Dans l'ombre du corona

"Zéro pour cent." C'est à cette hauteur qu'un médecin d'une équipe du World Tour estime les chances d'une saison cycliste pleinement achevée, jusqu'au 10 novembre, dernière étape de la Vuelta. D'ici là, il n'y aura, des pros du World Tour (hommes et femmes) jusqu'au niveau procontinental, que quatre petits jours de relâche : le lundi 10 et le mardi 11 août, ainsi que le jeudi 24 et le vendredi 25 septembre. Un calendrier chargé, qui, malgré toutes les mesures d'hygiène et de bulles sociales, augmente le risque de contamination lors des déplacements depuis, vers et pendant les compétitions. D'autant plus maintenant que la deuxième vague prend de l'ampleur dans plusieurs pays.

Le même médecin estime la probabilité d'un cas positif au Tour de France (du 29 août au 20 septembre) à 100%. Comment cela sera-t-il géré ? La course sera-t-elle arrêtée ou non ? Les directives de l'UCI ne sont pas claires à ce sujet. Comme tout le protocole corona de l'UCI, qui baigne dans l'imprécision et montre surtout de graves lacunes dans les procédures de tests, ce qui inquiète de nombreux médecins d'équipes. Dans tous les cas, chaque course sera disputée avec le spectre du virus planant au-dessus d'elle. Les courses prévues en août auront probablement lieu, mais qu'en sera-t-il du Tour, du Mondial en Suisse ou du Tour des Flandres (avec un départ prévu à...Anvers) ? Les quatre thèmes suivants doivent donc être lus avec les réserves qui s'imposent.

Remcomania

Ce n'était que la première étape de plat du Tour de Burgos. Et pourtant, un nom a tout dominé sur les réseaux sociaux des passionnés de cyclisme belges et étrangers pendant quinze minutes : Remco Evenepoel. Le wonderboy n'a pas pu se retenir et est parti à l'attaque à trente kilomètres de l'arrivée. Ça lui a déjà valu un nouveau surnom, enviable ou non, lancé par un fan espagnol : "REMCOVID-19. Le seul remède : prendre ses distances."

Avec 308.000 followers (100.000 de plus qu'en début de saison), le charismatique Evenepoel est déjà le coureur belge le plus suivi sur Instagram. Et même le onzième mondial à ce classement particulier. La Remcomania ne va pas s'arrêter de sitôt, surtout si le Brabançon continue, à vingt ans, à impressionner le monde dans les semaines et les mois à venir.

Avec 308.000 followers, Evenepoel est le coureur belge le plus suivi sur Instagram. Et même le onzième au niveau mondial.

Peut-il déjà remporter une étape de montagne du Tour de Burgos cette semaine ? Et après le Tour de Lombardie, le Mondial contre-la-montre et en ligne, et le Giro, qui sont ses grands objectifs de la saison ? Cela semble peu probable selon les lois du cyclisme, mais Remco les a déjà souvent fait mentir. Une victoire ou un podium sur l'une de ces grandes épreuves serait déjà phénoménal.

Le Giro sera, à coup sûr, son test le plus important : peut-être y gagnera-t-il un ou plusieurs contre-la-montre, mais pourra-t-il survivre aux sommets italiens durant trois semaines ? Le fait qu'il ait annoncé avant le départ du Tour de Burgos qu'il était plus léger que jamais, environ soixante kilos, est une indication positive à cet égard.

Une chose est sûre : avec un tel appétit insatiable, le Remcovirus va encore devenir viral à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux dans les semaines à venir.

Van der Poel vs. Van Aert

Qui est le grand favori des bookmakers pour les Strade Bianche ? Ce n'est ni Julian Alaphilippe, ni Tiesj Benoot, ni Michal Kwiatkowski ou Zdenek Stybar, les quatre derniers vainqueurs en date. Mais bien Mathieu van der Poel, pourtant un débutant sur la course toscane. Mais cela ne doit pas être un obstacle pour le Néerlandais, qui a également remporté l'Amstel Gold Race lors de sa première participation. Et de quelle manière !

Sa première place dans les bureaux de paris en dit long sur le nouveau statut de Van der Poel, qui abordera chacune des courses de ces prochains mois avec l'étiquette de super favori : aux Strade Bianche samedi, une semaine plus tard à Milan-Sanremo et lors de chacune des classiques d'octobre.

Seuls le Tour de Lombardie et Liège-Bastogne-Liège, qui figurent au programme de Van der Poel pour la première fois, lui semblent encore inaccessibles.

Seuls le Tour de Lombardie et Liège-Bastogne-Liège, les deux monuments les plus pentus, qui figurent à son programme pour la première fois, semblent encore inaccessibles. Mais tout comme avec Remco, avec MVDP, on ne sait jamais.

L'impatience et l'enthousiasme du Néerlandais, qui a accumulé les KOM (temps records dans certains secteurs) sur Strava ces dernières semaines, seront certainement à leur paroxysme, six mois après sa dernière victoire, au championnat du monde de cyclo-cross. Cela fait déjà dix ans qu'il n'a plus dû patienter aussi longtemps entre deux succès.

Il y a de fortes chances que dans toutes ces courses, son éternel rival Wout van Aert soit son adversaire le plus coriace, à commencer par les Strade Bianche (qui devraient leur convenir en tant que cyclocrossmen) et Milan-Sanremo, où le Campinois a déjà terminé sixième en 2019 pour sa première participation. Il aurait même pu y faire mieux s'il avait eu plus confiance en son sprint, qualité qu'il n'a vraiment découverte que plus tard dans la saison, au Dauphiné et au Tour, avec deux victoires d'étape.

Au contraire de Van der Poel, Van Aert fera bien le Tour de France avec Jumbo-Visma. Ce qui pourrait être un désavantage vu la fatigue accumulée. Mais cela vaut pour tous les coureurs qui veulent prester au top niveau durant trois mois de suite.

Néanmoins, il ne faut pas oublier les autres générations de Belges avec Van Avermaet, Gilbert, Naesen, Stuyven, Benoot, Wellens ou Lampaert. Stuyven et Benoot ont déjà distribué leur carte de visite en début de saison avec deux victoires prestigieuses, au Nieuwsblad et à Paris-Nice.

Le fait que le Tour de Lombardie soit un peu plus long et avec une déclivité plus importante ne peut que jouer en faveur de Philippe Gilbert.

Gilbert lui est plus motivé que jamais par un objectif : une victoire à Milan-Sanremo, le seul monument qui manque à son palmarès. Le fait que la course soit cette fois un peu plus longue (299 km) et avec une déclivité plus importante (2700 au lieu de 2000) ne peut que jouer en sa faveur. Mais il faudra se débarrasser de Van der Poel.

Météo

On prévoit 37 degrés samedi à Sienne, le lieu de départ et d'arrivée des Strade Bianche.Vingt degrés de plus que d'habitude, quand la course se déroule en mars, parfois même sous la pluie, comme quand Benoot s'y est imposé.

Cela peut avoir une grande influence sur le déroulement de la course. En termes de qualité de la route - le peloton va manger des kilos de poussière - mais aussi en termes de résistance à la chaleur des coureurs. Greg Van Avermaet, généralement très bon dans la chaleur, se frotte déjà les mains.

Ce ne sera pas la seule course qui pourrait être influencée par des conditions climatiques différentes de celles qui règnent habituellement. Le Tour, en septembre, sera plus frais, et selon les météorologues, certaines étapes seront également plus venteuses et pluvieuses. Là, ce sont plutôt les coureurs habitués à lever les bras durant l'automne, sous des températures plus basses et avec moins de pollen dans l'air, qui pourraient en profiter. On verra ce que cela donne lors des classiques de printemps qui, hormis les Strade Bianche et Milan-Sanremo, se déroulent cette fois en octobre. Peut-être profiterons-nous encore d'un été indien, mais il se peut aussi bien que l'automne arrive tôt.

Chris Froome, déjà âgé de 35 ans, reviendra-t-il à son niveau d'antan après sa terrible chute dans le Dauphiné l'an dernier ?

Cela donnera certainement un peu de piquant supplémentaire à Paris-Roubaix, qui se disputera le 25 octobre. Dans tous les cas, les secteurs pavés seront différents, plus boueux, après la période de récolte des agriculteurs. Ce qui donnerait à nouveau un avantage aux habitués du cyclo-cross que sont Van der Poel et Van Aert.

Le facteur Froome chez Team INEOS

Les rumeurs ont gonflé en mai, et cela s'est confirmé en juillet : Chris Froome quittera l'équipe INEOS à la fin de cette saison et se dirigera vers Israël-Start Up Nation, pour un contrat encore plus juteux jusqu'à la fin de sa carrière (on parle de cinq ans). Cela jette un nouvel éclairage sur l'équilibre des forces au sein du Team INEOS pour le reste de la saison. Avec la question cruciale : Froome, déjà âgé de 35 ans, reviendra-t-il à son niveau d'antan après sa terrible chute dans le Dauphiné l'an dernier ? On aura déjà un aperçu de la réponse dès la semaine prochaine, puisque le Britannique prendra part à La Route d'Occitanie, puis au Tour de l'Ain (7 août) et au Dauphiné (12 août).

Même si la réponse est "oui", il n'est pas encore certain que Dave Brailsford, le manager du Team INEOS, le sélectionnera pour le Tour. Car il y disposera déjà d'Egan Bernal et Geraint Thomas, les deux derniers vainqueurs en date de la Grande Boucle. Froome, qui quitte l'équipe pour être leader unique et qui n'a jamais roulé au service de ces coureurs, aura-t-il sa place ? Peut-être que oui, mais il devra montrer dans les courses de préparation qu'il peut accepter un éventuel rôle plus en retrait.

Un Froome qui assure un service exemplaire pourrait être utilisé par INEOS comme arme pour contrer la nouvelle équipe pleine d'ambitions : Jumbo-Visma

Un Froome qui assure un service exemplaire pourrait être utilisé par INEOS comme arme pour contrer la nouvelle équipe pleine d'ambitions : Jumbo-Visma. Les Néerlandais peuvent également compter sur trois leaders : Primoz Roglic, Tom Dumoulin et Steven Kruijswijk. Bien que si l'on lit correctement entre les lignes, un homme semble se détacher : Roglic. "La route décidera", entend-on du côté des Néerlandais.

D'autres coureurs de haut niveau sont attendus avec impatience comme le prodige slovène Tadej Pogacar. Ou encore le coureur-maison, Thibaut Pinot, qui rêve de faire flancher le coeur de ses compatriotes, un an après son abandon dramatique. Il ne faudra pas non plus négliger Nairo Quintana, parti à la recherche d'un second souffle chez Arkéa. Sans oublier l'équipe BORA-hansgrohe et le trop sous-estimé Emanuel Buchmann.

Tous ces facteurs peuvent nous faire vivre l'un des plus beaux Tours de ces dernières années. Du moins s'il part bien de Nice et arrive jusqu'à Paris. Le coronavirus en décidera.

"Zéro pour cent." C'est à cette hauteur qu'un médecin d'une équipe du World Tour estime les chances d'une saison cycliste pleinement achevée, jusqu'au 10 novembre, dernière étape de la Vuelta. D'ici là, il n'y aura, des pros du World Tour (hommes et femmes) jusqu'au niveau procontinental, que quatre petits jours de relâche : le lundi 10 et le mardi 11 août, ainsi que le jeudi 24 et le vendredi 25 septembre. Un calendrier chargé, qui, malgré toutes les mesures d'hygiène et de bulles sociales, augmente le risque de contamination lors des déplacements depuis, vers et pendant les compétitions. D'autant plus maintenant que la deuxième vague prend de l'ampleur dans plusieurs pays.Le même médecin estime la probabilité d'un cas positif au Tour de France (du 29 août au 20 septembre) à 100%. Comment cela sera-t-il géré ? La course sera-t-elle arrêtée ou non ? Les directives de l'UCI ne sont pas claires à ce sujet. Comme tout le protocole corona de l'UCI, qui baigne dans l'imprécision et montre surtout de graves lacunes dans les procédures de tests, ce qui inquiète de nombreux médecins d'équipes. Dans tous les cas, chaque course sera disputée avec le spectre du virus planant au-dessus d'elle. Les courses prévues en août auront probablement lieu, mais qu'en sera-t-il du Tour, du Mondial en Suisse ou du Tour des Flandres (avec un départ prévu à...Anvers) ? Les quatre thèmes suivants doivent donc être lus avec les réserves qui s'imposent.Ce n'était que la première étape de plat du Tour de Burgos. Et pourtant, un nom a tout dominé sur les réseaux sociaux des passionnés de cyclisme belges et étrangers pendant quinze minutes : Remco Evenepoel. Le wonderboy n'a pas pu se retenir et est parti à l'attaque à trente kilomètres de l'arrivée. Ça lui a déjà valu un nouveau surnom, enviable ou non, lancé par un fan espagnol : "REMCOVID-19. Le seul remède : prendre ses distances."Avec 308.000 followers (100.000 de plus qu'en début de saison), le charismatique Evenepoel est déjà le coureur belge le plus suivi sur Instagram. Et même le onzième mondial à ce classement particulier. La Remcomania ne va pas s'arrêter de sitôt, surtout si le Brabançon continue, à vingt ans, à impressionner le monde dans les semaines et les mois à venir.Peut-il déjà remporter une étape de montagne du Tour de Burgos cette semaine ? Et après le Tour de Lombardie, le Mondial contre-la-montre et en ligne, et le Giro, qui sont ses grands objectifs de la saison ? Cela semble peu probable selon les lois du cyclisme, mais Remco les a déjà souvent fait mentir. Une victoire ou un podium sur l'une de ces grandes épreuves serait déjà phénoménal.Le Giro sera, à coup sûr, son test le plus important : peut-être y gagnera-t-il un ou plusieurs contre-la-montre, mais pourra-t-il survivre aux sommets italiens durant trois semaines ? Le fait qu'il ait annoncé avant le départ du Tour de Burgos qu'il était plus léger que jamais, environ soixante kilos, est une indication positive à cet égard.Une chose est sûre : avec un tel appétit insatiable, le Remcovirus va encore devenir viral à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux dans les semaines à venir.Qui est le grand favori des bookmakers pour les Strade Bianche ? Ce n'est ni Julian Alaphilippe, ni Tiesj Benoot, ni Michal Kwiatkowski ou Zdenek Stybar, les quatre derniers vainqueurs en date. Mais bien Mathieu van der Poel, pourtant un débutant sur la course toscane. Mais cela ne doit pas être un obstacle pour le Néerlandais, qui a également remporté l'Amstel Gold Race lors de sa première participation. Et de quelle manière !Sa première place dans les bureaux de paris en dit long sur le nouveau statut de Van der Poel, qui abordera chacune des courses de ces prochains mois avec l'étiquette de super favori : aux Strade Bianche samedi, une semaine plus tard à Milan-Sanremo et lors de chacune des classiques d'octobre.Seuls le Tour de Lombardie et Liège-Bastogne-Liège, les deux monuments les plus pentus, qui figurent à son programme pour la première fois, semblent encore inaccessibles. Mais tout comme avec Remco, avec MVDP, on ne sait jamais.L'impatience et l'enthousiasme du Néerlandais, qui a accumulé les KOM (temps records dans certains secteurs) sur Strava ces dernières semaines, seront certainement à leur paroxysme, six mois après sa dernière victoire, au championnat du monde de cyclo-cross. Cela fait déjà dix ans qu'il n'a plus dû patienter aussi longtemps entre deux succès.Il y a de fortes chances que dans toutes ces courses, son éternel rival Wout van Aert soit son adversaire le plus coriace, à commencer par les Strade Bianche (qui devraient leur convenir en tant que cyclocrossmen) et Milan-Sanremo, où le Campinois a déjà terminé sixième en 2019 pour sa première participation. Il aurait même pu y faire mieux s'il avait eu plus confiance en son sprint, qualité qu'il n'a vraiment découverte que plus tard dans la saison, au Dauphiné et au Tour, avec deux victoires d'étape.Au contraire de Van der Poel, Van Aert fera bien le Tour de France avec Jumbo-Visma. Ce qui pourrait être un désavantage vu la fatigue accumulée. Mais cela vaut pour tous les coureurs qui veulent prester au top niveau durant trois mois de suite.Néanmoins, il ne faut pas oublier les autres générations de Belges avec Van Avermaet, Gilbert, Naesen, Stuyven, Benoot, Wellens ou Lampaert. Stuyven et Benoot ont déjà distribué leur carte de visite en début de saison avec deux victoires prestigieuses, au Nieuwsblad et à Paris-Nice.Gilbert lui est plus motivé que jamais par un objectif : une victoire à Milan-Sanremo, le seul monument qui manque à son palmarès. Le fait que la course soit cette fois un peu plus longue (299 km) et avec une déclivité plus importante (2700 au lieu de 2000) ne peut que jouer en sa faveur. Mais il faudra se débarrasser de Van der Poel.On prévoit 37 degrés samedi à Sienne, le lieu de départ et d'arrivée des Strade Bianche.Vingt degrés de plus que d'habitude, quand la course se déroule en mars, parfois même sous la pluie, comme quand Benoot s'y est imposé.Cela peut avoir une grande influence sur le déroulement de la course. En termes de qualité de la route - le peloton va manger des kilos de poussière - mais aussi en termes de résistance à la chaleur des coureurs. Greg Van Avermaet, généralement très bon dans la chaleur, se frotte déjà les mains.Ce ne sera pas la seule course qui pourrait être influencée par des conditions climatiques différentes de celles qui règnent habituellement. Le Tour, en septembre, sera plus frais, et selon les météorologues, certaines étapes seront également plus venteuses et pluvieuses. Là, ce sont plutôt les coureurs habitués à lever les bras durant l'automne, sous des températures plus basses et avec moins de pollen dans l'air, qui pourraient en profiter. On verra ce que cela donne lors des classiques de printemps qui, hormis les Strade Bianche et Milan-Sanremo, se déroulent cette fois en octobre. Peut-être profiterons-nous encore d'un été indien, mais il se peut aussi bien que l'automne arrive tôt.Cela donnera certainement un peu de piquant supplémentaire à Paris-Roubaix, qui se disputera le 25 octobre. Dans tous les cas, les secteurs pavés seront différents, plus boueux, après la période de récolte des agriculteurs. Ce qui donnerait à nouveau un avantage aux habitués du cyclo-cross que sont Van der Poel et Van Aert.Les rumeurs ont gonflé en mai, et cela s'est confirmé en juillet : Chris Froome quittera l'équipe INEOS à la fin de cette saison et se dirigera vers Israël-Start Up Nation, pour un contrat encore plus juteux jusqu'à la fin de sa carrière (on parle de cinq ans). Cela jette un nouvel éclairage sur l'équilibre des forces au sein du Team INEOS pour le reste de la saison. Avec la question cruciale : Froome, déjà âgé de 35 ans, reviendra-t-il à son niveau d'antan après sa terrible chute dans le Dauphiné l'an dernier ? On aura déjà un aperçu de la réponse dès la semaine prochaine, puisque le Britannique prendra part à La Route d'Occitanie, puis au Tour de l'Ain (7 août) et au Dauphiné (12 août).Même si la réponse est "oui", il n'est pas encore certain que Dave Brailsford, le manager du Team INEOS, le sélectionnera pour le Tour. Car il y disposera déjà d'Egan Bernal et Geraint Thomas, les deux derniers vainqueurs en date de la Grande Boucle. Froome, qui quitte l'équipe pour être leader unique et qui n'a jamais roulé au service de ces coureurs, aura-t-il sa place ? Peut-être que oui, mais il devra montrer dans les courses de préparation qu'il peut accepter un éventuel rôle plus en retrait.Un Froome qui assure un service exemplaire pourrait être utilisé par INEOS comme arme pour contrer la nouvelle équipe pleine d'ambitions : Jumbo-Visma. Les Néerlandais peuvent également compter sur trois leaders : Primoz Roglic, Tom Dumoulin et Steven Kruijswijk. Bien que si l'on lit correctement entre les lignes, un homme semble se détacher : Roglic. "La route décidera", entend-on du côté des Néerlandais.D'autres coureurs de haut niveau sont attendus avec impatience comme le prodige slovène Tadej Pogacar. Ou encore le coureur-maison, Thibaut Pinot, qui rêve de faire flancher le coeur de ses compatriotes, un an après son abandon dramatique. Il ne faudra pas non plus négliger Nairo Quintana, parti à la recherche d'un second souffle chez Arkéa. Sans oublier l'équipe BORA-hansgrohe et le trop sous-estimé Emanuel Buchmann.Tous ces facteurs peuvent nous faire vivre l'un des plus beaux Tours de ces dernières années. Du moins s'il part bien de Nice et arrive jusqu'à Paris. Le coronavirus en décidera.