France - Irlande 30-24

Une victoire de justesse, mais une victoire qui permet aux Français d'endosser le costume de grand favori pour le gain de ce tournoi des Six Nations 2022. Les Bleus sont passés par toutes les émotions au stade de France dans un duel qui était annoncé comme une finale avant la lettre. Les locaux commençaient la rencontre sur les chapeaux de roues puisqu'Antoine Dupont douchait d'entrée les Irlandais avec un essai dès la 67e seconde, bien aidé par son compagnon de la charnière centrale Romain Ntamack.

Mais le XV au trèfle avait du répondant et n'attendait que 6 minutes pour répondre à cet essai inaugural par l'intermédiaire de son ailier Mack Hansen qui va rallumer la lumière de son équipe (ça tombe bien, le garçon, Australien par son père, mais Irlandais par sa mère, a été apprenti électricien en alternance avec le rugby au début de sa carrière) en s'emparant d'un ballon devant quatre joueurs français plutôt passifs. Ce sursaut d'orgueil n'enlevait rien à la domination territoriale des pensionnaires du stade de France qui profitaient aussi de l'indiscipline irlandaise pour alourdir le score avec cinq pénalités converties par un Melvyn Jaminet redoutable de précision. La France rentrait au vestiaire sur le score de 22-7 après un premier acte où elle s'était montrée plus inspirée et volontaire que son invité, un peu secoué, mais qui allait profiter de la pause pour se remettre les idées à l'endroit.

Le XV au Trèfle remontait sur la pelouse avec plus de hargne et d'initiatives. Le troisième ligne Josh Van der Flier plantait un essai à la 46e, tout en puissance, derrière un groupé pénétrant avant que Jamison Gibson-Park, le demi de mêlée ne s'échappe au ras d'un ruck quatre minutes plus tard pour inscrire un troisième essai irlandais qui permettait aux visités de revenir dans les échappements de leurs hôtes (22-21).

Ce 14-0 aurait pu lancer définitivement la vague verte sur Paris, mais Cyril Baille profitait d'une charge de Uini Atonio pour redonner de l'air à ses couleurs avec un essai qui ne sera ensuite pas transformé. Les Bleus s'offraient une fin de match tendue à la 72e avec une pénalité convertie par Joey Carbery.

Le XV du trèfle, contrairement aux Anglais la semaine passée en Ecosse, manquait d'ambition dans les dernières minutes quand son capitaine James Ryan (en l'absence de Jonathan Sexton forfait pour ce duel) demandait à ses troupes d'aller chercher la pénalité plutôt que l'essai. Un choix tactique qui s'expliquait par l'extrême précision de Carbery entre les poteaux. La défense française ne se faisait pas surprendre et Jaminet pensait même planter l'essai décisif à trois minutes du terme, mais il sera finalement refusé.

L'arrière de Perpignan aura sa revanche deux minutes plus tard avec une pénalité qu'il convertira afin de permettre à la France de remporter ce deuxième duel et de permettre à ses compatriotes de bien se placer en vue de la victoire finale dans le tournoi.

De ce match, la troisième ligne française aura marqué les esprits avec des statistiques assez exceptionnelles. Malgré l'absence de leur capitaine Charles Ollivon, Jelonch, Cros et Aldritt ont répondu présents et une grande partie du mérite de la victoire leur revient. Le trio bleu a parcouru 115 mètres ballon en main alors que leurs adversaires ont du se contenter de 57. Les hommes d'Andy Farell excellent normalement dans ce domaine, c'est la raison pour laquelle les flankers français méritent toutes les félicitations. Côté défense, le trio vert a réussi trois plaquages de plus que le Français (41 contre 38), mais le chiffre souligne aussi les beaux efforts des tricolores. Le secteur pourrait bien devenir l'atout maître de Fabien Galthié dans sa conquête du tournoi.

Gregory Aldritt (avec le numéro 8) a livré une grosse prestation avec 9 plaquages et une réussite de 81% dans ses tentatives., iStock
Gregory Aldritt (avec le numéro 8) a livré une grosse prestation avec 9 plaquages et une réussite de 81% dans ses tentatives. © iStock

Le joueur du match: Grégory Aldritt

C'est forcément un troisième ligne qu'on a mis à l'honneur après ce duel. Avec neuf plaquages et un taux de réussite de 81%, Gregory Aldritt a livré une prestation trois étoiles avec 57 mètres parcourus avec le ballon porté. Entraîné à La Rochelle par une ancienne légende du rugby irlandais, Ronan O'Gara , Aldritt est resté modeste malgré les louanges. "Tout le monde a été énorme et ça s'est vu à la fin.", s'est-il contenté de dire en mettant en avant le collectif. Même si l'on a l'impression que le flanker devient petit à petit l'une des pions les plus importants de l'échéquier de Fabien Galthié.

Italie - Angleterre 0-33

Si les moins de 20 ans italiens se sont offerts le scalp des Anglais, il n'en aura pas été de même pour leurs aînés qui ont encaissé leur... 34e revers consécutif. Le XV de la Rose a bien réagi après la douche froide écossaise subie en entrée de tournoi. Mais on ne s'emballera pas spécialement sur le contenu d'un duel disputé sur un faux rythme. Les Italiens se sont octroyés cinq temps forts sans parvenir à marquer l'essai. En face, les ouailles d'Eddie Jones n'ont pas forcé leur talent pour ouvrir leur compteur dans le tournoi tout en décrochant le bonus offensif.

Après un essai inaugural signé Marcus Smith, l'Angleterre a assuré l'essentiel en essayant d'être le plus propre possible dans son jeu. Elliot Daly a planté l'essai du bonus en début de seconde mi-temps (45e) après une belle attaque amorcée par Smith. Les Italiens ont ensuite dominé stérilement avant d'être puni en contre à sept minutes du terme par le pilier Kyle Sinckler. Les Anglais auraient pu s'offrir un dernier essai en toute fin de match, mais heureusement pour les locaux, déjà bien punis au tablea d'affichage, Henry Slade manquait de précision.

Marcus Smith, à droite, continue de séduire les amateurs anglais de rugby., iStock
Marcus Smith, à droite, continue de séduire les amateurs anglais de rugby. © iStock

Le joueur du match: Marcus Smith

Comme la semaine dernière, Marcus Smith a encore marqué les esprits sous la tunique du XV de la rose. Elégant, inspiré, le jeune homme semble évoluer comme s'il détenait les clés du camion anglais depuis toujours. Il s'est offert un essai à la 10e avant d'adresser un bijou de passe rapide et surtout décisive à Daly à la 45e. Défensivement, sans être non plus au niveau de Sir Jonny Wilkinson (même s'il a battu six défenseurs, mais ça reste moins que la légende du XV de la Rose), il a aussi effectué un bon retour sur Mori. Le jeune homme, malgré l'aisance qu'il dégage et ses 87 mètres parcourus, n'est cependant pas encore parfait et doit encore garder plus de constance sur la longueur du match. Il a un peu raté sa mise en jeu en début de seconde mi-temps et a loupé une transformation d'essai. Un diamant brut certes, mais à polir.

pays de Galles - Ecosse 20-17

Portés par leur public, les Diables rouges ont réussi à venir à bout d'Ecossais qui n'ont pu confirmer leur belle entrée en matière dans le tournoi contre l'Angleterre. Et pourtant, ils menaient sur la pelouse de Cardiff peu avant l'heure de jeu.

Les joueurs locaux avaient bien entamé les hostilités grâce à leur capitaine Dan Biggar qui convertissait deux pénalités dans les dix premières minutes. Il en fallait cependant plus pour destabiliser des Ecossais sûrs de leur jeu et offensifs à souhait qui répondaient dès la 12e avec un essai de Darcy Graham. La suite du match allait devenir plus confuse avec deux équipes assez indisciplinées et en particulier la galloise. Le pied de Finn Russell ne tremblait pas à trois reprises et le XV du Chardon virait en tête (9-14). Mais après leur déculottée en Irlande, les joueurs locaux devaient réagir. Leur fervent public les portait et ils trouvèrent en force le chemin de l'en-but grâce à Tomas Francis un peu après la demi-heure. Les deux pays rentraient aux vestiaires sur un score de parité (14-14).

null, Getty Images/iStock
null © Getty Images/iStock

Peu après la pause, Stuart Hogg changeait sa première ligne avec pour effet immédiat le gain d'une pénalité que Russell, toujours aussi adroit, convertissait. Au bord du gouffre, les Gallois étaient portés par leur capitaine émérite Dan Biggar qui ramenait les équipes à égalité à la 58e avant de passer un drop entre les poteaux à dix minutes de la fin. Les Ecossais tentaient, en vain, un dernier baroud d'honneur. Une nouvelle fois, ils avaient flanché dans le money time en raison de leur manque de constance et de puissance athlétique. Ils repartent cependant de leur périple à Cardiff avec un bonus défensif. Les Gallois, eux, peuvent partiellement oublier l'affront vécu en Irlande avant leur prochain déplacement à Twickenham chez le voisin anglais.

L'homme du match: Dan Biggar

L'ouvreur de 33 ans avait bien quelque chose de christique lors de ce match. Il a porté son équipe à bout de bras et lui a permis de trouver la solution lorsque ses offensives manquaient de tranchant et d'idées. Précis lors de ses pénalités, Biggar a haché les rêves écossais en sortant sa botte secrète à dix minutes du terme. En supériorité après la carte jaune de son équivalent écossais Finn Russel, le numéro 10 gallois a réussi un drop après l'échec de deux pénaltouches où ses partenaires ont manqué d'efficacité devant l'en-but adverse. Sir Jonny Wilkinson aura apprécié.

Une victoire de justesse, mais une victoire qui permet aux Français d'endosser le costume de grand favori pour le gain de ce tournoi des Six Nations 2022. Les Bleus sont passés par toutes les émotions au stade de France dans un duel qui était annoncé comme une finale avant la lettre. Les locaux commençaient la rencontre sur les chapeaux de roues puisqu'Antoine Dupont douchait d'entrée les Irlandais avec un essai dès la 67e seconde, bien aidé par son compagnon de la charnière centrale Romain Ntamack. Mais le XV au trèfle avait du répondant et n'attendait que 6 minutes pour répondre à cet essai inaugural par l'intermédiaire de son ailier Mack Hansen qui va rallumer la lumière de son équipe (ça tombe bien, le garçon, Australien par son père, mais Irlandais par sa mère, a été apprenti électricien en alternance avec le rugby au début de sa carrière) en s'emparant d'un ballon devant quatre joueurs français plutôt passifs. Ce sursaut d'orgueil n'enlevait rien à la domination territoriale des pensionnaires du stade de France qui profitaient aussi de l'indiscipline irlandaise pour alourdir le score avec cinq pénalités converties par un Melvyn Jaminet redoutable de précision. La France rentrait au vestiaire sur le score de 22-7 après un premier acte où elle s'était montrée plus inspirée et volontaire que son invité, un peu secoué, mais qui allait profiter de la pause pour se remettre les idées à l'endroit.Le XV au Trèfle remontait sur la pelouse avec plus de hargne et d'initiatives. Le troisième ligne Josh Van der Flier plantait un essai à la 46e, tout en puissance, derrière un groupé pénétrant avant que Jamison Gibson-Park, le demi de mêlée ne s'échappe au ras d'un ruck quatre minutes plus tard pour inscrire un troisième essai irlandais qui permettait aux visités de revenir dans les échappements de leurs hôtes (22-21). Ce 14-0 aurait pu lancer définitivement la vague verte sur Paris, mais Cyril Baille profitait d'une charge de Uini Atonio pour redonner de l'air à ses couleurs avec un essai qui ne sera ensuite pas transformé. Les Bleus s'offraient une fin de match tendue à la 72e avec une pénalité convertie par Joey Carbery. Le XV du trèfle, contrairement aux Anglais la semaine passée en Ecosse, manquait d'ambition dans les dernières minutes quand son capitaine James Ryan (en l'absence de Jonathan Sexton forfait pour ce duel) demandait à ses troupes d'aller chercher la pénalité plutôt que l'essai. Un choix tactique qui s'expliquait par l'extrême précision de Carbery entre les poteaux. La défense française ne se faisait pas surprendre et Jaminet pensait même planter l'essai décisif à trois minutes du terme, mais il sera finalement refusé. L'arrière de Perpignan aura sa revanche deux minutes plus tard avec une pénalité qu'il convertira afin de permettre à la France de remporter ce deuxième duel et de permettre à ses compatriotes de bien se placer en vue de la victoire finale dans le tournoi. De ce match, la troisième ligne française aura marqué les esprits avec des statistiques assez exceptionnelles. Malgré l'absence de leur capitaine Charles Ollivon, Jelonch, Cros et Aldritt ont répondu présents et une grande partie du mérite de la victoire leur revient. Le trio bleu a parcouru 115 mètres ballon en main alors que leurs adversaires ont du se contenter de 57. Les hommes d'Andy Farell excellent normalement dans ce domaine, c'est la raison pour laquelle les flankers français méritent toutes les félicitations. Côté défense, le trio vert a réussi trois plaquages de plus que le Français (41 contre 38), mais le chiffre souligne aussi les beaux efforts des tricolores. Le secteur pourrait bien devenir l'atout maître de Fabien Galthié dans sa conquête du tournoi. Si les moins de 20 ans italiens se sont offerts le scalp des Anglais, il n'en aura pas été de même pour leurs aînés qui ont encaissé leur... 34e revers consécutif. Le XV de la Rose a bien réagi après la douche froide écossaise subie en entrée de tournoi. Mais on ne s'emballera pas spécialement sur le contenu d'un duel disputé sur un faux rythme. Les Italiens se sont octroyés cinq temps forts sans parvenir à marquer l'essai. En face, les ouailles d'Eddie Jones n'ont pas forcé leur talent pour ouvrir leur compteur dans le tournoi tout en décrochant le bonus offensif. Après un essai inaugural signé Marcus Smith, l'Angleterre a assuré l'essentiel en essayant d'être le plus propre possible dans son jeu. Elliot Daly a planté l'essai du bonus en début de seconde mi-temps (45e) après une belle attaque amorcée par Smith. Les Italiens ont ensuite dominé stérilement avant d'être puni en contre à sept minutes du terme par le pilier Kyle Sinckler. Les Anglais auraient pu s'offrir un dernier essai en toute fin de match, mais heureusement pour les locaux, déjà bien punis au tablea d'affichage, Henry Slade manquait de précision.pays de Galles - Ecosse 20-17Portés par leur public, les Diables rouges ont réussi à venir à bout d'Ecossais qui n'ont pu confirmer leur belle entrée en matière dans le tournoi contre l'Angleterre. Et pourtant, ils menaient sur la pelouse de Cardiff peu avant l'heure de jeu. Les joueurs locaux avaient bien entamé les hostilités grâce à leur capitaine Dan Biggar qui convertissait deux pénalités dans les dix premières minutes. Il en fallait cependant plus pour destabiliser des Ecossais sûrs de leur jeu et offensifs à souhait qui répondaient dès la 12e avec un essai de Darcy Graham. La suite du match allait devenir plus confuse avec deux équipes assez indisciplinées et en particulier la galloise. Le pied de Finn Russell ne tremblait pas à trois reprises et le XV du Chardon virait en tête (9-14). Mais après leur déculottée en Irlande, les joueurs locaux devaient réagir. Leur fervent public les portait et ils trouvèrent en force le chemin de l'en-but grâce à Tomas Francis un peu après la demi-heure. Les deux pays rentraient aux vestiaires sur un score de parité (14-14).Peu après la pause, Stuart Hogg changeait sa première ligne avec pour effet immédiat le gain d'une pénalité que Russell, toujours aussi adroit, convertissait. Au bord du gouffre, les Gallois étaient portés par leur capitaine émérite Dan Biggar qui ramenait les équipes à égalité à la 58e avant de passer un drop entre les poteaux à dix minutes de la fin. Les Ecossais tentaient, en vain, un dernier baroud d'honneur. Une nouvelle fois, ils avaient flanché dans le money time en raison de leur manque de constance et de puissance athlétique. Ils repartent cependant de leur périple à Cardiff avec un bonus défensif. Les Gallois, eux, peuvent partiellement oublier l'affront vécu en Irlande avant leur prochain déplacement à Twickenham chez le voisin anglais.