Le sport comme hobby

Contrairement à Donald Trump ou même à Barack Obama, il n'en parle pas souvent, mais Joe Biden a lui aussi un passé de sportif amateur. Et plus précisément dans le football américain, comme beaucoup d'étudiants aux États-Unis. Au début des années 60, il était membre de l'équipe de High School de l'Archmere Academy, dans l'État du Delaware. Et il n'était pas maladroit. Il était aligné comme running back et surtout comme pass receiver. À l'époque où l'on courait plus avec le ballon qu'on ne le lançait, Biden avait l'art de le réceptionner magistralement et de marquer avec un touchdown. Durant son année senior (17-18 ans), il était un joueur-clé de son équipe, qui a aligné huit victoires d'affilée. Biden lui-même avait signé, lors de ces huit rencontres, le plus haut total de points (soixante) de tous les joueurs de High School du Delaware. En dehors de la saison de football, il s'adonnait aussi à l'athlétisme et au baseball, comme corner outfielder, mais était beaucoup moins doué.
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Contrairement à Donald Trump ou même à Barack Obama, il n'en parle pas souvent, mais Joe Biden a lui aussi un passé de sportif amateur. Et plus précisément dans le football américain, comme beaucoup d'étudiants aux États-Unis. Au début des années 60, il était membre de l'équipe de High School de l'Archmere Academy, dans l'État du Delaware. Et il n'était pas maladroit. Il était aligné comme running back et surtout comme pass receiver. À l'époque où l'on courait plus avec le ballon qu'on ne le lançait, Biden avait l'art de le réceptionner magistralement et de marquer avec un touchdown. Durant son année senior (17-18 ans), il était un joueur-clé de son équipe, qui a aligné huit victoires d'affilée. Biden lui-même avait signé, lors de ces huit rencontres, le plus haut total de points (soixante) de tous les joueurs de High School du Delaware. En dehors de la saison de football, il s'adonnait aussi à l'athlétisme et au baseball, comme corner outfielder, mais était beaucoup moins doué. Après sa période scolaire, Biden a étudié les sciences politiques à l'Université du Delaware. Son rôle comme joueur de football dans cette université a déjà été souvent évoqué. Surtout en 2012, lorsque celui qui était à l'époque vice-président avait parlé, dans un discours, d'un match mémorable des Blue Hens contre l'Université de l'Ohio auquel il avait participé. Du moins, c'est ce qu'il avait affirmé, car ça ne semble pas avoir été le cas. Comme freshman de l'Université du Delaware, Biden faisait uniquement partie de l'équipe des Blue Chicks, réservée aux étudiants de première année. Il a même abandonné après l'automne: un mauvais rapport dans le premier semestre l'a amené se concentrer uniquement sur ses études à partir du printemps. Deux ans plus tard, Biden a repris ses activités footballistiques chez les Blue Chicks et a même visé une place chez les Blue Hens, l'équipe-fanion du Collège. Jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de sa première femme, Neilia Hunter. Il a alors dû choisir entre son grand amour et le football. Il a choisi Neilia. C'est ainsi que le sport a été, lentement, mais sûrement, relégué à l'arrière-plan. Biden a alors étudié le droit à l'Université de Syracuse, et cinq ans après avoir obtenu son diplôme, il a été élu sénateur des États-Unis en 1972, à 29 ans. Une victoire inattendue contre un sénateur républicain expérimenté, mais qui n'était pas une surprise pour ses équipiers de l'équipe de football. Il avait, en effet, une réputation de battant qui n'abandonnait jamais. Joe Biden a été surnommé Dash durant ses premières années de High School. Pas pour ses exploits comme joueur de football, mais pour les pauses ( dashes signifie tirets, ndlr) qu'il laissait, lors de ses bégaiements, entre les mots et les phrases. Un surnom qui n'a pas amélioré la confiance de Biden. Ces doutes et ces hésitations, il les a vaincus grâce au sport. C'est ce qu'il a raconté plus tard dans ses mémoires: "Autant je doutais de mes capacités d'orateur, autant j'ai toujours cru en mes capacités athlétiques. Je considérais le sport comme une pratique naturelle alors que parler n'était pas naturel pour moi. Le sport a constitué mon passeport pour l'acceptation. Pendant un match, on ne m'intimidait pas facilement. Dans les moments décisifs, j'étais toujours le joueur qui criait: Donnez-moi le ballon!" Alors qu'il bégayait à l'adolescence, Biden est devenu un jeune homme très sociable, à la communication facile. Le sport lui a donné la conviction qu'avec de la détermination, n'importe qui pouvait relever n'importe quel défi. Des qualités qui lui ont été bien utiles dans sa future carrière politique. Même si cette carrière, comme sa vie privée, a connu beaucoup de hauts et de bas. Il a touché le fond lors de l'accident de voiture qui a coûté la vie à sa première épouse Neilia et à sa fille Amy. Mais Biden a traversé cette épreuve avec le même fighting spirit qu'il avait démontré sur les terrains de football. Lorsque son ancien coach de football John Walsh a été admis au Delaware Sports Hall of Fame en 2012, Joe Biden a déclaré dans son discours: "John disait que nous devions jouer comme nous vivions, avec passion et intégrité. Et que, aussi doués que nous soyons, nous devions toujours être un bon coéquipier." Biden a reçu ce message cinq sur cinq. Joueur, il encourageait constamment ses coéquipiers, comme un vrai capitaine. Ce comportement lui a permis de créer un véritable lien entre lui et les autres. Bien des années plus tard, à intervalles réguliers, ils organisaient encore des réunions auxquelles l'homme politique s'efforçait d'être présent, lorsque son agenda le lui permettait. Et il payait l'addition au restaurant. Réunir des gens et les amener à progresser collectivement a toujours été le fil rouge de la carrière politique de Biden. Il s'est toujours affiché comme l'agent de liaison, cherchant toujours le meilleur compromis. Il a toujours considéré le sport comme une plateforme où chacun - quel que soit le genre, la couleur de peau ou l'appartenance politique - peut s'exprimer et devenir un membre à part entière de la société américaine. C'est la raison pour laquelle le Démocrate a souvent pris le parti des underdogs dans le sport. En 2016, il a été l'ambassadeur des Invictus Games à Orlando, les Jeux pour militaires et vétérans de guerre qui ont été blessés dans les combats. Et lorsque Sue Bird, une vedette de la WNBA, et Megan Rapinoe, la star du football féminin aux États-Unis, se sont fiancées, il les a félicitées sur Twitter. Biden a également défendu l'équipe féminine américaine de football dans son combat pour obtenir un salaire équivalent à celui de son pendant masculin. Dans sa campagne électorale, il a promis aux sportifs transgenres d'avoir accès aux douches et aux vestiaires de leur nouveau genre. Ce que Donald Trump avait refusé... Au même titre que Trump avait désavoué les joueurs de NFL et de (W)NBA lorsqu'ils s'agenouillaient, Biden a soutenu les athlètes et leur mouvement Black Lives Matter, qui s'oppose aux violences policières et au racisme. De nombreuses vedettes sportives, comme LeBron James et Patrick Mahomes, n'ont pas caché leur joie lorsque Biden a été élu président des États-Unis en novembre. Celui-ci, dans son discours, a réaffirmé qu'il essaierait de réunir à nouveau les États américains divisés. De la même manière que, jadis, il créait les liens au sein de son équipe de football américain, invaincue. Comme président, Biden subira plus de défaites, c'est clair. Mais il ne manquera jamais de persévérer dans toutes ses tentatives. Grâce au sport.