France - Angleterre 25-13

Souvent moquée ces dernières années, l'équipe de France est en train de retrouver les sommets de l'ovalie. Il est loin le temps des purges de l'ère Philippe Saint-André ou des tactiques approximatives de Marc Liévremont. Le rugby français, souvent à contre-temps de ce qui se pratiquait dans les autres nations références surfe désormais sur la bonne vague et son Grand Chelem de ce samedi (le dixième de son histoire après 1968, 1977, 1981, 1987, 1997, 1998, 2002, 2004 et 2010), une première depuis douze ans, semble le début d'une ère prometteuse pour les Bleus.

Voici deux ans, personne n'envisageait de les voir soulever la Coupe du monde en 2023 sur leurs terres. Allaient-ils encore se faire tabasser par la Nouvelle-Zélande ou l'Angleterre comme ils en avaient pris l'habitude depuis trop de saisons ? Désormais Fabien Galthié a insufflé une nouvelle dynamique, bien aidé par l'éclosion d'une nouvelle génération biberonnée avec du jeu et une touche de french flair, loin des bûches stéréotypées et pataudes des précédentes. Au coup d'envoi de ce Crunch, la moyenne d'âge des tricolores n'était que 26 ans et un peu plus de 20 sélections par joueur.

Au niveau mental, cette nouvelle levée ne semble avoir peur de rien. La perspective du Grand Chelem aurait pu tétaniser certains joueurs encore un peu... bleus en terme de vécu international. Cela ne s'est en tout cas pas ressenti. Les éternelles provocations d'avant-match du sélectionneur du XV de la rose Eddie Jones ou le sentiment de revanche après la défaite douloureuse contre l'Irlande n'auront rien changé. Il fallait bien plus que du pack et des provocations pour destabiliser l'édifice bleu dont la maturité et le sang-froid impressionne au vu de son jeune âge.

La charnière centrale française fut longtemps l'un de ses points faibles au niveau international. Avec Antoine Dupont comme demi de mêlée, les tricolores disposent enfin d'un joueur de dimension mondiale et certains n'hésitent pas à déjà le mettre quasiment au même rang que des légendes du ballon oval hexagonal comme Serge Blanco. Il a en tout cas encore crevé l'écran sur la pelouse de Saint-Denis.

Antoine Dupont a encore justifié son statut de meilleur joueur de la planète ce samedi soir., iStock
Antoine Dupont a encore justifié son statut de meilleur joueur de la planète ce samedi soir. © iStock

Après la victoire bonifiée de l'Irlande devant l'Écosse (25-6) un peu plus tôt dans la journée, la France savait, au coup d'envoi, que seule la victoire pouvait lui offrir la victoire dans le tournoi.

Les Bleus n'ont pas semblé avoir ces considérations dans un coin de leur tête et sont très bien rentrés dans ce duel en s'appuyant notamment sur une défense toujours aussi intraitable. Gaël Fickou a concrétisé la domination des Coqs en marquant le premier essai au quart d'heure de jeu (15e). Gabin Villière, bien contenu par la défense adverse sur le côté gauche, a pourtant eu une belle inspiration pour trouver Fickou sur l'aile opposé. Les locaux sont lancés et bien portés par un stade plein à craquer. Melvyn Jaminet et Marcus Smith se répondent ensuite coup sur coup au pied avant que François Cros ne donne encore un peu plus d'air aux Bleus en aplatissant juste avant la mi-temps (40e). Sur l'aile droite, Romain Ntamack prend l'intervalle et se fait plaquer à une poignée de mètres de l'en-but. Cros parvient à récupérer l'oval et s'en va l'aplatir sur la ligne au milieu d'une forêt de joueurs anglais Les Français rentrent aux vestiaires avec 12 points d'avance (18-6) et le sentiment d'avoir accompli la grande majorité du travail.

Les Anglais décident alors de jouer leur va-tout. Ils reviennent à cinq points après l'essai inscrit par Freddie Steward , auteur d'un joli crochet intérieur avant d'aller aplatir dans le coin. (18-13, 48e). Les minutes qui suivront auraient pu changer l'épilogue de ce match. Les Anglais bousculent leurs hôtes mais se font punir sur l'une des rares incursions françaises en seconde mi-temps. Gregory Alldritt fait la différence sur la ligne des 22 pour décaler son capitaine Antoine Dupont qui soulage ainsi tout un peuple (25-13, 61e). C'est le coup fatal porté à un XV de la Rose qui ne s'en remettra pas. Le score ne bougera plus.

"C'est notre troisième Tournoi ensemble. On a terminé deux fois à la deuxième place après des matchs frustrants qu'on aurait pu gagner. Aujourd'hui on voulait avoir les clés en main pour pouvoir gagner. On fait en plus le Grand Chelem, c'est incroyable. On sait combien cette compétition est dure et depuis quand le public attendait ça, et nous aussi. On va vraiment savourer maintenant.", déclarait le dernier marqueur français du jour au coup de sifflet final.

La France version Galthié a battu la Nouvelle-Zélande cet automne. Ce week-end, elle a remporté son premier titre. Après des années de lose et de misère, le rugby hexagonal revit enfin. "Je pense qu'on a dépassé 75% de victoires, toutes compétitions confondues. On est n°2 mondial. Ça veut dire qu'on est dans le bon chemin avec une équipe qui est encore jeune, à 26 ans de moyenne d'âge et un peu plus de 20 sélections. Donc il n'y a aucune raison pour que l'équipe ne continue pas à progresser", juge le sélectionneur national.

L'ambition est de retour à Marcoussis et le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, a donné rendez-vous à son XV en finale de la prochaine Coupe du monde. "C'est ce que je leur dis, quand vous vous levez tous les matins, il faut penser au 28 octobre 2023, il faut se dire 'je serai là le 28 octobre 2023', c'est ça qui habite le champion, qui doit les amener à aller de l'avant."En espérant que ce message soit plus galvanisateur que crispant pour cette génération qui ne semble avoir peur de rien.

Le joueur du match: Antoine Dupont

Elu très logiquement Homme du Match, le demi de mêlé a crevé l'écran lors de ce Crunch. Outre son essai libérateur, il a aussi réussi 15 plaquages. "Antoine Dupont, c'est un monstre de notre jeu. Il n'y en a pas un tous les ans. Il répond toujours présent quand il faut l'être. C'est un champion. Le champion, c'est celui qui décide. Et Antoine décide. Il est toujours décisif. Tu sens qu'il est le patron naturel de cette équipe. Ses partenaires le regardent comme un patron. Antoine ne parle pas beaucoup, ne tape pas souvent du poing sur la table, mais d'un regard, d'un mot... Il a juste à froncer les sourcils pour se faire comprendre.", expliquait d'ailleurs l'ancien sélectionneur Bernard Laporte au sujet du numéro 9 français. Un bon résumé.

Irlande - Ecosse 26-5

Les Verts n'avaient plus leur sort entre les mains. Ils devaient tabler sur une défaite française pour espérer rafler la mise du tournoi. Mais avant cela, ils devaient prendre le dessus sur l'Ecosse et ils ont rempli leur part du contrat dans un duel qui n'a pas atteint des sommets. On a juste un peu vibré en fin de match quand les Irlandais ont réussi à marquer leur quatrième essai face à un XV du Chardon réduit temporairement à quatorze après la carte jaune reçue par Benjamin White quelques minutes plus tôt. Le XV du Trèfle bonifiait ainsi sa victoire (21-5), ce qui lui permettait de prendre la tête du tournoi avant le Crunch et de mettre la pression sur son adversaire français.

l'Irlande s'imposera même avec le bonus offensif après avoir placé son demi de mêlée remplaçant Conor Murray en bonne position pour le cinquième essai du jour (80e). Le score n'illustre probablement pas les difficultés éprouvées par les Irlandais pour prendre l'ascendant sur leur adversaire du jour. Comme d'habitude, le XV du Chardon ne parvenait pas suffisamment à exploiter ses temps forts. Face à des Verts opportunistes, cela se payait avec deux essais signés Dan Sheehan (17e) et Cian Helay (28e).

Dan Sheehan a marqué le premier essai de l'Irlande., iStock
Dan Sheehan a marqué le premier essai de l'Irlande. © iStock

Le pilier écossais Pierre Schoeman réduira bien l'écart à la 35e en marquant ce qui sera au final le seul essai des siens. Après la pause, le capitaine Sutart Hogg aurait pu relancer le combat mais effectuait un mauvais choix qui mettra un terme à son initiative d'essai. Ce temps fort écossais réveillait les joueurs locaux qui allaient repartir de l'avant pour libérer de l'espace pour le flanker Josh van der Flier qui applatissait le troisième essai irlandais à l'heure de jeu.

L'Irlande, battue (30-24) par la France lors de la deuxième journée, se satisfera donc de la Triple Couronne qui récompense la meilleure équipe des quatre adversaires britanniques.

L'homme du match: Dan Sheehan

Le talonneur irlandais a confirmé son excellente forme du moment en signant une nouvelle prestation de grande qualité. Désigné "Homme du Match", Dan Sheehan a marqué le premier essai du XV du Trèfle. Il a terminé la rencontre avec le plus de ballons portés à son actif (14). Défensivement, il a aussi été brillant en réalisant 11 plaquages.

pays de Galles - Italie 21-22

L'exploit que personne n'attendait et certainement pas après la prestation décevante à domicile contre l'Ecosse. Ce samedi à Cardiff restera marqué en lettres d'or dans l'histoire du rugby transalpin. Et finalement, ceux qui avaient regardé la fin du dernier duel de la Nazionale avaient sans doute sous leurs yeux, le nom de celui qui allait donner une autre couleur à son équipe : Ange Capuozzo. Le jeune joueur de Grenoble effectuait ses débuts internationaux la semaine passée et s'était directement offert deux essais lors de sa montée. Titulaire contre le pays de Galles, le nouveau phénomène du rugby italien a éliminé plusieurs adversaires pour remonter soixante mètres à lui tout seul et décaler Edoardo Padovani face au dernier défenseur pour l'envoyer vers l'essai d'une victoire historique qui ne sera matérialisée dans les chiffres que par la transformation de Paolo Garbisi.

Ange Capuozzo, la nouvelle coqueluche de l'Italie, a été à la base de l'essai qui a permis à l'Italie de s'offrir une victoire historique sur la pelouse de Cardiff., iStock
Ange Capuozzo, la nouvelle coqueluche de l'Italie, a été à la base de l'essai qui a permis à l'Italie de s'offrir une victoire historique sur la pelouse de Cardiff. © iStock

Dix minutes auparavant, les Gallois avaient pris l'avance sur une poussée rectiligne bien conclue par l'ailier Josh Adams, qui avait résisté à trois plaquages. Un quatrième essai qui aurait pu être synonyme de bonus offensif et de troisième place finale dans le tournoi sera refusé quatre minutes plus tard au XV du Poireau. Ce sera le tournant du match. L'éclair de génie de Capuozzo à la dernière minute évitera en tout cas aux Italiens de nourrir de sérieux regrets après les deux occasions franches gâchées leur ailier Monty Ioane aux 40e et 45e minutes.

Cette victoire historique des Transalpins, leur première en terres galloises depuis 2000, leur permet de sauver l'honneur, d'éviter une 37e défaite consécutive et de terminer un nouveau tournoi sans victoires à leur actif. La dernière place est quant à elle toujours synonyme d'une cuillère de bois qui est devenue bien trop familière pour les Italiens depuis qu'ils ont été invités à participer au tournoi des VI nations.

Du côté Gallois, on espérait sans doute fêter autrement la 150e sélection historique (record mondial) d'Alun Wyn Jones, qui avait laissé le capitanat à son ouvreur Dan Biggar. Le deuxième ligne n'a pas vécu une soirée très sereine. Lorsqu'il a été remplacé à l'heure de jeu, son équipe était menée au score et c'est du bord du terrain qu'il a assisté à l'humiliante défaite du XV du Poireau. C'est finalement plus ce que l'histoire retiendra que son record de sélections. Malheureusement pour lui.

Les hommes du match: Ange Capuozzo et Josh Adams

On dit que le rugby est un sport de gentlemen et on en a eu la démonstration sur la pelouse de Cardiff lorsque le Gallois Josh Adams a été remettre sa médaille d'homme du match à l'Italien Ange Capuozzo, auteur d'un effort exceptionnel sur l'essai victorieux des Italiens. Une vraie belle marque de reconnaissance de la part d'Adams, auteur d'un essai, d'un retour décisif sur Monty Ioane, mais qui a aussi concédé la dernière pénalité du match qui a permis à l'Italie de revenir dans le camp gallois. "C'est lui l'homme du match. J'ai été dans le vestiaire et c'est à lui de la garder. Je lui ai dit que son geste, c'était la grande classe. Ils ont perdu, chez eux, contre une équipe en difficultés. Ils devaient l'avoir amer et Adams n'avait pas forcément la tête à ce geste. Je le remercie encore mille fois", a expliqué par la suite Capuozzo à propos de ce geste d'Adams. La nouvelle star du rugby transalpin, déjà auteur de deux essais pour sa première apparition en sélection a démontré toute sa classe sur la pelouse de Cardiff. L'arrière de 22 ans a terminé le match avec 126 mètres parcourus balle en main, en 12 courses. Seul son coéquipier Ioane a fait mieux. Mais c'est surtout pour leur attitude sportive exemplaire que Josh Adams et Ange Capuozzo méritaient surtout d'être mis en avant.

Souvent moquée ces dernières années, l'équipe de France est en train de retrouver les sommets de l'ovalie. Il est loin le temps des purges de l'ère Philippe Saint-André ou des tactiques approximatives de Marc Liévremont. Le rugby français, souvent à contre-temps de ce qui se pratiquait dans les autres nations références surfe désormais sur la bonne vague et son Grand Chelem de ce samedi (le dixième de son histoire après 1968, 1977, 1981, 1987, 1997, 1998, 2002, 2004 et 2010), une première depuis douze ans, semble le début d'une ère prometteuse pour les Bleus.Voici deux ans, personne n'envisageait de les voir soulever la Coupe du monde en 2023 sur leurs terres. Allaient-ils encore se faire tabasser par la Nouvelle-Zélande ou l'Angleterre comme ils en avaient pris l'habitude depuis trop de saisons ? Désormais Fabien Galthié a insufflé une nouvelle dynamique, bien aidé par l'éclosion d'une nouvelle génération biberonnée avec du jeu et une touche de french flair, loin des bûches stéréotypées et pataudes des précédentes. Au coup d'envoi de ce Crunch, la moyenne d'âge des tricolores n'était que 26 ans et un peu plus de 20 sélections par joueur. Au niveau mental, cette nouvelle levée ne semble avoir peur de rien. La perspective du Grand Chelem aurait pu tétaniser certains joueurs encore un peu... bleus en terme de vécu international. Cela ne s'est en tout cas pas ressenti. Les éternelles provocations d'avant-match du sélectionneur du XV de la rose Eddie Jones ou le sentiment de revanche après la défaite douloureuse contre l'Irlande n'auront rien changé. Il fallait bien plus que du pack et des provocations pour destabiliser l'édifice bleu dont la maturité et le sang-froid impressionne au vu de son jeune âge.La charnière centrale française fut longtemps l'un de ses points faibles au niveau international. Avec Antoine Dupont comme demi de mêlée, les tricolores disposent enfin d'un joueur de dimension mondiale et certains n'hésitent pas à déjà le mettre quasiment au même rang que des légendes du ballon oval hexagonal comme Serge Blanco. Il a en tout cas encore crevé l'écran sur la pelouse de Saint-Denis.Après la victoire bonifiée de l'Irlande devant l'Écosse (25-6) un peu plus tôt dans la journée, la France savait, au coup d'envoi, que seule la victoire pouvait lui offrir la victoire dans le tournoi. Les Bleus n'ont pas semblé avoir ces considérations dans un coin de leur tête et sont très bien rentrés dans ce duel en s'appuyant notamment sur une défense toujours aussi intraitable. Gaël Fickou a concrétisé la domination des Coqs en marquant le premier essai au quart d'heure de jeu (15e). Gabin Villière, bien contenu par la défense adverse sur le côté gauche, a pourtant eu une belle inspiration pour trouver Fickou sur l'aile opposé. Les locaux sont lancés et bien portés par un stade plein à craquer. Melvyn Jaminet et Marcus Smith se répondent ensuite coup sur coup au pied avant que François Cros ne donne encore un peu plus d'air aux Bleus en aplatissant juste avant la mi-temps (40e). Sur l'aile droite, Romain Ntamack prend l'intervalle et se fait plaquer à une poignée de mètres de l'en-but. Cros parvient à récupérer l'oval et s'en va l'aplatir sur la ligne au milieu d'une forêt de joueurs anglais Les Français rentrent aux vestiaires avec 12 points d'avance (18-6) et le sentiment d'avoir accompli la grande majorité du travail.Les Anglais décident alors de jouer leur va-tout. Ils reviennent à cinq points après l'essai inscrit par Freddie Steward , auteur d'un joli crochet intérieur avant d'aller aplatir dans le coin. (18-13, 48e). Les minutes qui suivront auraient pu changer l'épilogue de ce match. Les Anglais bousculent leurs hôtes mais se font punir sur l'une des rares incursions françaises en seconde mi-temps. Gregory Alldritt fait la différence sur la ligne des 22 pour décaler son capitaine Antoine Dupont qui soulage ainsi tout un peuple (25-13, 61e). C'est le coup fatal porté à un XV de la Rose qui ne s'en remettra pas. Le score ne bougera plus."C'est notre troisième Tournoi ensemble. On a terminé deux fois à la deuxième place après des matchs frustrants qu'on aurait pu gagner. Aujourd'hui on voulait avoir les clés en main pour pouvoir gagner. On fait en plus le Grand Chelem, c'est incroyable. On sait combien cette compétition est dure et depuis quand le public attendait ça, et nous aussi. On va vraiment savourer maintenant.", déclarait le dernier marqueur français du jour au coup de sifflet final. La France version Galthié a battu la Nouvelle-Zélande cet automne. Ce week-end, elle a remporté son premier titre. Après des années de lose et de misère, le rugby hexagonal revit enfin. "Je pense qu'on a dépassé 75% de victoires, toutes compétitions confondues. On est n°2 mondial. Ça veut dire qu'on est dans le bon chemin avec une équipe qui est encore jeune, à 26 ans de moyenne d'âge et un peu plus de 20 sélections. Donc il n'y a aucune raison pour que l'équipe ne continue pas à progresser", juge le sélectionneur national.L'ambition est de retour à Marcoussis et le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, a donné rendez-vous à son XV en finale de la prochaine Coupe du monde. "C'est ce que je leur dis, quand vous vous levez tous les matins, il faut penser au 28 octobre 2023, il faut se dire 'je serai là le 28 octobre 2023', c'est ça qui habite le champion, qui doit les amener à aller de l'avant."En espérant que ce message soit plus galvanisateur que crispant pour cette génération qui ne semble avoir peur de rien.Les Verts n'avaient plus leur sort entre les mains. Ils devaient tabler sur une défaite française pour espérer rafler la mise du tournoi. Mais avant cela, ils devaient prendre le dessus sur l'Ecosse et ils ont rempli leur part du contrat dans un duel qui n'a pas atteint des sommets. On a juste un peu vibré en fin de match quand les Irlandais ont réussi à marquer leur quatrième essai face à un XV du Chardon réduit temporairement à quatorze après la carte jaune reçue par Benjamin White quelques minutes plus tôt. Le XV du Trèfle bonifiait ainsi sa victoire (21-5), ce qui lui permettait de prendre la tête du tournoi avant le Crunch et de mettre la pression sur son adversaire français. l'Irlande s'imposera même avec le bonus offensif après avoir placé son demi de mêlée remplaçant Conor Murray en bonne position pour le cinquième essai du jour (80e). Le score n'illustre probablement pas les difficultés éprouvées par les Irlandais pour prendre l'ascendant sur leur adversaire du jour. Comme d'habitude, le XV du Chardon ne parvenait pas suffisamment à exploiter ses temps forts. Face à des Verts opportunistes, cela se payait avec deux essais signés Dan Sheehan (17e) et Cian Helay (28e). Le pilier écossais Pierre Schoeman réduira bien l'écart à la 35e en marquant ce qui sera au final le seul essai des siens. Après la pause, le capitaine Sutart Hogg aurait pu relancer le combat mais effectuait un mauvais choix qui mettra un terme à son initiative d'essai. Ce temps fort écossais réveillait les joueurs locaux qui allaient repartir de l'avant pour libérer de l'espace pour le flanker Josh van der Flier qui applatissait le troisième essai irlandais à l'heure de jeu. L'Irlande, battue (30-24) par la France lors de la deuxième journée, se satisfera donc de la Triple Couronne qui récompense la meilleure équipe des quatre adversaires britanniques.L'exploit que personne n'attendait et certainement pas après la prestation décevante à domicile contre l'Ecosse. Ce samedi à Cardiff restera marqué en lettres d'or dans l'histoire du rugby transalpin. Et finalement, ceux qui avaient regardé la fin du dernier duel de la Nazionale avaient sans doute sous leurs yeux, le nom de celui qui allait donner une autre couleur à son équipe : Ange Capuozzo. Le jeune joueur de Grenoble effectuait ses débuts internationaux la semaine passée et s'était directement offert deux essais lors de sa montée. Titulaire contre le pays de Galles, le nouveau phénomène du rugby italien a éliminé plusieurs adversaires pour remonter soixante mètres à lui tout seul et décaler Edoardo Padovani face au dernier défenseur pour l'envoyer vers l'essai d'une victoire historique qui ne sera matérialisée dans les chiffres que par la transformation de Paolo Garbisi.Dix minutes auparavant, les Gallois avaient pris l'avance sur une poussée rectiligne bien conclue par l'ailier Josh Adams, qui avait résisté à trois plaquages. Un quatrième essai qui aurait pu être synonyme de bonus offensif et de troisième place finale dans le tournoi sera refusé quatre minutes plus tard au XV du Poireau. Ce sera le tournant du match. L'éclair de génie de Capuozzo à la dernière minute évitera en tout cas aux Italiens de nourrir de sérieux regrets après les deux occasions franches gâchées leur ailier Monty Ioane aux 40e et 45e minutes.Cette victoire historique des Transalpins, leur première en terres galloises depuis 2000, leur permet de sauver l'honneur, d'éviter une 37e défaite consécutive et de terminer un nouveau tournoi sans victoires à leur actif. La dernière place est quant à elle toujours synonyme d'une cuillère de bois qui est devenue bien trop familière pour les Italiens depuis qu'ils ont été invités à participer au tournoi des VI nations.Du côté Gallois, on espérait sans doute fêter autrement la 150e sélection historique (record mondial) d'Alun Wyn Jones, qui avait laissé le capitanat à son ouvreur Dan Biggar. Le deuxième ligne n'a pas vécu une soirée très sereine. Lorsqu'il a été remplacé à l'heure de jeu, son équipe était menée au score et c'est du bord du terrain qu'il a assisté à l'humiliante défaite du XV du Poireau. C'est finalement plus ce que l'histoire retiendra que son record de sélections. Malheureusement pour lui.