents ces dernières semaines et j'ai apprécié les deux occasions".